Ligue des Nations | L'Espagne comme… contre-exemple ? L'Angleterre en pleine crise d'identité

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Un peu plus de deux mois après son élimination en demi-finale de la Coupe du monde, l'Angleterre retrouve la compétition face au champion du monde en titre espagnol, samedi, en Ligue des Nations. La Roja est-elle un modèle à copier pour des Three Lions toujours incapables de gagner ? De l'autre côté de la Manche, la question de l'ADN est en tout cas au cœur des débats.

Thomas Tuchel en conférence de presse

Crédit: Getty Images

"Here we go again". L'Angleterre fait sa rentrée, samedi, en Ligue des Nations, avec le même gout amer qu'en septembre 2024, 2021 ou 2018, où les finales d'Euros perdues et une élimination en demi-finale de Coupe du monde, déjà, avaient validé des progrès mais surtout rappelé que le palmarès était toujours vierge depuis 1966.
Dix semaines après avoir de nouveau buté aux portes d'une finale de Coupe du monde, les Three Lions n'ont certainement pas fini de digérer leur effondrement face à l'Argentine, où ils avaient pourtant fait le plus dur en ouvrant le score, avant de se replier complètement, et fatalement, sur eux-mêmes (1-2). Le sujet était encore chaud lorsque Thomas Tuchel est venu défendre sa liste pour les quatre matches de Ligue des Nations qui attendent son équipe lors des deux prochaines semaines.
"Je n'ai jamais dit que c'était un grand succès, expliquait ainsi l'Allemand au sujet du Mondial. J'ai dit qu'il y avait beaucoup de points positifs. J'ai dit que le résultat était insatisfaisant. J'ai dit qu'aujourd'hui, c'est ambigu. J'ai dit que j'ai encore des sentiments mitigés". Y compris sur la suite.
Car avant d'affronter le champion du monde espagnol, l'ex-entraîneur du PSG est apparu moins sûr de lui. Moins clair sur ses convictions. Et contraint de se justifier sur ses propos post-élimination, où il déclarait notamment : "Je pense que la possession du ballon joue un rôle crucial. Ce n’est peut-être pas dans notre ADN comme ça l’est dans celui des Espagnols, des Argentins ou des Brésiliens". Mais alors, quel sera l'ADN des Three Lions lors des prochaines années ?
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Video credit: Eurosport

On ne peut pas passer notre temps à regarder les autres pays
C'est la question que semble encore se poser Tuchel, qui cherche visiblement le compromis entre contrôle et chaos. "Est-ce inscrit dans nos gènes ? Accordons-nous vraiment de l'importance au contrôle ? Est-ce quelque chose qui nous met à l'aise pendant un match ? Est-ce quelque chose de naturel pour nous ?", développait-il il y a une semaine.
De passage en conférence de presse jeudi, son ailier Anthony Gordon s'est montré plus direct. Recrue estivale du FC Barcelone, l'ex-joueur de Newcastle est désormais bien placé pour savoir que le modèle de contrôle à l'espagnole pourrait difficilement traverser la Manche, en tout cas dans le football de sélection. "Nous n'avons pas cette force, contrairement aux Espagnols, qui savent contrôler les matches. Ce n'est pas dans l'ADN anglais, pas dans notre nature, a concédé le joueur aux 25 capes. Je ne suis pas sûr que ce soit quelque chose qui s'apprenne, car maintenant que je joue en Espagne, je peux affirmer en toute connaissance de cause que leur façon de conserver le ballon est différente. C'est très différent de tout ce que j'ai pu connaître. Je ne suis pas sûr que nous puissions un jour y parvenir".
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La solution se trouverait-elle, alors, dans un retour aux racines du football anglais, et au bon vieux "kick and rush" ? Si la réponse ne peut être aussi caricaturale, l’exemple ne peut pas non plus venir des clubs les plus dominants de la Premier League. A eux trois, Arsenal, Manchester City et Liverpool alignaient cinq joueurs anglais dans leur onze de départ le week-end dernier…
"Nous pouvons peut-être prendre une autre direction et vraiment miser sur nos points forts, à savoir un jeu physique, un football direct et basé sur la contre-attaque, a développé Gordon. Il n'y a pas de recette miracle pour gagner un match de football. On ne peut pas passer notre temps à regarder les autres pays et à essayer de leur ressembler, car on n'est pas eux, on est anglais. On a nos propres atouts, qu'ils n'ont pas. Alors peut-être qu'on devrait commencer à jouer en misant sur ce qu'on sait bien faire". Reste à savoir si cela sera suffisant pour faire mieux que les autres.
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