Lego et "coach LinkedIN" : Liam Rosenior, moqué en son pays pour ses envolées lyriques et ses méthodes à la tête de Chelsea
Eurosport sur GoogleLe scepticisme est de mise lorsqu’à 41 ans, vous prenez les rênes d’un club tel que Chelsea. Depuis sa nomination à la place d’Enzo Maresca, Liam Rosenior est scruté de toutes parts, en Angleterre, où l’on rit à dessein de son management et de ses idées, voulues novatrices. Comme si le défi sportif ne suffisait pas, l’entraîneur des Blues doit désormais éteindre quelques rumeurs…
Liam Rosenior.
Crédit: Getty Images
Dès son intronisation sur le banc de Chelsea, cet hiver, Liam Rosenior a cherché à convaincre, à asseoir sa légitimité. "Quand je suis arrivé à Strasbourg, avançait-il le 9 janvier, j’étais une blague dans les médias qui disaient que mon équipe finirait dernière. J’étais un inconnu venu d’Angleterre, et nous avons fini à trois points de la Ligue des Champions. Le bruit reste du bruit."
Le bruit, celui qui vient des sceptiques, un tantinet romancé à sa guise sur son passage en Ligue 1, n’a pas disparu au jour de son deuxième match de Premier League face à Crystal Palace (15h00). Au contraire, en Angleterre, on rit facilement des méthodes de Liam Rosenior, 41 ans, parfois qualifié de "coach Linkedin" pour ses phrases aux airs de nouvel entrepreneur, ou son management novateur.
Dernier exemple en date : le 16 janvier, le Daily Mail a provoqué un tollé en citant une interview de 2024 dans laquelle Rosenior prône les bienfaits d’une "compétition de fabrication de Lego" pour la cohésion de groupe. En précisant qu’il n’a jamais mis en place une telle méthode à Chelsea. "On a du Lego au programme, a ironisé Liam Rosenior sur le sujet en conférence de presse, cette semaine. [...] On m’a envoyé un très, très bon article là-dessus que j’ai apprécié".
Petits papiers et étiquette sur le front
Les méthodes d’entraînement de Liam Rosenior sont scrutées de toutes parts depuis son arrivée à Londres. Dans ce même article, le Daily Mail suggère que l’entraîneur laisserait ses gants aux vestiaires pour que ses applaudissements puissent être entendus de tous, que les joueurs se sentent félicités. "J’applaudirai beaucoup !", a-t-il aussi raillé, sans rancune, face au journaliste qui l’avait épinglé.
Rosenior a sa propre méthode. Le lendemain, alors que Chelsea menait d’un but face aux voisins de Brentford, l’entraîneur avait tendu un petit bout de papier à Alejandro Garnacho. À la télévision, le réalisateur s’attarde alors sur la course de l’Argentin vers son compatriote Enzo Fernandez, que l’on voit lire les consignes écrites par son coach, les sourcils froncés, avant de lui adresser un signe pour lui assurer que le message est passé. Puis de ranger le précieux manuscrit dans sa chaussette. Original.
Mercredi, nouvelle bizarrerie : Sky Sports diffuse l’image de l’un de ses adjoints, le vétéran Billy McCulloch, arborant sur son front une étiquette sur laquelle il était écrit "always connected" ("toujours connectés"). Faut-il y voir une innovation psychologique de Liam Rosenior ?
L'entraîneur des Blues a clarifié la situation après la victoire face à Paphos (1-0) : "Il y a des blagues entre nous, avec les joueurs, et Billy est une institution ici. Les joueurs l'adorent. Il est imprégné de la tradition de ce club, et je veux que mes joueurs passent de bons moments, qu'ils se détendent un peu plus. [...] Billy est quelqu'un qui les fait rire, qui leur fait apprécier ce qu'ils font." Mais alors, pourquoi "always connected" ? "Ça restera une blague entre nous", a-t-il tranché.
Un manager fait vieillir les hommes
Les rumeurs vont bon train autour de Rosenior, et les fans de football anglais ont le meme facile. De son passage à Strasbourg, on a retiré quelques extraits, anodins à l’oreille française, perçus comme "la pire chose jamais entendue" pour certains Britanniques. La citation la plus reprise est tirée d’un documentaire de la chaîne YouTube de la Ligue 1, où Rosenior s’invente étymologiste. "En anglais, le mot ‘manage’ (entraîner), si vous le séparez en deux, donne ‘man’ (homme) et ‘age’ (vieillir, ou mûrir), donc vous vieillissez les hommes." Habile.
Mais au-delà des railleries, Liam Rosenior sait se faire apprécier dans son nouvel environnement où la pression est immense. Pour sa première conférence de presse, le jeune entraîneur avait pris le temps de saluer chacun des journalistes présents dans la salle pour l’interroger. À Stamford Bridge, avant d'assister au dernier match de la période d'intérim face à Fulham, il avait longuement pris le temps de saluer les fans et de leur accorder quelques selfies, tout sourire. Que l’on aime ou pas son style, Rosenior le sait : il sera jugé sur ses résultats, s’il gagne, plutôt que sur la manière d’y parvenir.
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"Rosenior à Chelsea, c’est du foutage de gueule"
Video credit: Eurosport
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