Pep Guardiola sur le banc de l'Italie : Les raisons du oui, la tendance du non
Eurosport sur GoogleAlors que tout un pays l'imagine comme le sauveur de la patrie après trois Coupes du monde manquées, Pep Guardiola, qui a rencontré Paolo Maldini et Leonardo le week-end dernier, pourrait-il céder aux avances de l'Italie ? L'ancien entraîneur de Manchester City, usé par sa glorieuse décennie à City, serait en pleine réflexion quant à l'offre transalpine. Les pour et les contre d'une décision.
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Oui, car il est attaché à l'Italie
Pep Guardiola ne s'en est jamais caché. Alors qu'il a évolué à Brescia, notamment aux côtés de Roberto Baggio et sous les ordres de Carlo Mazzone, un entraîneur qui a marqué sa carrière, ainsi qu'à l'AS Rome au début des années 2000, le technicien de 55 ans a gardé beaucoup d'attaches de l'autre côté des Alpes. La culture italienne a également façonné sa façon de percevoir et de vivre le football. Il en apprécie tous les plaisirs, de la nourriture à la musique. C'est d'ailleurs grâce aux chansons de Francesco De Gregori qu'il a appris à manier la langue de Dante.
"J’ai appris l’italien en écoutant De Gregori. J’étais en tribune le jour où Mazzone est allé courir sous la tribune des supporters de l’Atalanta, se remémorait-il dans l'émission "Che Tempo che fa" en octobre 2024. Je me suis dit : 'Mais c’est ça, mon entraîneur ?' C’était un entraîneur à l’ancienne, de ceux qu’on ne rencontre que si l’on voyage et que l’on fait des expériences. Je venais de Barcelone, où tout était simple et confortable. Pour moi, ce n’était pas facile d’arriver à Brescia, un club qui appartenait à une réalité bien différente de celle à laquelle j’étais habitué. On m’y a accueilli de manière formidable et je ne le regrette pas : ce fut l’une des plus belles périodes de ma vie. Je m’attendais à trouver un Baggio sérieux et réservé, mais il était en réalité l’âme de cette équipe. Nous formions un groupe extraordinaire ; nous nous sommes énormément amusés."
En 2018, Guardiola avait ouvert la porte à une possible arrivée, un jour, en Italie. Mais sans préciser quand. "J’ai entraîné en Espagne, en Allemagne et maintenant en Angleterre. Alors pourquoi ne pourrais-je pas entraîner en Italie ? Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. En tout cas, ici, on mange bien !", souriait-il à l'époque lors du Festival du Sport, un événement organisé en Italie. Il évoquait alors une possible arrivée en Serie A, sans se douter qu'un jour le banc de la Nazionale lui serait proposé. Au fond de lui, cette proposition le titille.
Non, il aurait tout à perdre
Que ce soit au Barça, au Bayern Munich et à Manchester City, Guardiola a toujours disposé d'un matériel humain important. Ce qui lui a toujours permis de mettre en exergue son jeu, d'ailleurs. Difficile d'en dire autant de la sélection italienne, qui vient de manquer un troisième Mondial de suite. Le talent manque cruellement. La technique aussi. L'Espagnol, qui n'a jamais entraîné une sélection, devrait donc tout reconstruire de A à Z. L'Italie serait de loin l'équipe la moins qualitative qu'il aurait dirigée, même si tout n'est pas à jeter.
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Il pourrait piocher dans les sélections de jeunes, qui parviennent régulièrement à performer dans les compétitions majeures de leur catégorie (l'Italie U17 a remporté l'Euro cette année), mais cela demanderait beaucoup de temps pour les former au plus haut niveau. Le tout dans un pays en grand froid avec sa sélection, à qui elle ne pardonne logiquement plus rien. Guardiola, qui aurait au moins le mérite de relancer l'intérêt autour de la Nazionale, a probablement plus à perdre qu'à gagner en acceptant la proposition italienne. Qui ressemble quand même à un sacré bourbier.
Oui, il peut se laisser convaincre par le duo Maldini-Leonardo
Pour n'avoir aucun regret dans ce dossier, Paolo Maldini, nouveau directeur technique de la FIGC et président de Club Italia, l'instance qui chapeaute toutes les sélections, toutes catégories d'âge confondues, féminines et masculines, ainsi que Leonardo, son conseiller, ont passé un week-end entier à Barcelone pour tenter de transformer le rêve Guardiola en réalité. Les deux hommes ont présenté un projet sur mesure au technicien catalan et lui ont assuré un rôle qui dépasserait celui de simple sélectionneur. Il serait le penseur et l'artisan de la Nazionale. Il serait évidemment suivi, soutenu et écouté.
"Il serait l'idéal pour une sélection qui n'a pas besoin d'une révolution tactique, mais d'une gestion intelligente pour faire repartir tout un mouvement. Tenter le coup est un devoir", écrivait La Gazzetta dello Sport mardi. Le duo Maldini-Leonardo a donc décidé de tout mettre sur la table, quitte à perdre le pot. L'ancien entraîneur de Manchester City voue un grand respect aux deux hommes, et c'est tout naturellement qu'il a décidé de les écouter pendant plusieurs heures. Il n'a pas dit oui, pas dit non. L'heure est à la réflexion, et c'est déjà une première pierre posée par les nouvelles têtes pensantes du calcio. Seul problème : l'édifice est encore très, très grand. Trop ?
Non, son salaire peut être un frein... et sa fatigue aussi
Mardi, La Gazzetta dello Sport, premier quotidien à lancer la rumeur Guardiola il y a plusieurs semaines, rappelait que son salaire avoisinait les 25 millions d'euros bruts par an. Inimaginable pour la Fédération italienne de football, qui ne compte pas dépasser un certain plafond, probablement situé aux alentours de 6 à 7 millions d'euros. Roberto Mancini, déjà passé par le banc de l'Italie et candidat pour récupérer le poste, toucherait par exemple un peu moins de 3 millions d'euros par an. Pour trouver un accord salarial, une seule possibilité : Guardiola accepte de faire un gros effort, la FIGC un petit et les sponsors un effort moyen, à l'image de ce qui avait pu être fait pour Antonio Conte en 2014, avec un coup de pouce des marques affiliées à la Nazionale pour financer son salaire, notamment Puma.
Enfin, dernier élément et pas des moindres : le technicien est lessivé de sa décennie à Manchester City. "Je n'ai pas envie de prendre un poste, pas maintenant, je veux découvrir ce qu'il y a dans la vie outre le football, je veux dédier plus de temps à mes enfants et mon père", aurait-il résumé à Maldini et Leonardo selon le quotidien aux pages roses. "Je suis épuisé, j'ai besoin de repos", racontait-il à l'issue de la saison dernière. Selon les médias italiens, même si Guardiola n'a toujours pas donné de réponse définitive, la tendance serait au non.
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Pep Guardiola
Crédit: Getty Images
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