L'antisèche d'Israël-France : Pas de quoi s’enflammer
Par Raphaël Brosse
Mis à jour 11/10/2024 à 08:26 GMT+2
La France a décroché un net succès contre Israël, ce jeudi soir à Budapest (1-4). Privés de Kylian Mbappé et désormais orphelins d'Antoine Griezmann, les Bleus ont donc aisément fait fi de leur manque d'expérience internationale. Il ne faut cependant pas se leurrer, et encore moins s'enflammer : l'ampleur de l'écart au tableau d'affichage doit surtout à la faiblesse de leur adversaire.
"Pas de dépression, mais pas encore de fête"
Video credit: Eurosport
Le jeu : De la maîtrise, et c'est presque tout
Son onze de départ avait beau être expérimental et relativement inexpérimenté, l'équipe de France s'est d'emblée montrée plutôt à son aise à la Bozsik Aréna. Dominateurs dans l'entrejeu, entreprenants avec le ballon, les hommes de Didier Deschamps ont cherché à mettre de la vitesse dans leurs transmissions, sur un terrain rendu très humide par une pluie continue. Il y a eu du déchet, certes. La supériorité technique des Bleus était toutefois suffisamment nette pour leur permettre de faire la différence au score.
Même s'ils avaient réussi à égaliser en convertissant leur seule véritable occasion, les Israéliens étaient bien trop limités pour inquiéter la défense française, guère bousculée physiquement et quasiment jamais prise de court. Déjà pas franchement haletant en première période, le rythme est encore descendu d'un cran au retour des vestiaires, avant que les visiteurs n'enfoncent le clou en toute fin de rencontre. Pour voir de l'intensité, on repassera. Au moins, les partenaires d'Aurélien Tchouaméni ont maîtrisé leur sujet. C'est déjà ça.
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Michael Olise face à Mahmoud Jaber lors d'Israël - France
Crédit: Eurosport
Les joueurs : Camavinga omniprésent, Olise enlisé
L'équipe de France a construit son succès face à Israël au milieu de terrain, où Aurélien Tchouaméni et surtout Eduardo Camavinga n'ont rien laissé passer, tout en organisant le jeu des Bleus. Devant, ce ne fut pas toujours fantastique, à l'image d'un Michael Olise loin de ce qu'il peut donner à l'équipe de France.
Le facteur X : Guendouzi, sacrée entrée
Le tempo très mollasson du second acte avait sans doute plongé bon nombre de téléspectateurs dans un demi-sommeil avancé lorsque Mattéo Guendouzi a fait son apparition sur la pelouse, à un quart d'heure environ du coup de sifflet final (76e). L'ancien Marseillais n'avait pas besoin de davantage de temps pour réveiller l'assistance. Totalement décomplexé, comme à son habitude, le milieu de 25 ans a d'abord marqué d'une frappe assurée du plat du pied droit à l'entrée de la surface (87e), puis a parfaitement décalé Bradley Barcola, buteur à son tour (89e). Le Laziale n'a pas fait basculer le match en faveur des Français, mais son entrée pleine de pep's a donné plus d'envergure à leur victoire.
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Mattéo Guendouzi (France) a marqué contre Israël. / Ligue des Nations
Crédit: Getty Images
La stat : 1
Comme le nombre de tirs subis par la France ce jeudi soir. La tête égalisatrice d'Omri Gandelman (26e) a en effet été la seule et unique tentative d'Israël pendant 90 minutes. Ce qui en dit long sur le niveau de l'opposition proposée aux Tricolores.
La décla : Didier Deschamps (TF1)
Par la force des choses, nous sommes dans une période de transition. Nous avons des joueurs de qualité, mais cela demande confirmation, parce qu'ils n'ont pas l'expérience internationale. Cette Ligue des Nations doit leur permettre d'en prendre.
La question : Quel crédit accorder à un tel succès ?
Il n'est pas si courant, c'est vrai, de voir l'équipe de France inscrire quatre buts à l'extérieur. La dernière fois, c'était d'ailleurs il y a plus de cinq ans, en Andorre (0-4). Dès lors, la tentation peut être grande de s'emballer en constatant que les Bleus ont balayé Israël, ce jeudi soir (1-4). Et ce d'autant plus que les joueurs au maillot frappé du coq étaient privés de Kylian Mbappé, forfait, et d'Antoine Griezmann, qui a pris sa retraite internationale. De là à parler d'acte fondateur d'une nouvelle ère, il n'y a qu'un pas. Qu'on ne franchira surtout pas.
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Les Bleus fêtent le but de Christopher Nkunku lors d'Israël - France en Ligue des Nations
Crédit: Getty Images
Inutile de tourner autour du pot : si les joueurs de Didier Deschamps ont réussi à signer un succès aussi large, c'est avant tout en raison du niveau de leur adversaire. Nulle volonté, évidemment, de dévaloriser la "Nivrehet", qui a acquis sa montée en Ligue A sur le terrain (en terminant première de son groupe, devant l'Islande et l'Albanie) et qui doit composer depuis un an avec un contexte géopolitique très délicat. Néanmoins, difficile de nier qu'il s'agit de l'équipe la plus faible affrontée par les Français depuis l'instauration de la Ligue des Nations, en 2018.
Face à une formation limitée techniquement et dominée physiquement, les coéquipiers d'Ousmane Dembélé se sont contentés de faire le boulot, en profitant d'une énorme bévue du portier israélien pour ouvrir le score et de la fatigue adverse pour le clore. Dans ce contexte, les enseignements à tirer sont forcément limités. Oui, le binôme madrilène Camavinga-Tchouaméni a brillé. Oui, les entrants ont su marquer des points, ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé. Mais on attendra le déplacement à Bruxelles, lundi soir (20h45), pour savoir ce que ce groupe a réellement dans le ventre.
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