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Le vrai Wenger, c'était le révolutionnaire

Arsène, who ? Wenger, le révolutionnaire

Le 20/04/2018 à 14:48Mis à jour Le 20/04/2018 à 14:49

PREMIER LEAGUE - Les dernières années ont été ternies par la frustration à Arsenal. Et l'image d'Arsène Wenger en a pâti. Le manager alsacien a cependant marqué l'histoire des Gunners et de la Premier League. Un championnat qu'il a contribué à révolutionner à la fin des années 1990 et à devenir ce qu'il est aujourd'hui.

Dépassé, presque anachronique. L'image d'Arsène Wenger n'a cessé de se détériorer ces dernières années. Au fil de saisons devenues agaçantes, devant l'incapacité d'Arsenal à lutter avec les meilleures équipes du Royaume pour le titre, le coach alsacien s'est mis à dos une partie des supporters des Gunners. Logique. Même une telle relation ne pouvait endurer de telles frustrations. Mais à l'heure où son départ d'Arsenal vient d'être officialisé, il ne faut surtout pas avoir la mémoire courte. Arsène Wenger va bel et bien laisser une trace indélébile sur Arsenal et le football anglais.

Si Wenger est resté 22 années de rang à la tête de l'une des meilleures formations d'Angleterre, ce n'est pas pour rien. Surtout dans cette Premier League si concurrentielle. Avant ces dernières années plus compliquées, il a tout simplement révolutionné Arsenal et le football anglais. Oui, rien que cela. On vous parle là d'un temps que les moins de 20 ans n'ont pas pu apprécier à sa juste valeur. D'une époque où le football de Premier League était "so british". Avec ses excès, tant sur les prés qu'en dehors, qui faisaient tant son charme.

Au fil des échecs en Premier League, les "In Arsène, we trust" ont certes de moins en moins fleuri dans les tribunes de l'Emirates. Les fissures sont devenues des ruptures. Mais ce n'est de toute manière pas dans ce stade moderne - trop aseptisé - que Wenger a écrit sa légende. C'est à Highbury. Anodin ? Pas vraiment. La construction de cette nouvelle enceinte a marqué un tournant dans l'histoire de Wenger à Arsenal. L'Alsacien a dû faire des économies. Se montrer raisonnable sur le marché des transferts en attendant l'arrivée de ce bijou, apte à faire le bonheur des propriétaires du club et à remplir les caisses d'Arsenal. Dans cette quête de construire un club sain financièrement, il s'est laissé doubler par les nouveaux riches qui ont dépensé sans compter pour devenir des géants.

Thierry Henry (L-R), Patrick Vieira and Arsene Wenger are seen at the front of the bus outside the Islington Town Hall

Thierry Henry (L-R), Patrick Vieira and Arsene Wenger are seen at the front of the bus outside the Islington Town HallGetty Images

L'Alsacien a aidé la Premier League à grandir

Cette révolution menée à coups de billets l'a un peu dépassé. Avant cela, Arsène Wenger avait pourtant été à l'origine du renouveau du football anglais. Débarqué en 1996 à la tête de ce qui est devenu son club, l'Alsacien avait été accueilli par un scepticisme ambiant en Premier League. "Arsène, who ?", avait même titré l’Evening Standard à propos de cet entraîneur français qui arrivait du Japon. En quelques années, il a cependant apporté la rigueur de travail nécessaire, modernisé les infrastructures ou encore changé l'état d'esprit et le style pour faire du "Boring Arsenal" une équipe aussi séduisante que redoutable.

Cela peut paraitre d'un autre temps aujourd'hui. Mais à son arrivée, les bières pour se déshydrater et la malbouffe n'étaient ainsi pas rares dans le vestiaire d'Arsenal. Tony Adams, victime de problème d'alcoolisme, pourrait en témoigner. L'ancien entraîneur d'Arsenal a métamorphosé le tout. Et après l'hygiène de vie, il s'est attaqué au jeu. Critiqué avant son arrivée pour être trop frileux et trop direct, le style des Gunners est alors devenu une référence dans tout le Royaume et même en Europe, où il a échoué en finale de la Ligue des champions 2006. Tout comme Wenger. Sa capacité à recruter des jeunes pour en faire des stars a aussi longtemps été sa marque de fabrique. Nicolas Anelka, Thierry Henry, Patrick Vieira, Fredrik Ljungberg, Robin van Persie ou encore Cesc Fabregas peuvent ainsi le remercier. Il a longtemps eu le nez creux pour dénicher les talents européens qui ont démontré leur aptitude à s'adapter au physique jeu anglais.

Tout cela lui a déjà permis d'écrire sa légende de l'autre côté de la Manche. Mais Arsène Wenger, c'est aussi et peut-être surtout un entraîneur qui gagne. Ou qui a su gagner. Trois titres de champion d'Angleterre - dont le fameux de 2003-2004 à l'issue d'une saison sans défaite en championnat -, et sept victoires en FA Cup ! Avec lui, Arsenal est devenu un des clubs de tout premier ordre du championnat britannique et une place fort du vieux continent. Avec une belle régularité au plus haut niveau. Dans son sillage, la Premier League a continué de s'ouvrir. Alors oui, il ne faut pas avoir la mémoire courte. Wenger est un grand monsieur. Et même s'il était temps de tourner la page, Arsenal ne va pas manquer de le célébrer comme il se doit dans les prochaines semaines. Même si les dernières saisons ont été marquées par le sceau de la frustration. Car en Angleterre, on n'oublie pas le passé.

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