"Une demi-finale de la Ligue des champions à Old Trafford, c'est toujours un moment magique, surtout quand Manchester United accueille l'AC Milan. Surtout quand le meilleur joueur du monde actuellement, le Portugais de Manchester Cristiano Ronaldo, va se mesurer à l'actuel meilleur buteur la compétition, le Brésilien du Milan Kakà." Pour les plus jeunes d'entre nous, ce prologue ne rappelle probablement à aucun souvenir. Mais dans la mémoire des plus "anciens", ou du moins des un peu plus âgés (version qui varie en fonction des concernés), il ne peut que rappeler au bon souvenir du tant regretté Thierry Gilardi. Nous sommes alors le 24 avril 2007, aux alentours de 20h30, quand le célèbre commentateur prononce ces mots qui feront date. Et qui ont le don de provoquer en nous, à chaque écoute, une profonde nostalgie.
C'est l'époque de la Ligue des champions en clair sur TF1. C'est le temps des grands rendez-vous européens accessibles à tous et aux audiences exceptionnelles. En ce soir de fin avril, plus de six millions de télespectateurs sont devant leur écran pour regarder cette demi-finale aller entre Manchester United et l'AC Milan. "Un pic d'audience a été enregistré dans les toutes dernières minutes de la rencontre avec 7,7 millions de télespectateurs", peut-on lire en fouillant dans les archives de l'époque. C'est également une époque où Red Devils et Rossoneri sont considérés comme de véritables mastodontes dans le panorama du football européen. Pas seulement deux grands clubs, une étiquette presque impossible à arracher une fois obtenue. Mais ce sont surtout deux grandes équipes. Un rappel des compos s'impose :
Premier League
Le gros coup : Sancho signe à Manchester United
IL Y A 13 HEURES
  • Manchester United : Van Der Sar - O'Shea, Brown, Heinze, Evra - Fletcher, Carrick, Scholes - Cristiano Ronaldo, Rooney, Giggs
  • AC Milan : Dida - Jankulovski, Maldini, Nesta, Oddo - Ambrosini, Pirlo, Gattuso - Seedorf, Kakà ; Gilardino
Autant dire du lourd. Du très lourd. Dans un Old Trafford où plus de 73.000 personnes s'entassent, Manchester et Milan se disputent la première manche d'une confrontation aller-retour qui s'annonce palpitante. Pour le spectacle, d'abord. Mais pas que. Il y a aussi un choc dans le choc, comme l'indique Gilardi dans son prologue. Celui entre Cristiano Ronaldo et Ricardo Kakà. Tous les yeux sont rivés sur le Portugais à la coupe fashion et le Brésilien à la gueule d'ange. Peu de doutes : celui qui va sortir gagnant de ce duel remportera le Ballon d'Or. Spoiler : ce sera le cas. Et sans contestation possible.
Mon but le plus beau
Retour au match. Mené rapidement après l'ouverture du score de CR7 sur corner, Milan réagit. Kakà aussi. Parfaitement servi par Seedorf, le numéro 22 frappe une première fois. Contrôle, accélération et frappe croisée qui trompe Van Der Sar. 1-1. Mais c'est à la 37e minute que tout bascule. Le match, la qualification et probablement la carrière du Brésilien.
Sur un long ballon aérien côté gauche de Dida, le numéro 22 part au duel avec Fletcher. Il le remporte en passant son corps devant son adversaire, puis s'emmène le ballon de la tête. Face au retour en trombe de Heinze, Kakà se lève le ballon vers l'extérieur pour le passer au-dessus du défenseur argentin. Plus ou mons un coup du sombrero. Conscient du danger, Evra, alors dans une position plus axiale, pense alors bien faire en volant au secours de son coéquipier. Mais sur le rebond qui suit, le Français, trop en retard, heurte son coéquipier suite à un contrôle de la tête aussi malin que parfait du Brésilien. Totalement libre, le "Bimbo d'Oro" ("l'enfant en or", l'un de ses surnoms en Italie) crucifie Van Der Sar d'un plat du pied. Mains en l'air et doigts au ciel, il s'en va célébrer sa merveille sur la gauche. Ses yeux ébahis et son sourire lumineux laissent transparaître une part d'incrédulité, comme conscient du chef d'oeuvre qu'il vient de réaliser mais sans totalement y croire. Pourtant, tout est bien réel. Son neuvième but en onze matches de C1 vient d'ailleurs.

Kakà (AC Milan) face à Manchester United en 2007

Crédit: Getty Images

"Je n'ai jamais été un joueur rapide, mais je misais beaucoup sur l'accélération, confiera-t-il quelques années plus tard. C'est de ce constat que naît mon but le plus beau, celui face à Manchester United." Pour l'anecdote, les Rossoneri perdent sur le fil ce match aller à Old Trafford (3-2). Avant de tout renverser au retour sous la pluie de San Siro (3-0) une semaine plus tard et dans une ambiance incandescente. Du côté de Milan, on s'en souvient aujourd'hui comme du "match parfait". Et bien évidemment, Ricardo Izecson dos Santos Leite, ou plutôt "Kakà" pour le monde, y inscrit le premier but d'une magnifique frappe croisée.

"Il était à l'apogée de son talent"

La suite ? Une finale de C1 à Athènes, une revanche contre Liverpool (2-1) et un Ballon d'Or qui termine logiquement dans les mains du Brésilien en décembre. "Il était à l'apogée de son talent, confiait son ancien coéquipier Massimo Ambrosini, mercredi, dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. Il avait la perception de sa force, une technique incroyable et une équipe qui le supportait. Tu unis tout ça et tu gagnes alors le Ballon d'Or."
A la question "Quel est le premier souvenir qui vous vient d'un match entre Milan et Manchester ?", la réponse est bien souvent la même : le but de Kakà en 2007. C'est dire l'impact qu'il a pu avoir dans la mémoire collective. Cette soirée du 24 avril, c'était la sienne. Et à vrai dire, on aurait pu deviner que quelque chose se tramait à l'époque. Au moment du prologue de Thierry Gilardi, on peut entendre, en fond, le célèbre chant qui accompagnait toutes les sorties de Kàkà sous le maillot du Milan : "Siam venuti fin qua per vedere segnare Kakà" ("Nous sommes venus jusqu'ici pour voir marquer Kakà"). Il provenait du secteur réservé aux supporters milanais à Old Trafford. C'était écrit.

Kakà (AC Milan) face à Manchester United en 2007

Crédit: Getty Images

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