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Ligue des champions - PSG-Arsenal : Profil atypique, science du placement, lecture du jeu : David Raya, un gardien moderne proche de la perfection
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Mis à jour 25/05/2026 à 18:47 GMT+2
Sacré champion d'Angleterre avec Arsenal, mardi dernier, désormais tourné vers la finale de la Ligue des champions samedi à Budapest contre le PSG, David Raya impressionne. Dernier rempart d’une défense ultrasolide, le portier a été un grand artisan du titre de champion. Proactif, plus "petit" que les stéréotypes habituels, l’Espagnol affiche depuis plusieurs saisons des performances de haut vol.
"Il n’y a que Ferguson qui soutient la comparaison avec Guardiola"
Video credit: Eurosport
Par Jérémy Docteur
Dans sa quête d’un premier sacre en Premier League depuis 22 ans, Arsenal a pu compter sur son gardien, d’une régularité sans faille. À tel point que le nom de David Raya est revenu régulièrement pour le titre du meilleur joueur de la saison, non pas juste des Gunners, mais du championnat. Il était d’ailleurs parmi les nominés, aux côtés de ses coéquipiers Declan Rice et Gabriel. Pour la troisième saison de rang, le natif de Barcelone a remporté le "Golden Glove", récompensant le gardien avec le plus de clean sheets : 19 matches sur 37 sans concéder de buts. Mais aussi 9 sur 13 qu’il a disputés en Ligue des champions cette année et 48 sur 107 rencontres (44%) depuis son arrivée en 2023.
À écouter son coéquipier Kai Havertz après la qualification face au Sporting en quart de finale, aucun doute : "Je pense qu’il est toujours sous-estimé. Sur les deux dernières saisons, c’est le meilleur gardien du monde. Il nous a sauvés tellement de fois." Ces chiffres sont bien sûr à mettre au crédit du collectif d’Arsenal, de nouveau meilleure défense (26 buts concédés), mais le portier de 31 ans en est une pièce essentielle. Par ses parades, comme celle qui a fait le buzz contre West Ham (1-0) devant Mateus Fernandes, mais pas que. Pour Christophe Lollichon, coach des gardiens à Dunkerque et de Chelsea entre 2007 et 2022, "techniquement, il a tout. Il sait effacer, enlever la jambe très vite pour aller chercher un ballon proche de ses appuis, ou dévier automatiquement vers une zone sécurisée."
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David Raya stoppe le tir de Mateus Fernandes contre West Ham en mai 2026, un arrêt capital dans la course au titre.
Crédit: Getty Images
Proactif et influent
Pour autant, se restreindre à "l’aspect spectaculaire" constituerait une erreur : "Je trouve que ce serait limité de le désigner joueur de la saison pour les arrêts et le côté décisif. Des gardiens qui font des parades, il y en a beaucoup. Sa force, c’est son efficacité pour le rendement défensif et offensif. Il possède une des meilleures lectures du jeu qu’on puisse trouver à ce poste. Il est capable d’influencer l’adversaire sans lui donner la moindre indication."
Sur le site d’Arsenal, David Raya saluait le rôle d’Iñaki Caña, l’entraîneur des gardiens d’Arsenal, qu’il avait déjà connu à Brentford (2019-2023), dans son évolution : "Aujourd’hui, je vois la différence entre être dans la réaction, ce que j’étais davantage avant, attendre le tir pour faire l’arrêt, et être proactif, empêcher l’action dangereuse avant même qu’elle n’aboutisse, en jouant plus haut ou en sortant sur les centres au lieu de rester collé à la ligne et espérer sortir un arrêt miracle." L’ex-entraîneur de Petr Cech ou Thibaut Courtois abonde : "Il est monstrueux dans tout ce qu'il simplifie en amont. Son placement lui permet de s’emparer du ballon sans que personne le remarque, ou d’intervenir à des endroits pour éradiquer énormément de situations de danger."
Prêté au départ par Brentford, il a été signé définitivement en 2024 contre environ 30 millions d’euros. En Angleterre, non sans humour, on compare ses mains à des "pelles", tant elles sont imposantes. En revanche, gardien moderne par excellence, il s’est imposé avec un profil atypique, loin des stéréotypes de taille accolés au poste : il ne fait "que" 1,83m. "Son sens du timing, du placement et de la lecture de la trajectoire font que c’est un de ceux qui prennent le plus de ballons aériens. Il ne se laisse pas bousculer. Il est orienté pour le jeu, ce qui lui permet d’ajuster sa position, d’agrandir son champ d’intervention et mieux communiquer avec ses défenseurs."
La conquête de l’Angleterre
Le parcours du natif de Barcelone est lui aussi inhabituel. À 16 ans, il a quitté l’Espagne pour Blackburn. "Si je n’étais pas parti si jeune, je travaillerais dans la joaillerie familiale plutôt que de jouer au foot. La maturité que j’ai acquise, ce que j’ai appris sur le plan professionnel et personnel, vient énormément de ces quatorze années à l’étranger", expliquait-il à Movistar en avril. Sa première expérience pro, c’est lui qui la sollicite pour engranger de l’expérience : à Southport, en National League (D5, septembre 2014-janvier 2015). Plus qu’un prêt, une expérience fondatrice, jure-t-il : "Les joueurs se battaient sur le terrain parce que c’était vital financièrement. Quand on jouait à l’extérieur le mardi, on rentrait vers quatre heures du matin, certains se levaient à six-sept heures pour aller bosser. Ça a été une vraie leçon."
Avec Blackburn, il fait ses débuts chez les grands en avril 2015, à 19 ans. Mais ce n’est véritablement qu’à l’arrivée de Tony Mowbray, en février 2017, et après le départ du titulaire, Jason Steele, aujourd’hui à Brighton, qu’il saisit sa chance. "Mon entraîneur des gardiens me disait toujours que ce n’était pas le ‘modèle britannique classique’. Je me rappelle avoir martelé à mon adjoint : ‘On tient un vrai portier’. Il nous a sauté aux yeux immédiatement. Il avait juste besoin d’une opportunité."
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David Raya et Tony Mowbray (à droite) en 2018 à Blackburn.
Crédit: Getty Images
Son ancien coach à l’Academy, Steven Drench, expliquait auprès de Sky Sports qu’en Espagne, David Raya avait beaucoup joué au futsal. "Il avait une manière ‘européenne’ de se déplacer, très à l’aise avec ses pieds et on a beaucoup travaillé la relance." Alors pour Tony Mowbray, le profil de l’Hispanique est parfait. "Je voulais un gardien qui puisse relancer vite, jouer les transitions pendant que l’adversaire recule, qui casse des lignes. Et c’était naturel pour lui : il choisissait la bonne passe sous pression et savait tout faire des deux pieds. Il avait cette impulsion, cette envie d’accélérer le jeu. Il était courageux, c’était une menace sur chaque centre, il les captait au-dessus de grands attaquants, je ne me sentais jamais vulnérable. Toute notre identité partait de lui."
Une totale maîtrise de son poste
Avec les Rovers, David Raya a connu la relégation en League One (D3) en 2018 et la remontée en Championship (D2) dès l’année suivante. Avant de prendre la direction de Brentford, dans un club qui grandit en même temps que lui. Après deux saisons en D2, les Bees découvrent pour la première fois la Premier League en 2021 et lui se fait un nom. Après un match contre Liverpool en décembre, Jurgen Klopp s’enthousiasmait pour "ce gardien qui pourrait porter le numéro 10". Christophe Lollichon reprend : "J’ai commencé à le suivre de façon poussée. S’il n’avait pas encore tous ces éléments qui lui permettent aujourd’hui de briller dans autant de domaines, on sentait déjà un gardien en recherche permanente pour progresser."
Ironie de l’histoire, Arsenal avait déjà tenté de l’enrôler en 2020, quelques mois après que son mentor, Iñaki Caña, a été débauché pour renforcer le staff de Mikel Arteta. Finalement, les Gunners ont choisi Aaron Ramsdale, le chouchou des fans que David Raya va bientôt déloger. Christophe Lollichon l’assure : "Je me doutais qu’il prendrait sa place assez vite. Arteta a été brillant dans son choix. Les supporters retenaient les arrêts de Ramsdale. Ils voyaient moins qu’au pied et dans la compréhension du jeu, ce n’était pas top, ni qu’il restait très proche de sa ligne, laissait des espaces ouverts et anticipait peu."
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David Raya et Aaron Ramsdale ensemble à Arsenal en 2024.
Crédit: Getty Images
Un gardien qui est presque un joueur de champ supplémentaire pour le coach basque. "Il a raté des relances, mais son taux d’échec est extrêmement faible. Les grands gardiens switchent immédiatement : après une erreur qui a failli coûter un but, ils se remobilisent. Raya n’est pas déstabilisé parce qu’il est en confiance et maîtrise totalement son poste." Avec cette capacité à alterner dans sa distribution. "C’est ça, un gardien complet. Le jeu au pied ne se limite pas aux passes courtes ou aux phases de possession. Tout dépend de l’animation : si Arsenal génère des situations de relances rapides, il n’y aucune raison de se priver de jouer plus long."
Même sous les trombes d’eau, il bossait en plus
Longtemps, les Gunners ont contrôlé la possession dans le camp adverse. David Raya ne touchait que peu le cuir : "J’ai travaillé sur cette nécessité de rester concentré et j’ai appris de moments où j’ai pu débrancher. J’ai développé quelques astuces pour garder mon esprit focalisé sur le ballon." Ces derniers temps, les Gunners ont été moins "dominateurs", poursuit Christophe Lollichon : "Quand on l’observe, il est en alerte constante. Il s’est adapté à l’équipe, qui se retrouve plus souvent dans des situations défensives ou dans sa moitié de terrain. Sa vigilance est renforcée. Il personnifie l’intelligence nécessaire à ce poste."
Après une victoire « tournant » contre Luton (4-3) en décembre 2023, "le pire match de [sa] carrière", il a apporté quelques modifications dans sa vie, en lien avec sa forme physique et la nutrition. "C’est un vrai pro, il fait attention à lui. Il sait qu’il ne peut pas dévier dans son professionnalisme", salue Christophe Lollichon.
Du temps de Blackburn déjà, Tony Mowbray notait ce sérieux. "Il était toujours en train de faire du rab. Il ne se disait jamais : ‘J’ai fait un arrêt incroyable, tout le monde dit que je suis fantastique, je n’ai pas besoin de bosser plus ce week-end s’il n’y a pas de match en semaine’. Même un matin sous les trombes d’eau, il restait une demi-heure de plus à bosser sur un détail à peaufiner. La marque des grands, c’est que même au sommet, ils savent qu’ils restent des marges infirmes."
Champion d’Angleterre quatorze ans après
Désormais, le défi est de se maintenir à ce niveau. Christophe Lollichon, spécialiste en la matière, lui lance presque un défi : "S’il n’a pas dix années de haut niveau derrière lui, il en a encore quelques-unes de très belles à jouer. Peut-il durer autant que les plus grands ? C’est un poste très usant, on a affaire à des monstres d’endurance mentale. Ils sont scrutés en permanence. Il faut un environnement sain qui permette de récupérer au niveau physique mais aussi psychologique : savoir se rafraîchir, s’échapper un peu."
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David Raya.
Crédit: Getty Images
International depuis 2022, il n’est pas le titulaire en sélection. Qu’importe, en homme réfléchi, David Raya trace sa route. Il a même déjà entrepris de passer ses diplômes de coach pour sa deuxième vie. Tony Mowbray est dithyrambique : "Il était très apprécié. Confiant sans être arrogant. Il aime discuter, il écoute. C’est vraiment un bon gars, humble, honnête, qui aime juste jouer au foot. Quand on voit où il est aujourd’hui, c’est magnifique. Il venait d’un petit club en Espagne et il a débarqué dans le nord-ouest de l’Angleterre, sous la pluie, dans le froid !"
En observant son ancien portier si performant en demi-finale de Ligue des champions, Tony Mowbray ressent une certaine émotion. "Ce qu’il fait aujourd’hui, il le faisait déjà avec nous à son niveau d’alors. Dire qu’on l’a vendu trois millions, ça parait ridicule..." "J’ai tout laissé derrière moi, mais je savais ce que je voulais devenir et accomplir", répondait David Raya sur son choix de quitter son pays il y a quatorze ans. Difficile d’imaginer que l’adolescent qu’il était envisageait alors de remporter la Premier League. Et peut-être une Coupe d’Europe…
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Paris Saint-Germain
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Arsenal
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Paris Saint-Germain gagne aux tirs au but 4-3
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