Chelsea, "it's time"!

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Le choc de dimanche contre Tottenham (17h) n'est qu'un hors-d'oeuvre pour les Blues, en pleine crise de résultats depuis six semaines. Leurs deux adversaires suivants seront Manchester United (le 19) et Arsenal (le 27). Autant dire que la saison de Chelsea se joue maintenant.

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La scène se déroule mercredi dernier dans la salle de presse du Stade Vélodrome, juste après la défaite de Chelsea à Marseille (1-0) lors de la 6e journée de la Ligue des champions. Carlo Ancelotti, plus droopy que jamais dans son expression, ne cherche même pas à cacher la grande fragilité que dégage son équipe. Les Bleus, qui avaient entamé la Premier League à un rythme de fou, ont "perdu confiance (en leur) jeu", lâche-t-ille regard vide. Il peine à convaincre les journalistes anglais, vu le but encaissé, que ses hommes ont "contrôlé les choses sur le plan défensif mais doivent pouvoir faire mieux en attaque". Sur la seconde partie de la phrase, il n'est pas contesté. Au bout de l'échange, pas besoin de le pousser beaucoup pour admettre que son équipe sera outsider dimanche à White Hart Lane contre les Spurs, un comble : "Tout le monde pense que nous allons perdre. Tottenham est en pleine forme, tout en haut au classement. Mais ce n'est pas un problème. Nous devons considérer que c'est une opportunité pour nous relancer."
Une de plus, en somme, à l'heure où il n'est plus possible brûler un joker. Depuis sa défaite à Liverpool le 7 novembre (2-0) et sa déroute à domicile contre Sunderland une semaine plus tard (0-3), le club londonien n'avance plus, avec seulement deux points récoltés en cinq journées, ou encore cinq en six journées, soit sa pire série depuis plus de dix ans. Ce qui rend la capacité des Blues à rebondir difficile à appréhender, c'est que les facteurs d'explication se combinent, mêlant le rationnel (blessures d'Alex, Benayoun, Bosingwa, Lampard, Zhirkov, maladie de Drogba) et l'irrationnel. Le départ de Ray Wilkins, entraîneur adjoint, pour incompatibilité d'humeur avec Roman Abramovitch, aurait été le déclencheur d'une baisse subite de tension dans l'effectif, marqué par la fragilisation de son entraîneur.
La baisse de qualité de l'effectif, matérialisée par des bancs de touche très jeunes, est elle aussi souvent évoquée comme un signe de déclin. C'est vite oublier que Chelsea devrait aligner le onze suivant malgré tous ses malheurs : Cech - P. Ferreira, Ivanovic, Terry, Cole - Essien, Obi Mikel, Malouda - Anelka, Kalou - Drogba. C'est vite oublier, aussi, que c'est un choix politique de club, visant à trancher avec le modèle de la victoire à fonds perdus des années 2000. Guus Hiddink avait indiqué, à son départ en 2009, qu'il était vital de rajeunir l'équipe. Chelsea, tenant du titre de la FA Youth Cup, a écouté. Autre élément à prendre en compte, même s'il est difficile à entendre au pays du Boxing Day : un creux physique est "normal" en fin d'année pour une équipe gavée d'internationaux et engagée en Ligue des champions.
"Pas au bon moment pour nous" (Drogba)
Au matin de la rencontre la plus attendue de la journée anglaise derrière MU - Arsenal, l'humeur reste tristoune autour des champions d'Angleterre. "Ces trois gros matches n'arrivent pas au bon moment pour nous, reconnaît Drogba. C'est rare pour Chelsea de connaître ce genre de période." Carlo Ancelotti précise qu'il est en train de modifier des choses dans les repères tactiques de l'équipe, par choix autant que par nécessité. Christophe Lolichon, son adjoint chargé des gardiens, disait jeudi sur Canal+ : "Quand on gagnait 4-0 ou 6-0, 60% des arrêts de Petr Cech étaient intervenus à des moments décisifs. C'est énorme." Le signe des difficultés à venir, selon lui.
Quand il ne commente pas les rumeurs annonçant l'arrivée de Guardiola, Ancelotti se projette déjà sur janvier, comme si la solution ne pouvait être qu'externe. Il assure qu'il aura les moyens de renforcer l'équipe. David Luiz (Benfica) et Gary Cahill (Everton) seraient ciblés. Dans sa communication, l'Italien soigne autant le message que le soutien apparent de Roman Abramovitch. "Il comprend la situation. Il sait que nous avons des blessés, que nous avons bien joué sans être récompensés et que nous avons perdu confiance. Il a rarement été aussi proche de nous." Pour préserver son avenir, Ancelotti puise dans son passé pour annoncer que les lendemains chanteront. Il se souvient de la capacité de rebond de ses hommes après l'élimination contre l'Inter en mars dernier. Il se rappelle aussi les séries quasi dramatiques qu'avait connues l'AC Milan en 2002-2003 et en 2006-2007, sous sa direction, au coeur de la saison, avant de la conclure par deux victoires en Ligue des champions.
Les médias anglais ont été peu sensibles à la chose ces dernières heures. Ils ont préféré, en l'absence de Bosingwa blessé, se régaler à l'avance du duel entre Paulo Ferreira et Gareth Bale, cet après-midi. En avril dernier, quand les Spurs avaient dominé Chelsea 2-1, le Gallois avait ridiculisé le Portugais. "Je serai prêt" assure la victime. "On verra bien ce qu'il fera cette fois". "On verra bien", c'est aussi à peu près tout ce qu'Ancelotti avait à dire mercredi à Marseille. Chelsea, au pied de la montagne, mais toujours à deux points du sommet du classement, se laisse porter en croisant les doigts.
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