Ligue des champions - Pour le Real Madrid, la tête haute, l'excuse de l'arbitrage… et la violente réalité
Par Arthur Merle
Publié 16/04/2026 à 01:35 GMT+2
Eliminé par le Bayern Munich mercredi soir en quart de finale retour de Ligue des champions, le Real Madrid s'est réfugié derrière l'arbitrage après une prestation dont Alvaro Arbeloa et les siens sont sortis la tête haute. Pas de quoi, toutefois, maquiller une violente réalité : les Merengue s'orientent vers une saison blanche qui ne doit rien à un carton rouge.
"Si le Real est éliminé, c'est tout sauf la faute de l'arbitrage"
Video credit: Eurosport
En juin 2025, Kylian Mbappé recadrait un journaliste qui osait lui parler de sa première saison blanche avec le Real Madrid. "Tu es sûr ? Qu’est-ce qu’une saison blanche ? Tu regardes les matches ? On a gagné deux titres, c’est l’importance des mots", répondait-il en référence à la Supercoupe de l'UEFA puis à la Coupe intercontinentale de la FIFA. Mais cette fois c'est sûr, ou presque, le Real s'oriente vers une saison complètement vierge.
Les Merengue comptent neuf points de retard sur le Barça à seulement sept journées de la fin. Ils ont perdu la finale de la Supercoupe d'Espagne le 11 janvier, pris la porte en huitièmes de finale de Coupe du Roi trois jours plus tard. Mercredi, les Madrilènes ont été éjectés par le Bayern Munich (4-3, 6-4 au total) de la dernière compétition qui les maintenaient en vie, celle qu'ils ont remportée 15 fois, celles dont ils sont les rois : la Ligue des champions.
Ils l'ont fait, il faut le souligner, avec un certain panache qui a trop souvent manqué cette saison. Il fallait du cran pour débarquer à l'Allianz Arena avec un quatuor Federico Valverde, Jude Bellingham, Arda Güler et Brahim Diaz au milieu de terrain. Alvaro Arbeloa l'a eu et son Real a mené trois fois. De la 35e seconde de jeu et cette énorme erreur de Manuel Neuer à la 89e minute et le troisième but bavarois signé Luis Diaz, les deux équipes étaient virtuellement à égalité. Le Real avait comblé son retard, face à une équipe battue seulement deux fois cette saison.
"J'ai aligné, je pense, la meilleure équipe pour gagner, analysait Arbeloa en conférence de presse. Nous devions venir ici pour ça, pas pour jouer la sécurité. Pour marquer des buts. Il nous fallait des joueurs capables de percer le pressing agressif du Bayern. Je le referais sans hésiter. Je suis très fier de mes joueurs, de mon équipe fantastique". Un blason dignement défendu et… un arbitrage après lequel les Madrilènes ont beaucoup (trop) pesté après l'exclusion d'Eduardo Camavinga : voilà pour la stratégie de défense.
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"Bayern-PSG, ce sera une finale avant l'heure"
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Je ne sais pas si l'on peut tirer quelque chose de positif de tout ça
Mais ces quelques éléments de langage et autres stratégies de communication ne peuvent occulter ce que raconte vraiment la saison du Real Madrid, qui devrait donc être la deuxième de suite sans titre majeur, et la première sans titre tout court depuis 2020-2021. L'An II de Kylian Mbappé – au sujet duquel les débats reviendront inévitablement malgré ses statistiques encore irréprochables – avait démarré dans l'excitation. Xabi Alonso de retour chez lui comme coach à la mode, aux idées de jeu reconnues, à la tête d'un effectif XXL : qu'on avait hâte…
Mais l'expérience a duré huit mois. Le temps pour le vestiaire madrilène bourré d'égos d'obtenir la tête d'un coach qui savait très bien que Madrid n'est pas Leverkusen, mais qui n'y était peut-être pas suffisamment préparé. Ou compatible.
Alvaro Arbeloa lui a succédé et a plus perdu en 21 matches (7 fois) que l'ancien milieu de terrain en 34 rencontres (6), ce qui règle assez vite la question de son apport. Le Real n'a plus gagné depuis quatre matches toutes compétitions confondues, sa pire série depuis huit ans. Il n'est pas dans le dernier carré de la Ligue des champions pour la deuxième saison consécutive, soit autant que les 14 éditions précédentes. Le problème ne date ni de l'exclusion de Camavinga, ni de l'arrivée de Xabi Alonso. Le problème est plus profond et surtout protéiforme.
Le mercato estival à 167 millions d'euros pour un échec quasi total (Dean Huijsen, Alvaro Carreras, Franco Mastantuono et Trent Alexander-Arnold) en est une illustration. La querelle entre Vinicius et Bellingham captée par la Movistar – "qu'est-ce que tu veux ? tais-toi", a lancé le Brésilien à l'Anglais – en est une autre. "Je ne sais pas si l'on peut tirer quelque chose de positif de tout ça pour l'instant, a ainsi admis Arbeloa. Il nous reste encore quelques matches à jouer et nous devons défendre ce blason avec acharnement". Avant de se poser les bonnes questions, à tous les niveaux d'un club qui n'est plus là où il devrait être.
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Bayern Munich
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Score en cumulé (6-4)
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