AFP

Benzema-Giroud, à revoir

Benzema-Giroud, à revoir
Par Eurosport

Le 16/08/2012 à 10:54Mis à jour Le 16/08/2012 à 13:24

Le duo offensif tant réclamé pendant l'Euro a déçu face à l'Uruguay (0-0). Mais Didier Deschamps n'écarte pas pour autant cette option.

Il a osé. Dider Deschamps a osé surmonter le scepticisme de son prédécesseur. Mercredi soir, le sélectionneur des Bleus a osé associer Karim Benzema à Olivier Giroud. Cette piste, destinée à "apporter plus de présence offensive", Laurent Blanc s'était refusé à l'explorer pendant l'Euro. Face à l'Uruguay (0-0), le Madrilène et le néo-Gunner ont joué ensemble pendant plus d'une heure. Jusqu'ici, leur tandem se résumait à vingt-six minutes de vécu commun. Et la sortie havraise n'incite pas vraiment à renouveler l'expérience. Même si Deschamps trouve quelques circonstances atténuantes. "Une association, ça ne se fait pas sur un entraînement et une heure de jeu, relativise le patron de l'équipe de France. Et puis Olivier a joué un peu plus avec Arsenal que Karim qui a besoin de digérer sa préparation au Real."

Pour sa 50e sélection, Benzema n'était pas seul. La présence de Giroud lui a offert un point d'appui qui lui manquait cruellement en Ukraine. L'attaquant du Real s'en est servi. Avec parcimonie. Il a passé le plus clair de son temps à décrocher, à s'exiler sur le flanc gauche. Cette propension naturelle à déserter l'axe ne date pas d'hier. A Lyon, Benzema prenait déjà un malin plaisir à s'extraire du marquage. Au Havre, il a laissé Giroud se dépêtrer dans la tenaille uruguayenne. L'ancien Montpelliérain avait Lugano et Vitorino sur le dos. Il n'a pas rechigné au combat aérien, sans pour autant cultiver la complicité attendue avec son acolyte offensif. "On a essayé, se défend le Merengue. Mais on n'a pas touché beaucoup de ballons."

Mavuba : "Ils ont fait beaucoup d'efforts défensifs"

La réalité statistique est plus catégorique, moins clémente : à la pointe du 4-4-2 initial, Benzema et Giroud ont trop peu combiné pour esquisser les contours d'une complémentarité. En soixante-trois minutes, ils n'ont échangé que quatre petits ballons. Pire, à eux deux, ils en ont perdu trente-sept, dans des proportions similaires. Cela en dit long sur le déchet technique affiché mercredi soir. "Mais ils ont fourni beaucoup d'efforts défensifs", souligne Rio Mavuba, le leader de l'entrejeu. Benzema a effectivement couru. Il s'est même créé deux occasions nettes : une tête vicieuse, sur un centre de Debuchy (22e), qui a flirté avec la transversale de Muslera. Une volée du droit, sur un service d'Evra, qui s'est écrasé sur le poteau gauche du gardien uruguayen (60e). Mais son compteur-buts en Bleu, désespérément bloqué durant l'Euro, est resté scotché à quinze unités.

Celui de Giroud n'a pas évolué depuis le mois de février. Depuis cette victoire en Allemagne (0-2), au cours de laquelle il avait signé son premier but international. Mercredi, il était trop occupé à jouer des coudes pour trouver la faille. Dix minutes après Benzema, il a, lui aussi, cédé sa place. Les entrées successives du Lillois Marvin Martin et du Lyonnais Bafétimbi Gomis ont redessiné l'équipe de France. Les Bleus sont alors revenus à un 4-2-3-1 plus classique, plus pragmatique. Mais pas plus efficace. Qu'importe : Didier Deschamps a vu ce qu'il voulait voir. A l'écouter, il n'exclut pas de reconduire le duo Benzema-Giroud le 7 septembre, en Finlande. "Cette double présence offensive est intéressante, retient l'ancien coach marseillais. Elle demande des efforts, mais c’est quelque chose qu’on doit être capables de répéter." Mavuba, large sourire en coin, abonde : "Offensivement, on aura le temps de trouver des automatismes et de marquer des buts." Du "temps", les Bleus n'en ont pas. Dans trois semaines, ils entament un long périple, censé les amener au Brésil. Dans trois semaines, les éliminatoires de la Coupe du monde 2014 démarrent. Déjà.

Pariez sur le Football avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313
0
0