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Brésil-France : Giroud : "Difficile de rentrer pour toucher un ballon et demi"

Giroud : "Difficile de rentrer pour toucher un ballon et demi"
Par Eurosport

Le 08/06/2013 à 10:15Mis à jour Le 08/06/2013 à 21:14

Dans l'entretien qu'il nous a accordé, Olivier Giroud explique pourquoi il a parfois du mal à accepter son statut de doublure de Karim Benzema en sélection.

Comment avez-vous vécu le match face à l'Uruguay au cours duquel vous avez eu du mal à peser offensivement ?

Olivier Giroud : Je suis sorti frustré de ce match. J'ai fourni des efforts offensivement, fait des courses mais le ballon n'arrivait pas tout de suite ou même pas du tout. Il faut faire des courses gratuites pour libérer des espaces pour tes partenaires. Ce match-là a été difficile car je n'ai pas eu d'occasions. J'ai bien défendu a priori... C'est d'autant plus dommage qu'on m'avait laissé ma chance et que je devais la saisir. C'est frustrant mais on a envie de réagir face au Brésil.

L'efficacité est un problème récurrent chez les Bleus. D'où cela vient-il ?  

O.G. : C'est un tout. L'Uruguay a été efficace et nous a donné une leçon de réalisme. On n'a pas su finaliser nos occasions. On a des problèmes d'efficacité, de réalisme ou de réussite. Moi, je n'ai même pas pu essayer. Il faut oublier ce match et si je joue contre le Brésil, j'espère avoir plus de ballons.

Karim Benzema n'a plus marqué depuis un an en Bleu, vous signez une bonne saison à Arsenal. Pourtant dans les matches qui comptent comme l'Espagne, vous êtes remplaçant...

O.G. : Contre l'Espagne, ça a été difficile de rentrer deux minutes pour toucher un ballon et demi après m'être échauffé 45 minutes. On a pris un rouge et peut-être que ça a changé la vision du match du coach. J'ai compris, accepter, en revanche, c'est autre chose. Ce n'était pas une injustice même si la presse nous avait mis en concurrence avec Karim. Il est en panne d'efficacité mais il a du talent et je ne me fais pas de souci pour lui. Moi, j'étais encore très frustré voire énervé. Mais il faut être patient en équipe de France.

Laurent Blanc et, désormais, Didier Deschamps ont toujours justifié leur confiance en Benzema en déclarant qu'il était l'un des rares joueurs de l'effectif de classe mondiale. N'est-ce pas finalement vexant pour vous ?

O.G. : Karim a plus d'expérience que moi au niveau international. Il est considéré comme étant un attaquant de classe mondiale. Je n'ai pas autant de match que lui en Ligue des champions ni autant de sélections. Il faut gagner sa place. Je veux du temps de jeu mais il faut que j'engrange de l'expérience en club pour postuler à une place de titulaire. Je sais que j'ai les qualités pour devenir un attaquant de classe mondiale.

Et évoluer aux côtés de Benzema, l'idée vous séduit-elle ?

O.G. : Evidemment. Il faut l'organisation et le schéma qui vont avec, ce n'est pas moi qui décide. J'aimerais jouer avec lui. J'ai besoin de jouer pour progresser et prendre de la confiance. C'est en faisant de bonnes saisons avec mon club que je compte bousculer la hiérarchie. Mais avec Karim, on s'entend très bien. Je ne veux pas qu'on pense que je souhaite le mettre sur le banc et créer des polémiques et des tensions dans le groupe. On doit compter sur lui.

Quelles sont les principales différences entre Laurent Blanc et Didier Deschamps ?

O.G. : J'échangeais beaucoup avec Jean-Louis Gasset qui venait souvent à Montpellier. Laurent Blanc, pour moi, c'était plus un sélectionneur qu'un entraineur avec lequel j'aurais pu échanger. C'est un peu moins le cas avec Didier Deschamps. Il m'a parlé assez rapidement. Je suis plus proche de Deschamps en terme d'échange. J'aime bien leur deux approches tactiques si ce n'est que Didier Deschamps a osé le 4-4-2 que Laurent Blanc n'avait pas expérimenté.

Dimanche, face au Brésil, vous pourriez croiser la route de Thiago Silva? Que vous inspire-t-il ? 

O.G. : De la sérénité. C'est un joueur jeune mais on a l'impression qu'il a dix ans de plus. Il dégage beaucoup de calme. Il est propre techniquement, anticipe bien. Face au Barça, il a su contrer Messi. Que ce soit Karim, Bafé ou moi, celui qui jouera aura fort à faire.

Ce stage de fin de saison n'est-il pas trop contraignant ?

O.G. : C'est un stage délicat car au milieu de nos vacances. On n'est pas dans notre pays et du coup, on n'a pas beaucoup d'activités. On ne peut pas sortir de notre hôtel pour des raisons de sécurité. Du coup, c'est un peu long. Surtout quand on perd... Ce stage est éprouvant de ce point de vue-là. Vivement les vacances.

Arsenal a bataillé pour se qualifier en Ligue des champions. Le club est-il assez ambitieux pour vous ? Serez-vous toujours un Gunner l'an prochain ?

O.G. : Je suis heureux à Arsenal, je m'y sens bien. J'ai fait une bonne saison et j'ai envie de devenir un des meilleurs attaquants de Premier League. Le club a envie de regagner des titres et moi aussi. Cela passe par un collectif plus étoffé, une équipe plus performante. Il faudra recruter devant car je suis le seul attaquant de pointe dans l'effectif et je suis prêt à accepter la concurrence.

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