Ligue des champions I PSG - Bayern Munich (demi-finale aller) : Le progrès, c’est maintenant
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 28/04/2026 à 19:01 GMT+2
C’est la finale avant la lettre. Le PSG défie le Bayern Munich, probablement ce qui se fait de mieux en Europe actuellement, en demi-finale aller de la Ligue des champions ce mardi, au Parc des Princes (21h00). L’équipe de Luis Enrique a su monter en puissance et prouver qu’elle avait les arguments pour conserver son titre. Mais contre la machine bavaroise, il faudra pousser le curseur plus loin.
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Il est toujours debout et c’est déjà remarquable. Il faut bien le reconnaître. Entre un nouveau statut de champion d’Europe à assumer, une saison de onze mois à digérer et trois petites semaines de vacances pour récupérer, le PSG s’avançait quand même vers la saison de tous les dangers en août dernier. Mais il est bien là à l'approche du mois de mai. Et certainement plus vaillant qu’il ne l’a jamais été depuis la reprise. Il faudra bien ça. C’est l’ascension la plus exigeante qui l’attend désormais.
La montagne a un nom. Il fait frémir tous ceux qui doivent l’affronter depuis toujours, et certainement pas moins cette année. Le Bayern Munich est une machine à marquer avec 167 buts toutes compétitions confondues cette saison dont 38 sur la scène européenne, comme le PSG. Une machine à gagner, aussi, avec 26 victoires sur 31 matches en Bundesliga et 11 en 12 rencontres de Ligue des champions. Le club bavarois écrase à peu près tout ce qui se présente sur son passage.
Paris est bien placé pour la savoir. Cette finale avant l’heure, elle avait déjà eu lieu au début du mois de novembre, au Parc des Princes. Où le Bayern avait imposé sa loi (1-2) affichant déjà toute sa maîtrise quand le PSG payait ses lacunes physiques du moment, à l’image de la blessure d’Ousmane Dembélé. Même à dix après l’expulsion de Luis Diaz, même repliée sur une seconde période disputée en infériorité numérique, il avait dégagé une supériorité que le champion d’Europe n’était pas en mesure de contester.
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C’était la vérité de l’automne. Elle est rarement la même au printemps. Arsenal en avait fait la cruelle expérience la saison dernière. Les Gunners avaient pourtant dominé le PSG lors de la phase de ligue (2-0). Mais à l’heure des retrouvailles en demi-finales, ils n’avaient pu que constater l’irrésistible progression de l’équipe de Luis Enrique en quelques mois. La formation de Mikel Arteta n’était pas aussi terrifiante à l’époque que celle de Vincent Kompany aujourd’hui. Mais pour Paris, c’est le même exemple à suivre.
Une montée en puissance à relativiser
L’équipe de Luis Enrique suit une trajectoire assez comparable à celle de la saison passée. Elle n’a pas été au bord du gouffre comme face à Manchester City, avec un break de retard avant de forcer son destin en renversant la formation de Josep Guardiola (4-2). Mais elle n’en menait pas large à 2-2 face à Chelsea en 8e de finale aller. Ses 20 dernières minutes de folie pour une victoire éclatante (5-2) ressemblent au tournant de l’an dernier. Depuis, Paris dégage à nouveau cette force qui lui faisait défaut sur la première moitié de l’exercice, en particulier contre le Bayern Munich.
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Mais la perception de cette montée en puissance doit être relativisée. Chelsea ne ressemblait en rien à l’équipe qui avait terrassé le PSG en finale du dernier Mondial des clubs (3-0). Liverpool, venu au Parc sans la moindre ambition offensive, n’a pas proposé une opposition beaucoup plus relevée en quarts de finale (2-0, 0-2). Cela n’enlève rien au mérite d’un PSG qui a confirmé sa suprématie sur les clubs anglais. Mais il a affronté deux formations qui ne figurent pas dans le Top 3 de la Premier League. Et cela s’est vu sur le terrain.
Il est encore trop tôt pour juger les progrès du PSG. Luis Enrique a loué une résilience déjà perceptible la saison passée, et confirmée notamment face à Tottenham (2-2, 4-3 t.a.b.) en Supercoupe d’Europe ou Marseille au Trophée des champions (2-2, 4-1 t.a.b .). Il avançait aussi, en début de saison, la nécessité de "continuer à être imprévisibles". "Pour ça, on doit changer des choses, c'est notre ADN de chercher à innover." Il y a eu des avancées. Mais Paris n’a pas encore été véritablement testé.
C’est ce qui fait du Bayern l’étalon parfait. L’opposition la plus relevée, celle face à laquelle le PSG doit pousser le curseur un plus loin dans tous les aspects de son jeu, qu’ils soient physiques, techniques ou mentaux. Ce n’est pas l’adversaire qu’il doit craindre, mais bien celui dont il a besoin. Car Paris est arrivé là grâce au niveau d’exigence qu’il s’est fixé. Le Bayern arrive maintenant et ne lui donne pas d’autre choix que de l’élever encore plus haut. Ce serait ça, le vrai progrès.
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