Mort de Diego Maradona : "Il y avait des signaux d'alarme", accuse un médecin-légiste à l'encontre du corps médical au procès

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Diego Maradona présentait, plusieurs jours avant sa mort en 2020, "des signaux d'alarme" qui n'ont pas été pris en compte par l'entourage médical, a accusé mardi un médecin-légiste au procès de sept professionnels de santé pour négligences potentiellement fatales.

Diego Maradona.

Crédit: Getty Images

Carlos Cassinelli est l'un de nombreux praticiens entendus au procès de sept professionnels de santé, jugés pour négligences ayant potentiellement causé la mort de Diego Maradona en 2020. Ce médecin-légiste a pointé mardi des "signaux d'alarme" qui n'auraient pas été considérés par l'entourage médical du champion du monde 1986 avant son décès, selon ses dires.
Son témoignage pèse, car il était membre de l'imposante (22 membres) Commission médicale interdisciplinaire mise en place en 2021 par la justice sur le cas Maradona. Et l'un des experts qui a procédé à l'autopsie. "Il y avait des signaux d'alarme : oedème des membres inférieurs, oedème des doigts, ronflements, souffle court, signes d'hypertension ou de tachycardie", a énuméré le Dr Cassinelli.
"Personne n'est allé voir de quoi il s'agissait" avec ce gonflement généralisé, bien qu'il représentât "un risque vital", a-t-il chargé. "L'issue finale a été la mort. On considère que ces signaux d'alarme n'ont pas été pris en compte par les médecins, car (leur) attitude n'a pas changé". Le Dr Cassinelli portait l'un des témoignages à ce jour les plus accusateurs sur le manque d'attention autour de Maradona, lors de sa convalescence post-opératoire de deux semaines en novembre 2020 dans une résidence louée pour l'occasion à Tigre (nord de Buenos Aires).
L'alerte aurait pu être donnée
"La dégradation a été progressive. Depuis sa sortie d'hôpital jusqu'à son décès. Au moins une dizaine de jours (avant sa mort). L'alerte aurait pu être donnée", a-t-il insisté. Comme lors d'une précédente déposition, il a rappelé que la commission médicale évalue que "la phase agonique de Maradona a duré environ 12 heures" – un laps qui à ce jour n'a pas fait l'unanimité au procès.
Le Dr Cassinelli l'a décrite comme "une phase entre la vie et la mort au cours de laquelle les fonctions se perdent peu à peu. Une phase où le passage vers la mort est irréversible". Plusieurs autres témoins – un agent de sécurité, un masseur –, aux audiences des dernières semaines ont convergé dans leur description d'une attention laxe autour de la star, dans ses derniers jours.
Maradona a été retrouvé mort sur son lit vers la mi-journée, le 25 novembre, à 60 ans, des suites d'une crise cardiorespiratoire couplée à un oedème pulmonaire. Les sept professionnels de santé jugés (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) encourent jusqu'à 25 ans de prison, mais nient toute responsabilité. La plupart invoquent leur spécialité, leur rôle segmenté, sans lien direct avec les causes cliniques de la mort.
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