Matches amicaux - Théo Hernandez devant Digne, Lacroix devant Konaté ? Les autres enseignements du rassemblement de l'équipe de France
Par Arthur Merle
Publié 09/06/2026 à 19:53 GMT+2
Le cas Ousmane Dembélé a accaparé une bonne partie de l'attention après le deuxième et dernier match de préparation des Bleus avant la Coupe du monde, contre l'Irlande du Nord (3-1). Michael Olise, auteur d'un triplé, a pris le reste de la lumière. Mais derrière ces cas-là, les deux matches disputés en cinq jours par l'équipe de France ont livré des enseignements assez clairs. Les voici.
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Il y avait eu Benjamin Pavard et Lucas Hernandez en 2018. Karim Benzema en 2021. Dayot Upamecano en 2022, pendant qu’Antoine Griezmann glissait en position de numéro 8. William Saliba en 2024. Les préparations des dernières grandes compétitions des Bleus ont toujours vu au moins une individualité sortir du bois et gratter sa place dans le onze. Nous voilà donc visiblement devant une fin de série puisque les cas de Rayan Cherki et Michael Olise ne comptent pas, ou qu'à moitié : les deux joueurs ont confirmé qu'ils étaient respectivement une formidable option en cours de match et un nouveau cadre technique de cette équipe, sans révolutionner leur statut.
Derrière le doute qui entoure l'utilisation idéale d'Ousmane Dembélé, et surtout sa capacité à répéter en sélection ce qu'il produit au PSG, certains enseignements peuvent toutefois être tirés de ces deux matches face à la Côte d'Ivoire (1-2) et l'Irlande du Nord (3-1). Des conclusions de moindre importance peut-être, mais des vérités plus évidentes maintenant qu'elles ne l'étaient il y a encore quelques jours.
Théo Hernandez a gagné le match des arrières gauches
S'il y avait un débat autour des latéraux, et en particulier des arrières-gauches, il ne semble pas ou plus exister dans la tête de Deschamps. On s'attendait à un match serré entre Théo Hernandez et Lucas Digne, mais c'est bien l'ancien défenseur du Milan qui a démarré les deux rencontres de préparation. Le message ne peut être plus clair : celui qui était déjà le titulaire du poste en 2022 va conserver sa place, en tout cas en début de compétition.
Physiquement, Hernandez apporte des garanties suffisantes malgré son exil en Arabie Saoudite. On l'a vu moins sûr qu'à une époque techniquement et toujours aussi peu rassurant défensivement, mais il apporte aussi une capacité à combiner avec Doué qui n'est pas négligeable, tandis que ses percées balle au pied dans le cœur du jeu peuvent être un autre atout énorme pour les Bleus. Digne a pour lui un profil possiblement plus rassurant défensivement, mais ce ne fut pas criant en ce début de mois de juin. Et sa belle patte gauche n'est que modérément utile quand il y a aussi peu de monde pour reprendre ses centres dans la surface.
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Et si Lacroix était passé devant Konaté ?
C'est une question, assez improbable au départ, que l'on est sérieusement en droit de se poser. Titulaire face à la Côte d'Ivoire, Ibrahima Konaté était passé au travers, comme trop régulièrement ces derniers mois en club comme en sélection. Maxence Lacroix n'avait pas effectué une entrée beaucoup plus convaincante face à Elye Wahi et ses coéquipiers, mais c'est lui qui est de nouveau entré dès la pause face à l'Irlande du Nord, pendant que le futur ex-joueur de Liverpool restait sur le banc. En cumulé, le défenseur de Crystal Palace aura joué deux mi-temps complètes, contre 67 minutes pour son concurrent.
Détail qui n'en est peut-être pas tout à fait un : Installer Konaté dans la charnière tricolore amène aussi Didier Deschamps à décaler Upamecano dans l'axe gauche, ce qui sort le leader de la charnière tricolore de sa zone de confort. Lacroix a l'avantage de pouvoir jouer axe gauche et donc de laisser l'ancien joueur de Leipzig dans sa position préférentielle. Konaté n'avait pas joué une minute lors de l'Euro 2024. Connaîtra-t-il le même sort aux Etats-Unis ?
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Des miettes pour Zaïre-Emery ?
Il est peut-être celui qui, dans le groupe bleu, vit la saison la plus paradoxale. Warren Zaïre-Emery a terminé la saison du Paris Saint-Germain avec le plus haut total de minutes disputées mais a pourtant démarré la finale de la Ligue des Champions sur le banc. Fort de son statut de double champion d'Europe, il devrait encore vivre un été pour le moins frustrant avec l'équipe de France, puisqu'il semble, après ces deux matches de préparation, que son rôle de l'autre côté de l'Atlantique sera très marginal.
Aucun joueur de champ n'a eu droit à moins de temps de jeu que les 12 minutes du Titi parisien sur ces deux matches amicaux. Au milieu de terrain, il apparaît clairement comme la cinquième option derrière Aurélien Tchouaméni, Adrien Rabiot, N'Golo Kanté et même Manu Koné. Ses prestations très sérieuses comme latéral droit cette saison n'en font pas pour autant la doublure de Jules Koundé à ce poste aux yeux de Deschamps, qui a lancé Malo Gusto en cours de rencontre à chaque fois.
Si le cas de 'WZE' est le plus frappant, d'autres devraient connaître sauf surprise des sorts semblables. A l'image de Maghnes Akliouche, qui est sur le papier la doublure d'un Michael Olise qui devrait laisser très peu de temps de jeu à ses concurrents à ce poste, ou de Jean-Philippe Mateta en pointe. Autant de profils qui partaient de loin au contraire de Marcus Thuram, qui a lui perdu gros. Après son match convaincant face à la Colombie en mars dernier, il a livré une prestation insipide face à la Côte d'Ivoire, qui condamne ses ambitions de démarrer titulaire lors de cette Coupe du Monde. Et de figurer dans les premières vagues de changements offensifs ? Dans cette hiérarchie-là, Rayan Cherki et Bradley Barcola semblent bien mieux placés.
Autant de "certitudes" qui pourraient très bien ne pas passer le premier match de poules. Car les dernières grandes compétitions des Bleus ont prouvé une autre chose : le onze qui commence la compétition est très rarement celui qui termine.
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