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La Marseillaise puis un silence assourdissant : Wembley n’oubliera jamais

La Marseillaise puis le silence : Wembley n’oubliera jamais

Le 17/11/2015 à 22:09Mis à jour Le 18/11/2015 à 00:20

L’avant-match d’Angleterre - France aura été le théatre d’un hommage exceptionnel aux victimes des attentats de vendredi. Les joueurs, comme les spectateurs, ont été à la hauteur de l’événement.

Le 17 novembre restera à jamais gravé dans leurs cœurs. Dans nos cœurs. Personne, qu’il fut installé devant son écran de télévision, assis dans l’une des tribunes de Wembley ou debout sur le terrain, n’oubliera ce qu’il a vu. Ce qu’il a entendu. Ce qu’il a vécu mardi soir. Durant quinze minutes d’une dignité incommensurable, bras dessus, bras dessous, internationaux français et anglais, titulaires et remplaçants, ont rendu le plus bel hommage possible aux victimes des attentats perpétrés vendredi, accompagnés et poussés par la plus formidable des chorales, Wembley.

Il y a évidemment eu cette Marseillaise, entonnée comme on ne l’aurait jamais imaginé par 70 000 Anglais, et exceptionnellement programmée après God Save The Queen, dont l’émotion naturelle et habituelle fut un formidable et naturel tremplin à l’hymne de Rouget-de-l’Isle. Dans les travées, on a vu des gorges nouées, des yeux embués. Mais personne n’a abandonné. Tout le monde a clamé son amour de la liberté jusqu’au dernier ver, jusqu’au dernier mot.

Le coup d'envoi, puis une autre Marseillaise...

Mais il y a aussi, et surtout, eu ce silence quand les Bleus et les Anglais se sont réunis et mélangés autour du rond central pour rendre hommage aux victimes de l'effroyable drame de vendredi. Wembley est une cathédrale où le silence sait se rendre aussi sacré que les encouragements. Ce fut le cas mardi. Plus que jamais dans l’histoire de la mythique enceinte. Cette minute fut assourdissante et chargée d’une émotion qui ne se décrit pas. Mais se ressent au plus profond de ses tripes.

Ces quinze minutes d’hommage d’une dignité rare, Didier Deschamps les a vécues au bord du terrain, accompagné par le Prince William et Roy Hodgson, qui, comme lui, avaient déposé une gerbe de fleurs en mémoire des victimes après l’entrée des équipes. Une entrée accompagnée par les applaudissements nourris d’une foule qui n’avait pas attendu de voir un premier crampon sur le billard de Wembley pour se dresser et dire non à la barbarie.

Ce non, la tribune Est de l’enceinte londonienne - celle qui s’était recouverte du drapeau tricolore durant la Marseillaise - l’a entonné un peu plus clairement. Un peu plus crument. Comme un exutoire. Le match était commencé depuis une minute à peine. Parce que oui, il y a eu un match. Et les Anglais ont encouragé les leurs. Le plus normalement du monde. La vie venait de reprendre.

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