Vendredi soir, Didier Deschamps et ses hommes ne savaient pas trop sur quel pied danser. Une victoire aux Pays-Bas, la première depuis 21 ans, ce n'est pas rien. Mais ces Oranje n'avaient rien de terrifiant. Marquer trois buts à l'extérieur, c'est costaud. Mais encaisser deux pions face à une animation offensive proche du néant, c'est inquiétant. L'attaque promet un été de feu. Mais le problème de la charnière centrale reste d'actualité. On peut s'amuser à trouver un bémol à chaque satisfaction née du succès de vendredi. Mais pas question de bouder mon plaisir, de jouer le rabat-joie. Cette équipe de France est encore un peu tendre, elle vacille sur ses bases mais quelle générosité ! Quel enthousiasme !

Antoine Griezmann après son but lors de Pays-Bas France

Crédit: Eurosport

Les dernières saisons internationales des Bleus n'ont pas toujours fait lever les foules. Même dans un passé récent. Même avec Didier Deschamps. Souvenez-vous ne serait-ce que de l'an passé. La défaite face au Brésil (1-3) en mars, l'humiliation en Albanie (1-0) six jours après une face à la Belgique (3-4). Tout ceci n'est pas si loin. Bien sûr, les copies ne sont toujours pas parfaites mais, depuis son revers d'Elbasan, la France reste sur six victoires lors de ses sept dernières sorties (lors de la défaite essuyée à Wembley, personne n'avait vraiment la tête au football).
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Deschamps ne s'est pas obstiné, bien lui en a pris
Six victoires dont une face au champion en titre allemand (2-0), une autre sur les terres d'un outsider au prochain Euro (Portugal, 0-1) et une dernière chez le demi-finaliste de la dernière Coupe du monde (Pays-Bas, 2-3) qui a bien changé en deux ans, je vous l'accorde. Mais la montée en puissance est réelle. Les absences de Karim Benzema et Mathieu Valbuena, meilleur buteur et meilleur passeur de l'ère Deschamps avant leur mise à l'écart en novembre, sont indolores. Le sélectionneur cherchait un plan B, il a trouvé un plan A' pour ne pas dire mieux.
Si les performances de Benzema à Madrid continuent de le rendre incontournable à condition que la FFF lui rouvre la porte, les Bleus s'en sortent beaucoup mieux que prévu sans lui. Quant à Mathieu Valbuena, il n'a jamais semblé aussi loin de l'Euro. La faute à un réservoir de pépites considérable en attaque. Deschamps dispose d'une densité et d'une variété de talents qui semble intarissable avec une multitude d'associations possibles. Quelle sélection européenne - hormis l'Allemagne et peut-être l'Espagne - peut se permettre de laisser sur la touche un Hatem Ben Arfa, incandescent cette saison, ou un Kevin Gameiro qui plante but sur but à Séville. Sans oublier Nabil Fekir, toujours convalescent ou la nouvelle sensation, Ousmane Dembélé.
Le potentiel offensif le plus excitant depuis 2008
Dimitri Payet a dû écoeurer la concurrence vendredi et lui rappeler que les tickets pour l'Euro parmi les six joueurs offensifs, se joueront à des hauteurs insoupçonnées. Si la France carbure en attaque, c'est aussi parce que Deschamps ne s'est pas obstiné. Payet l'a déçu à deux reprises (été 2013 et 2015) ? Tant pis. Martial et Coman n'auront que 20 ans en juin ? Et alors ? Giroud ne marque plus avec Arsenal ? Deschamps n'a pas oublié son apport chez les Bleus. Le match à Amsterdam a validé tous les choix du Basque en attaque. Menée par un Griezmann virevoltant, la France n'avait plus bénéficié d'un potentiel offensif aussi excitant depuis 2008. Les grands championnats sourient rarement aux plus audacieux, souvent aux plus rigoureux. La France n'est pas encore suffisamment intransigeante mais sa générosité et son enthousiasme lui donnent le droit de rêver.
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