Italie : Les Maldini, folle dynastie
Eurosport sur GoogleC'est l'histoire d'une dynastie qui traverse les époques et les générations. Après Cesare et Paolo, Daniel Maldini a été convoqué pour la première fois en sélection italienne par Luciano Spalletti, qui pourrait lui donner ses premières minutes face à Israël (20h45) lundi soir.
Daniel Maldini, le dernier de la dynastie, a été appelé en sélection italienne
Crédit: Getty Images
Au nom du père, du fils et du petit-fils. Chez les Maldini, il faut croire que tout est une question de gènes. Difficile de l'expliquer autrement, sinon. Il y a d'abord eu Cesare, le grand-père, le "Nonno" qui avait débuté sa carrière de joueur à Trieste, sa ville natale, avant de passer douze ans à l'AC Milan, de 1954 à 1966, qui deviendra le club de sa vie et de celles de ses descendants. Au passage, c'était un peu écrit dans leur nom, d'ailleurs, puisque les cinq lettres de "Milan" s'y retrouvent. Mais poursuivons l'arbre généalogique.
Après Cesare, qui remportera notamment quatre scudetti, mais aussi et surtout la première Coupe des clubs champions du club, en 1963, Paolo, le fils, a pris la relève. Et de quelle manière, vous en conviendrez. Des débuts à seize ans (1985), 902 matches, 26 trophées, 5 Ligues des champions... Bref, une légende. Sans oublier que Cesare comme Paolo, une fois leur carrière de joueur terminée, ont tous deux occupés des rôles institutionnels au sein du club lombard, d'entraîneur adjoint du légendaire Nereo Rocco à même "talent scout" pour le premier, à directeur technique pour le deuxième, avec notamment la quête du dernier titre milanais (2021-2022). On pensait naïvement que l'histoire des Maldini s'arrêterait là. Il faut dire qu'elle était déjà sacrément belle, avec six C1 glanées à deux - en tant que joueur, Cesare étant adjoint lors de la deuxième en 1969 - sur les sept remportées par les Rossoneri. Mais Daniel, le petit dernier, a décidé de suivre la tradition de la famille. Pour la faire devenir en or. Définitivement.
Daniel, le petit dernier
Le fils de Paolo a en effet reçu, la semaine passée, sa première convocation en équipe nationale. S'il n'est pas entré en jeu face à la Belgique (2-2), jeudi dernier, l'attaquant de Monza, dernier du championnat d'Italie après six journées, deviendrait le troisième Maldini à porter les couleurs de la Nazionale si le sélectionneur Luciano Spalletti le faisait jouer contre Israël lundi (20h45). Et quand bien même il ne le ferait pas, cela ne serait que reporté. Car le petit-fils des Maldini, qui a bien évidemment fait ses gammes à Milan, a pris une nouvelle dimension ces derniers temps. Celui qui évolue à un poste beaucoup plus avancé que son père et son grand-père, entre un rôle de numéro 10 et d'attaquant, est parvenu à se faire un... prénom. Passé également par Spezia et Empoli pour gagner en temps de jeu, Maldini jr., boucles d'oreilles bien accrochées et sourcils parfaitement taillés, n'est plus un gamin.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/10/11/image-446a5082-deae-4a47-96f4-8e3ac7f2715d.jpeg)
Daniel Maldini sous le maillot de la Nazionale
Crédit: Getty Images
Du haut de ses 23 ans, il a passé un cap depuis son départ à Monza en janvier dernier. Là-bas, sous l'œil avisé d'Adriano Galliani, dirigeant historique du Milan de Silvio Berlusconi retourné dans son tout premier club, "son premier amour", comme il aime le rappeler, le fils de Paolo a notamment affuté son physique. "Il a également appris à se battre pour le maintien, pouvait-on lire dans La Gazzetta dello Sport la semaine passée. Et au niveau de la maturité, il semble également avoir passé un cap. C'est un joueur très élégant." Au point, donc, de recevoir une première convocation en sélection. Cette fois chez les grands, après être passé brièvement par toutes les catégories jeunes : 2 matches en U18, 2 en U19, 3 en U20 et 3 en U21. C'est Galliani qui lui a annoncé la grande nouvelle après un entraînement le 4 octobre dernier. Et non sans émotion, lui qui le connaît depuis son enfance.
"Cette convocation arrive au moment parfait, s'est-il félicité en conférence de presse. Je me sens bien sur le terrain. J'espère pouvoir donner un coup de main à la sélection. Comment suis-je parvenu à devenir moi-même ? En traçant mon chemin et poursuivant ma route. Le temps aide à comprendre des choses. C'est vraiment un rêve de venir ici, sur les traces de mon grand-père et de mon père." Pourtant, Daniel Maldini avait déjà reçu des appels de la sélection. Mais celle du Venezuela, le pays de sa mère. "C'est vrai, mais j'ai toujours préféré faire le bon choix pour moi. Et je pense que ça en a valu la peine. Ma famille a toujours été proche, même si nous n'avons pas beaucoup parlé de cette convocation avec l'Italie", a-t-il avoué, alors que son père était présent dans les tribunes du U-Power Stadium de Monza dimanche pour le match face à la Roma.
Voir les photos de nonno et papa, ça fait un certain effet...
C'est à son tour, maintenant, de poursuivre la dynastie familiale sous le maillot azzurro. Cesare, décédé en 2016 à 84 ans, l'a porté à quatorze reprises entre 1960 et 1963, avant de devenir adjoint puis sélectionneur de 1996 à 1998. Sans oublier son passage marquant sur le banc des Espoirs (trois titres de champions d'Europe en 1992, 1994 et 1996) où, à son arrivée sur le banc en 1986, il décida d'appeler son fils deux ans après ses débuts dans l'élite. Non sans quelques critiques à l'époque, évidemment. Mais inutile de vous préciser que tout le monde se ravisa très vite devant l'évidence. Paolo, lui, a disputé 126 matches avec sa sélection, dont 74 en tant que capitaine. Le troisième au nombre des capes derrière Gianluigi Buffon et Fabio Cannavaro.
"Voir les photos de nonno et papa à Coverciano (le centre d'entrainement italien, ndlr), ça fait un certain effet... ", a avoué non sans émotion Daniel, qui a même été félicité par le président de la FIFA Gianni Infantino : "Même classe, même valeurs morales, même objectif (...) Cesare, puis Paolo, et maintenant Daniel : la dynastie des Maldini avec la sélection italienne se poursuit. Une histoire infinie. Une histoire merveilleuse. Une histoire de football, de cœur et de famille, qui mérite simplement des applaudissements."
"C'est une famille extraordinaire, des gens d'une réelle épaisseur humaine, a reconnu Ariedo Braida, directeur sportif pendant trois décennies du Milan, à L'Equipe. Cesare a toujours incarné les vraies valeurs de la vie, la loyauté, l'honnêteté, et il les a transmises à ses enfants. Cela m'a fait très plaisir de voir Daniel convoqué en Nazionale, et il va écrire la suite pour cette famille unique dans l'histoire du football." Paolo a été fils de. Daniel est fils de. Et malgré ça, ils ont su tracer leur propre chemin, bien que promis au même destin. "Le nom qu'il porte est lourd, moi je le sais bien. C'est une belle émotion et une juste récompense", confiait Paolo Maldini avait Italie-Belgique.
"Daniel a été considéré comme un joueur qui avait des passe-droits par certains observateurs, ou du moins avec la route dégagée. Il a payé son nom de famille, ce qui n'a pas été facile pour contrer les stéréotypes. Mais il a toujours eu le courage de suivre sa route en quittant même Milan, le club de famille", racontait la Gazzetta dello Sport, indiquant que l'autre club de la ville, l'Inter, l'observerait de près. "On sait que le football a changé et que les 'bandiere' (joueur qui passe sa carrière dans un seul et même club, ndlr) n'existent plus. Mais voir un Maldini avec le maillot de l'Inter, c'est impossible. Au club, qui détient toujours les droits du joueur (Daniele est en prêt à Monza), c'est quelque chose d'inimaginable", nous confie un habitué des couloirs de Milanello.
Est-il donc promis à un retour ? "Je n'y pense pas pour l'instant, je veux juste faire de bons matches, puis on verra à la fin de l'année. Tout est possible", a-t-il répondu mardi, sans oublier que son père ne figure plus dans l'organigramme, viré en un rendez-vous et un communiqué laconique en juin 2023 par le nouveau propriétaire américain, Gerry Cardinale. Un affront que beaucoup n'ont pas digéré à Milan, même au sein du club. "On peut avoir des désaccords. Mais un Maldini se respecte, toujours", conclut notre source. C'est le sens de l'histoire. La leur.
Sur le même sujet
Plus de détails
Italie
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/geo/country/flag/large/2210.png)
4
1
Israël
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/geo/country/flag/large/2777.png)
Publicité
Publicité
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/11/13/image-5cd09111-6363-41cb-85a6-74092166487e-68-310-310.jpeg)