Brésil - Endrick, symbole d'un mal qui ronge le Brésil
Par Glenn Ceillier
Publié 27/09/2026 à 23:58 GMT+2
Alors que le Brésil entame un nouveau cycle avec le désir de "trouver une nouvelle génération", Carlo Ancelotti s'attaque aussi à un souci qui pose problème à la Seleçao : le manque de temps de jeu de ses jeunes talents annoncés comme Endrick ou Estêvão. Pour cela, le sélectionneur italien du Brésil est disposé à faire quelques efforts et à revoir les codes de la sélection auriverde.
Quelle note pour la première de Zidane ?
Video credit: Eurosport
"Dans l'improvisation, nous n'avons pas réussi. Désormais, Carlo Ancelotti a quatre ans pour construire une équipe". Voilà le message envoyé par le quotidien Folha de S.Paulo au lendemain de l'élimination de la Seleçao de la Coupe du monde 2026 en 8e de finale contre la Norvège (2-1). Et l'entraîneur italien, qui a vu son contrat avec le Brésil prolongé jusqu'au prochain Mondial en 2030, a vite cerné ses axes prioritaires pour tenter de redresser le destin de la sélection aux cinq étoiles lors de ce nouveau cycle : faire percer une nouvelle génération et permettre surtout aux talents brésiliens d'atteindre leur top.
Avec Vinicius Junior, Raphinha ou encore Marquinhos et Gabriel, le Brésil ne manque pas de joueurs de références. Mais pour redevenir la vraie Seleçao, il faut que de nouveaux talents confirment. Et "Carletto" compte bien s'activer dans les prochains mois pour cela. "Nous avons pour objectif (de) trouver une nouvelle génération", a ainsi annoncé le coach italien en conférence de presse à Brisbane la semaine passée. Pour y parvenir, il s'active déjà, possède le soutien de sa fédération et est prêt… à faire quelques concessions.
Important de donner sa chance au talent brésilien
Carlo Ancelotti a par exemple travaillé, selon le journal O'Globo, avec les sélectionneurs des moins de 17 ans et des moins de 20 ans pour confectionner sa première liste après l'échec estival. Et il a ainsi appelé de nouveaux noms comme Breno Bidon (Corinthians, 21 ans), Gabriel Bontempo (Santos, 21 ans) ou encore Pedro Morisco (Coritiba, 22 ans). Et il a également accueilli avec plaisir le nouveau décret de la CBF (Confédération brésilienne de football) qui va imposer aux clubs brésiliens de faire passer de neuf à cinq le quota de joueurs étrangers par équipe d'ici 2030 dans le Brasileirão, le championnat brésilien. "C'est important de donner sa chance au talent brésilien, qui est très abondant", s'est félicité El Mister.
Carlo Ancelotti a cependant un autre chantier qui lui tient à cœur. Et il n'est pas facile. L'ancien coach du Real Madrid et du PSG veut lutter contre la tendance de certaines étoiles auriverdes à s'expatrier très tôt et à prendre le risque de ne pas jouer. Pour cela, il a deux exemples en tête : Endrick et Estêvão. Deux joueurs considérés comme l'avenir du Brésil mais qui rencontrent des difficultés au Real Madrid et à Chelsea pour jouer régulièrement.
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Endrick avec le Brésil lors de la Coupe du monde
Crédit: Getty Images
Le problème des jeunes Brésiliens, c’est qu’ils ne progressent pas parce qu’ils ne jouent pas
Or, c'est un mal qui ronge la Seleçao dans cette période compliquée. "Le problème des jeunes Brésiliens, c’est qu’ils ne progressent pas parce qu’ils ne jouent pas. C’est le cas d’Endrick, mais aussi d’autres talents comme Estevão : ils partent en Europe à 18 ou 19 ans, arrivent dans de grands clubs et ne trouvent pas leur place. Sans jouer, ils ne peuvent pas progresser. Nous avons de très jeunes joueurs prometteurs et nous devons suivre leur progression. Endrick deviendra un joueur important pour le Brésil à l’avenir", a expliqué Ancelotti la semaine passée.
Difficile de lui donner tort quand on voit le début de saison des deux pépites annoncées du Brésil. De retour au Real Madrid après avoir retrouvé le sourire à Lyon en prêt en fin de saison passée, Endrick (20 ans) n'a eu droit qu'à quatre petites minutes depuis le coup d'envoi de cet exercice qu'il a débuté certes blessé (ndlr : il a manqué les quatre premiers matches). Estêvão (19 ans) n'a lui disputé que quatre petits bouts de matches en Premier League avec les Blues de Xabi Alonso (ndlr: 23 minutes jouées en championnat cette saison).
La priorité est désormais de donner du temps de jeu aux joueurs qui en ont moins
Des temps de jeu aussi faméliques qu'inquiétants car à cet âge, les joueurs ont encore plus besoin de temps de jeu pour passer de nouveaux paliers. Mais ça n'a pas empêché l'Italien de les appeler tous les deux pour ce rassemblement international. Au nom de leur talent et pour le bien du Brésil au long terme. "Parfois, l'intérêt du club n'est pas le même que celui de la Seleção. Même s'ils ne jouent pas, même s'ils n'ont pas de temps de jeu avec le club, je vais les convoquer" et leur "donner l'opportunité de progresser", a expliqué le sélectionneur brésilien.
Alors que le Brésil possède du temps avant les prochaines échéances importantes de ce nouveau cycle qui va comprendre les qualifications pour la Coupe du monde, la Copa América et le Mondial, Carlo Ancelotti est ainsi prêt à faire quelques efforts pour ces anciens prodiges qui sont un peu perdus. Vendredi face à l'Australie dans un amical où le Brésil a arraché un nul décevant (1-1), il les a ainsi lancés comme titulaires. Et même s'ils n'ont pas forcément convaincu, il compte poursuivre sur cette lancée. "La priorité est désormais de donner du temps de jeu aux joueurs qui en ont moins, notamment aux jeunes joueurs prometteurs comme Endrick et Estêvão. Nous allons continuer dans cette voie. Les supporters doivent faire preuve de patience. L'équipe sera prête pour la reprise des compétitions officielles", a-t-il prévenu après ce nul.
Pour lutter contre ce souci qui plombe le Brésil à ses yeux, Carlo Ancelotti ne compte donc pas rester sans rien faire. Il va s'activer avec ses moyens pour essayer de relancer ces promesses. Et essayer qu'elles puissent poursuivre leur progression pour devenir les joueurs dont la sélection auriverde a cruellement besoin pour redevenir elle-même. "On ne peut pas s'attendre à ce qu'un club intègre un joueur dans le onze de départ. Nous devons le suivre, le faire participer et lui donner l'occasion de progresser et de jouer. C'est ce que nous allons faire", a encore annoncé la semaine passée l'Italien, alors que son équipe va rejouer l'Australie mardi à Brisbane avant un dernier match amical contre l'Inde, le 3 octobre à Calcutta.
Jouer avec le Brésil pour avoir du temps de jeu. Ce n'était pas dans les habitudes de la Seleçao où la concurrence était si dense dans un passé pas si lointain. Mais pour rêver à nouveau, il faut peut-être passer par là. Et revoir ces codes.
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