C'est comme si leurs destins en équipe de France étaient liés. Comme si leurs courbes s'entremêlaient pour n'en former qu'une. Anthony Martial et Kingsley Coman partagent tellement de points communs que c'est à se demander s'ils ne calquent pas leur carrière internationale l'un sur l'autre.
Ce mercredi, ils font tous deux figurent de recours séduisant pour redonner du peps à une attaque des Bleus qui en a grandement besoin, après un triste match nul face au Portugal dimanche (0-0). Ultime preuve que ces deux-là ne se lâchent pas​, leur parcours en sélection se divise en quatre séquences distinctes :

1. 2015, débuts fracassants

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Leurs débuts en sélection ne sont séparés que de deux mois mais sèment les mêmes promesses. Pour Martial, le déplacement au Danemark (1-2) et la réception de l'Allemagne (2-0) à l'automne 2015 l'érigent en successeur de Karim Benzema. Il délivre trois passes décisives lors de ses 200 premières minutes en Bleu. A 19 ans, l'avenir lui appartient. Il faudra attendre le mois de mars pour que Kingsley Coman explose sous le maillot bleu. Un match face à la Russie (4-2) qui le voit ouvrir son compteur et des espaces gigantesques grâce à sa pointe de vitesse. Les deux hommes incarnent dès le début le renouveau de l'attaque des Bleus et on les pense installés pour quelques années.

Kingsley Coman contre la Russie au Stade de France

Crédit: AFP

2. 2016, Euro et fiasco

A 20 ans, ils disputent leur première phase finale. Alors qu'ils sont déjà vendus comme la belle surprise de la compétition, 18 ans après Thierry Henry et David Trezeguet à la Coupe du monde 1998, ils déçoivent. Titularisés dès le deuxième match face à l'Albanie, ils délivrent une prestation brouillonne. Coman aura une seconde chance face à la Suisse alors que Martial ne retrouvera les terrains que lors des dix dernières minutes de la finale. L'ancien Monégasque portera longtemps le fardeau de ce premier tournoi. Coman aura monté un peu plus sans convaincre.

Anthony Martial et Didier Deschamps à l'entrainement à Clairefontaine, lundi 6 juin 2016

Crédit: AFP

3. La longue traversée du désert (2017 – 2018)

Les déceptions en sélection, la grosse concurrence en club et les blessures, surtout pour Coman, vont hacher leur carrière internationale. S'ils reviennent sporadiquement à la faveur de week-ends réussis en Bundesliga et en Premier League ou de forfaits chez les Bleus, ils ne sont plus incontournables. Surtout Anthony Martial qui a perdu beaucoup de crédit à l'Euro. Leurs promesses se sont évaporées aussi vite qu'elles étaient apparues.
En mars 2017, un an après leur explosion, ni l'un ni l'autre ne figurent dans la liste. "Ils ne sont pas écartés, ils font toujours partie du groupe. A eux de retrouver leur meilleur niveau, ce qui passera peut-être par une décision cet été", leur conseille Didier Deschamps. En 2018, ils ne compteront qu'une sélection à eux deux… Martial est longtemps boudé par le sélectionneur alors que Coman enchaîne les blessures. Les deux hommes attendront deux ans avant de revenir à Clairefontaine.

Kingsley Coman avec les Bleus, le 6 novembre 2017.

Crédit: Getty Images

4. Rédemption (2019-2020)

Après avoir perdu un temps fou, raté une Coupe du monde et s'être fait doubler par la nouvelle génération (Dembélé, Mbappé), les voilà de retour pour rattraper le temps perdu. L'automne 2019 est déterminant pour Coman. En pleine bourre, notamment face à l'Albanie, l'ouragan bavarois s'impose à nouveau comme un incontournable. Martial devra attendre le mois de septembre 2020 pour briller à nouveau. Il ne marque pas mais provoque sans cesse. Sans complexe, comme à ses débuts.

Olivier Giroud célèbre son but marqué contre l'Albanie avec Antoine Griezmann et Kingsley Coman, le 7 septembre 2019 au Stade de France.

Crédit: Getty Images

Et maintenant ?

Cinq ans presque jour pour jour après leur début, après avoir tout connu, les voilà sur la même ligne. Kingsley Coman et Anthony Martial apparaissent comme la solution pour sortir l'animation offensive des Bleus de sa léthargie. Le premier en amenant de la vitesse et de la largeur, le second en apportant son culot et sa relation technique emballante avec Kylian Mbappé.
Les systèmes testés depuis la rentrée (3-5-2 ou 4-4-2 losange) donnent peu d'opportunités au pur ailier Coman, grand perdant au jeu des expérimentations : "Il a l'habitude d'être plutôt sur un côté au Bayern, dans une animation différente. Il a cette capacité à pouvoir créer des décalages sur l'aile, même si depuis la saison dernière il est un petit peu plus axial", a noté Deschamps. Mais le jeu des Bleus a besoin de s'aérer. Coman est une formidable bouffée d'oxygène et Martial pourrait, lui, permettre à Giroud de souffler. Le duo est prêt à redécoller. Et pour de bon cette fois.

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