Records de précocité, entourage soucieux de le protéger, jeu virevoltant… A la découverte de Max Dowman

Eurosport sur Google

A seulement 16 ans, le « Baby Gunner » s’est fait une place en équipe première, profitant des blessures dans l’effectif d’Arsenal mais aussi de la confiance de Mikel Arteta. Depuis ses débuts à l’Academy, il a toujours été largement surclassé. Il pourrait encore davantage marquer l’histoire s’il venait à jouer en demi-finale de Ligue des champions contre l’Atletico.

"Le talent est extraordinaire, il est à part" : Dowman, décryptage du phénomène

Video credit: Eurosport

Par Jérémy Docteur
Attention, coup de vieux garanti. Lors de la Coupe du monde 2030, Max Dowman, né le 31 décembre 2009, aura… 20 ans. Progressivement, il casse tous les records : plus jeune joueur à démarrer un match pour Arsenal (octobre 2025, à 15 ans et 302 jours contre Brighton en League Cup) ; à jouer en Ligue des champions (15 ans et 308 jours, contre le Slavia Prague) ; à marquer en Premier League (16 ans et 73 jours, face à Everton le 14 mars dernier) ; à disputer un quart de finale de C1 (16 ans et 97 jours, devant Lamine Yamal)… Seul Ethan Nwaneri, entré en jeu à 15 ans et 181 jours en 2022, le surpasse en tant que plus jeune représentant du club.
Si l’explosion de Max Dowman ces derniers mois peut paraître soudaine, elle est tout sauf anodine. Voilà des années qu’il est connu à Hale End, l’Academy. Toujours surclassé, sa précocité est vertigineuse : à 13 ans, il évoluait en U18 ; en 2024-25, il y inscrit 19 buts en 23 apparitions et découvre également les U21 à 14 ans. "Sa capacité à dribbler des deux pieds ressortait vraiment. Pendant longtemps, c’était même difficile de distinguer lequel était le plus fort. C’est devenu clair en équipe première mais avant, il avait la même régularité dans la conduite de balle et une puissance de frappe similaire des deux pieds", se rappelle Art de Roché, qui suit Arsenal au quotidien pour The Athletic.

A 14 ans, il s’entraîne en équipe première

Dès la saison dernière, il a commencé à s’entraîner avec le groupe professionnel. En février 2025, il a participé au stage à Dubaï lors de la "trêve hivernale", puis à la tournée estivale aux Etats-Unis. "Il rentrait à chaque fois 20-30 minutes et faisait bonne impression. Il avait 15 ans et demi et même si c’était en amical, Newcastle est une équipe de Premier League. Il a obtenu un pénalty devant Joelinton, qui n’est pas n’importe qui physiquement. Il en a récolté trois au total sur la présaison : ce n’était pas des simulations, il était réellement fauché parce qu’il allait trop vite. "
Une période témoignant de l’énorme confiance de Mikel Arteta envers lui. La preuve, un mois plus tard, quand Arsenal était mené à Anfield, c’est lui que le Basque a lancé en fin de match au détriment de plus expérimentés Leandro Trossard et Ethan Nwaneri, une semaine après avoir (encore) obtenu un coup de pied de réparation contre Leeds.
picture

"Tout le monde se réunit derrière sa cause" : Griezmann, la dernière chance

Video credit: Eurosport

La précocité est un leitmotiv dans sa vie. Son premier club, Billericay FC, dans l’Essex, nous précise : "Max a d’abord intégré la pré-Academy d’Arsenal à 4 ans, dans le groupe U6. Quand ces jeunes ont signé un contrat avec l’Academy, lui était trop jeune. Il disputait des matches avec nous, tout en continuant de s’entraîner avec Arsenal. Puis, dès qu’il a eu l’âge, il a pu les rejoindre. " A l’époque déjà, dans une zone connue pour être un vivier de talents, la concurrence est rude. C’est un certain Johnny Knight, fin connaisseur du coin avec des connexions à Arsenal qui le repère très tôt, jusqu’à devenir un excellent ami d’une famille d’inconditionnels des Gunners.
Rice : je n'ai jamais vu un jeu de 15 ans autant à l'aise...
Pour Max, le papa Robert, la maman Caroline, et ses deux grands frères, Ethan et Imogen, rejoindre les Gunners était une évidence, tout comme l’était de parapher un pré-accord avant le futur contrat professionnel à 17 ans en décembre 2026. D’ailleurs, à cette époque, son père, qui s’épanche peu en public, s’était fendu d’un post pour rappeler qu’"Arsenal est notre club". Autour du club, dans toutes les décisions, on souligne le rôle conséquent de parents humbles, la tête sur les épaules, veillant à écarter tout ce qui pourrait parasiter la progression du fiston.
picture

Marseille et Monaco, les matches nuls de trop ? "Pour moi, ils n'iront pas en C1"

Video credit: Eurosport

Parce qu’il ne faut pas oublier que Max Dowman doit passer ses « GSCE » dans quelques mois (une espèce d’équivalent du brevet). Auprès de Sky Sports, Declan Rice, qui l’a pris sous son aile, s’est amusé des appels vidéo de l’ado, habillé pour aller à l’école, après avoir joué en Premier League. "Je n’ai jamais vu un jeune de 15 ans autant à l’aise autour de l’équipe première", glissait-il. Ceux qui le côtoient régulièrement évoquent un jeune homme poli, bien éduqué, qui écoute et comprend parfaitement ce qu’on attend de lui.

Couvé par Arsenal

Son développement a fait l’objet d’un plan méticuleux, lui permettant de gravir progressivement les échelons. Reste que la prudence est de mise. A l’instar de cette fresque murale non loin de l’Emirates Stadium, à côté de celle de Dennis Bergkamp, l’excitation est palpable chez les supporters. En coulisses, Arsenal insiste pour tempérer les attentes et protéger sa pépite d’un emballement inévitable. Dans l’entourage du joueur aussi, on prend toutes les précautions nécessaires, y compris pour éviter les sorties médiatiques "opportunistes".
C’est également le cas en public, lorsque Mikel Arteta a demandé du calme après les appels répétés à le sélectionner pour le Mondial 2026. Art de Roché reprend : "Il en a parlé devant les médias pour faire redescendre la température. Il ne faudrait pas le pousser trop haut, trop tôt, mais plutôt y aller étape par étape. L’année dernière, l’Euro U17 était un excellent test pour lui. Il s’agit d’être patient plutôt que de l’envoyer en pleine lumière à un âge où tout peut aller très vite. "

Wilshere comme mentor...

Dans ce cadre, il y a une autre figure tutélaire, c’est son ancien coach U18, désormais à Luton Town, Jack Wilshere, qui a démarré en pro à 16 ans. Il a connu la hype médiatique, les hauts et les bas, les espoirs fondés en lui très tôt, la pression… "Difficile de trouver meilleur exemple", abonde Art de Roché. Le journaliste se souvient d’une discussion profonde entre les deux en marge d’un match de Youth League.
"Ils marchaient à côté, on sentait le rôle central de Wilshere, il prenait soin de lui, parlait avec énormément de détails. Il est passé par là." L’ex-international anglais expliquait au Telegraph : "J’essayais de lui apporter du soutien, comme un mentor, et de lui faire comprendre ce que Mikel attendrait de lui à terme. Mais le reste était naturel, sa technique, sa capacité à dribbler, le sens du timing. A 13-14 ans, il avait les meilleurs chiffres chez les U18 sur les sprints et les courses à haute intensité. "

... et comme exemple à ne pas suivre

Le petit gars de l’Essex aurait même pu faire ses débuts plus tôt. "Si les règles le permettaient, Arteta l’aurait probablement utilisé l’année dernière. Mais il était inscrit comme U15 en Premier League. En conférence de presse, il avait martelé qu’il aurait un rôle important à l’avenir alors qu’il n’avait même pas fait une seule apparition en pro, appuie Art de Roché qui, avec en miroir la carrière jonchée de blessures de Jack Wilshere, insiste sur la dimension physique. Quand on regarde le nombre de matches que Bukayo Saka a joué et ce qu’il subit, tu ne veux pas que ça arrive à Max. Il ne faut pas trop en demander, surtout qu’il a été absent plusieurs mois à cause d’une blessure à la cheville. A cette période, Arteta avait souligné qu’il fallait en prendre le plus grand soin car à son âge, le corps change encore. C’est un élément que les fans doivent intégrer."
Dans une équipe assumant de privilégier le contrôle, Max Dowman a amené un petit grain de folie avec une insouciance que les fans affectionnent tant. "Un côté foot de cour de récré typique des jeunes, comme s’ils jouaient au parc avec des amis." Une fois le cuir au pied, il sait le garder proche de lui et ses changements de direction rapides le rendent difficile à marquer. En témoigne son entrée en jeu contre Everton à 0-0. L’égalisation de Viktor Gyokeres vient de son centre, et puis, il y a ce but à la 97e alors que le gardien Jordan Pickford est monté sur corner. "Il est loin d’être aussi facile qu’on pourrait croire, pointe le journaliste. Il aurait pu taper et courir après la balle. La manière dont il efface son vis-à-vis, ses touches de balle du gauche, puis du droit pour éliminer Kiernan Dewsbury-Hall, serait déjà une maîtrise technique impressionnante pour un joueur de 25 ans. C’est encore plus impressionnant à 16 ans."
Principalement dans une position centrale chez les jeunes, Max Dowman est surtout utilisé sur l’aile droite, notamment suite à la blessure de Bukayo Saka. "C’est probablement le meilleur poste pour une première saison à ce niveau, il y a moins de trafic autour de toi et quand tu reçois la balle, tu peux passer en mode attaque. Mais d’ici deux-trois ans, je ne serai pas surpris qu’il joue davantage dans l’axe." En dehors du pré, on le dit mature et assuré, et sur le terrain, la confiance de ses coéquipiers est nette, ils ne rechignent pas à lui passer la balle.
Arteta : à nous de construire ensemble une carrière incroyable
"On ne peut pas toujours prédire quel niveau un jeune va atteindre, mais vu son talent, c’était évident qu’il allait être utilisé rapidement. Très tôt, Arteta a dit qu’il voulait créer une passerelle pour lui. On ne peut pas non plus savoir comment il va réagir, mais le coach explique à chaque fois que rien ne le déstabilise. Même si tout ne fonctionne pas, il a toujours cette volonté d’essayer de faire la différence."
Après son but contre Everton, Mikel Arteta saluait "sa famille ainsi que tous ceux à Hale End qui l’ont formé d’une façon incroyable", lui qui a "une telle personnalité, un tel charisme, capable de jouer un match de cette envergure." En janvier déjà, le Basque insistait : "Il ne se laisse pas submerger, qu’importe la situation […]. La communication entre sa famille et nous a été très productive au fil des années. Désormais, à nous de construire ensemble une carrière incroyable."
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité