La Tunisie peut-elle être la surprise de la prochaine CAN ?

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Oui, il y a le Maroc, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, l'Egypte... Mais, sans parler de sacre final, la Tunisie peut-elle être la bonne surprise de la Coupe d'Afrique des Nations qui démarre dans un mois en terres marocaines ? On prend les paris alors que les Aigles de Carthage vont défier le Brésil ce mardi au stade Pierre-Mauroy.

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Après le Sénégal, place à la Tunisie. Dans son programme 100% face à des équipes du continent africain pour ce rassemblement de novembre, le Brésil de Carlo Ancelotti est dans le Nord de la France ce mardi soir pour affronter les Aigles de Carthage au stade Pierre-Mauroy, de Villeneuve-d'Ascq, juste à côté de Lille. Trois jours après avoir disposé assez tranquillement des Lions de la Teranga de Sadio Mané (2-0), à Londres.
Si la Seleçao doit pouvoir tenir son rang face à la 43e nation mondiale, pour les Tunisiens, ce rendez-vous dans la métropole lilloise ressemble à un vrai test. Avec, en tête, le 23 décembre prochain et l'affrontement face à l'Ouganda pour leur premier match de Coupe d'Afrique des Nations au Maroc. Placés dans le groupe C avec le Nigeria de Victor Osimhen et la Tanzanie, les coéquipiers du Lorientais Montassar Talbi ne sont pas attendus sur le toit de l'Afrique au soir de la finale du 18 janvier.
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"L’attitude de Bellingham est un problème, Tuchel va devoir faire des choix forts"

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L'effet Trabelsi

Mais dans la dynamique actuelle et la construction de l'effectif, il y a des raisons de croire que quelque chose de beau est possible. Vainqueur en 2004, la Tunisie n'a rejoint le dernier carré qu'une seule fois depuis, en 2019 (4e du tournoi au final). "Ca a l'air d'être un peu plus stable, reconnaît aujourd'hui Ali Boumnijel, qui a fait partie de la grande équipe de 2004 coachée par Roger Lemerre. De bonnes choses sont en train de se faire avec Trabelsi".
Trabelsi, du nom du sélectionneur des Aigles de Carthage, grand nom du football tunisien, avec plus de 80 sélections au compteur dans les années 90. "Il connaît bien la maison, les mentalités, appuie Boumnijel. Il a rappelé certains joueurs comme Ferjani Sassi (33 ans), des anciens qui vont apporter une grosse expérience à ce niveau. C'est assez judicieux." De retour à la tête de l'équipe nationale depuis février dernier, après l'avoir déjà dirigé entre 2011 et 2013, Trabelsi a les résultats qui parlent pour lui. Car après la CAN, la Tunisie aura le visage tourné vers l'Amérique et la Coupe du monde 2026. Compétition pour laquelle elle s'est qualifiée au bout d'un remarquable parcours de qualification : dix matchs, neuf victoires et, surtout, aucun but encaissé.
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Sami Trabelsi sur le banc de la Tunisie

Crédit: Getty Images

Les bienfaits de l'expérience

C'est bien là que se distingue la Tunisie : oui, les Aigles de Carthage n'ont pas de superstars comme Sadio Mané au Sénégal, Achraf Hakimi au Maroc ou Mohamed Salah en Egypte, mais l'effectif taillé est l'un des plus compliqués à appréhender en Afrique. Et une des raisons de croire que la Tunisie peut briller au Maroc entre décembre et janvier est l'arrivée à une certaine maturité de tout un groupe, avec une belle expérience (on se souvient par exemple de la Coupe du monde 2022 et de la victoire face à l'équipe de France en phase de groupes, insuffisante toutefois pour se qualifier en huitièmes de finale).
Montassar Talbi (Lorient), Ellyes Shkiri (Francfort, ex-Montpellier), Dylan Bronn (Servette, ex-Metz), Naïm Sliti (Al-Shamal, Qatar ; ex-Lille, Dijon...), Aïssa Laïdouni (Al-Wakrah, au Qatar ; ex-Union Berlin) et bien d'autres encore : tous ces joueurs évoluent ensemble depuis maintenant de nombreuses années. "La Tunisie, ça a toujours été un groupe, je ne parle pas d'individualités, analyse Selim Benachour, ancien joueur du PSG, également champion d'Afrique 2004, qui confirme une certaine stabilité au sein de cette sélection. On a un socle solide, une base défensive solide, c'est ce qui fait notre force." "L'ossature est très intéressante, avec beaucoup d'expérience, apprécie Ali Boumnijel. Offensivement, on avait un petit manque. Mais, là, on a deux attaquants qui ont bien travaillé : Firas Chaouat, du Club Africain, et Hazem Mastouri (Dinamo Makhatchkala, en Russie). Je trouve que cette équipe est assez séduisante et peut avoir un gros potentiel."
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Hannibal Mejbri avec la Tunisie

Crédit: Getty Images

Mejbri, de star nationale à star continentale ?

Dans son effectif, la Tunisie pourra bien sûr compter sur Hannibal Mejbri. Véritable star dans son pays, le natif d'Ivry-sur-Seine, 22 ans, avait opté pour la sélection des Aigles de Carthage dès son plus jeune âge. Transféré de Monaco à Manchester United pour 10 millions d'euros alors qu'il n'avait que 16 ans, Mejbri a longtemps eu des difficultés à se stabiliser en club, impactant ainsi sa performance en sélection alors qu'il y était très, très, très attendu à chaque fois. "Hannibal, quand il est épanoui, on le voit sur le terrain", pense Selim Benachour. Ali Boumnijel abonde : "Au début, c'était compliqué, il n'avait pas beaucoup de repères, notamment quand il s'est fait introniser un peu bizarrement en équipe nationale. Et quand il avait moins de temps de jeu en club, c'était beaucoup plus compliqué"
Transféré et enfin détaché de Manchester United après des prêts à Birmingham et au FC Séville, Mejbri semble s'être libéré d'un poids en partant à Burnley (transfert de 6,5M€ environ), promu cette saison en Premier League. "Là, il joue régulièrement et a beaucoup plus de stabilité, acquiesce Boumnijel. Il a du potentiel et un volume de jeu incroyable. C'est un garçon très agréable à gérer." "Il a éclos, il est dynamique, c'est le Hannibal qu'on veut voir, martèle encore Selim Benachour. Un joueur important dans le groupe, qui peut faire des différences dans ses courses, dans ses projections, ses dernières passes, ses frappes. Là, je le vois heureux, travailleur. Il a pris confiance en lui et ça se voit sur le terrain."

CAN : objectif demi-finales ?

De là à espérer quel résultat pour cette CAN ? "On n'a rien à cacher, rigole Ali Boumnijel. Il y a beaucoup de prétendants, notamment l'organisateur, le Maroc, qui fait une grosse impression avec des individualités incroyables. Après, si on arrive en demi-finales, tout est possible..." "J'espère que la Tunisie va aller loin, encourage Selim Benachour. L'objectif, je pense, c'est d'être dans le dernier carré. Ce serait déjà très bien. Il y a une envie, une stabilité, des automatismes. C'est bien pour la suite."
Seule limite possible à cette bonne performance ? La Coupe Arabe, qui se déroule du 1er au 18 décembre au Qatar. Ali Boumnijel explique sa pensée : "Il y a quatre ans, la Tunisie avait réalisé un très bon résultat, allant jusqu'en finale (défaite 0-2 face à l'Algérie). Ensuite, il y a eu pas mal de dégâts au niveau de la Coupe d'Afrique qui arrivait juste après. Certains joueurs ont manifesté leur mécontentement, ça a créé un petit bug, ce n'était pas facile." A Sami Trabelsi d'imposer ses choix pour permettre aux Aigles de Carthage de continuer sur leur lancée. Et, qui sait, de marcher sur les traces de leurs glorieux aînés.
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