C’est le débat du moment. Il a été lancé en début de semaine par Pablo Longoria, président de l’OM, via un entretien accordé à El Pais. Quid de la formation française, en matière d’entraîneurs, et de leur (in)capacité à s’exporter ? Raynald Denoueix, ancien joueur puis coach du FC Nantes, qui a également exercé au sein de la Real Sociedad et est connu pour être un technicien à forte empreinte tactique, a été interrogé à ce sujet par nos confrères de L’Equipe, ce samedi.
Concernant le manque de ligne directrice que suggère notamment Longoria, Denoueix n’est pas dans la contradiction. Mais il réfute l’idée d’un point faible. "Le plus important, c’est d’avoir des principes de jeu. A Nantes, on n’était pas sur la même longueur d’onde que la DTN (direction technique nationale)", estime notamment celui qui a guidé les Canaris entre 1997 et 2001, un titre de champion de France à la clef. "Plusieurs modèles peuvent exister dans un pays", appuie-t-il.

Raynald Denoueix, à sa prise de commandes de l'équipe première du FC Nantes, en 1997

Crédit: Getty Images

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"L’important est d’avoir une méthode, une idée directrice"

Relancé sur des "principes restrictifs" qui se seraient diffusés dans l’élite du football français, à la suite du sacre de son équipe nationale en 1998, Denoueix est sceptique. "Je n’y crois pas trop, répond-il. Encore faut-il avoir les moyens de jouer comme la France en 1998 ou 2018 (deux titres mondiaux à la clef, ndlr), et gagner en étant soi-disant restrictif."
Pour lui, "l’important est d’avoir une méthode, une idée directrice et ça arrive aussi en France". Parmi les exemples qu’il choisit : "Christophe Galtier suit une idée à Lille, on voit une méthode, comme on la voyait avec Claude Puel à Nice." Et parfois, cela vient de plus haut : "Gauthier Ganaye, le président de Nancy, dit qu'il s'appuie sur une idée de jeu, presser à la perte, et choisit l'entraîneur et les joueurs en fonction."

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"Les présidents ne m’ont jamais demandé mon idée de jeu"

Denoueix salue ainsi les stratégies, au cas par cas, mises en place par des clubs français. L’idée d’une singularité nationale n’est à son sens plus d’actualité, et cela ne concerne pas que la France. "L’identité des nations s’est perdue. Elle s’est européanisée. Le Bayern (Munich), (Manchester) City, Liverpool cherchent tous à ressortir le ballon de derrière. Brest aussi. Avant, il y avait le ‘kick and rush’, les Allemands costauds en opposition avec ce que faisait le Brésil", détaille-t-il. Et maintenant ? "Le Brésil n’est plus le Brésil (…) Même au Barça, il y a beaucoup de variantes, certains principes ne sont plus respectés car les joueurs ont changé."
L’Hexagone ne fait donc pas exception à ses yeux. Et que pense-t-il du faible contingent d’entraîneurs français à officier dans les championnats voisins ? "Un entraîneur est jugé sur les résultats, et c’est rare que l’on gagne des Coupes d’Europe. Pourquoi Unai Emery arrive à Paris (en 2016, ndlr) ? Parce qu’il a gagné plusieurs fois la Ligue Europa (trois fois de rang, juste avant de débarquer au PSG). Après la Real Sociedad (2002-2004), j’ai eu beaucoup de contacts, et les présidents ne m’ont jamais demandé mon idée de jeu", déplore-t-il. Avant de conclure : "L’aspect médiatique et économique a dépassé ce qui se passe sur le terrain… pas seulement en France."

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