Qualifications Coupe du monde 2026 | "Big Nick" Woltemade, l'ouverture éclair

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L'immense attaquant de Newcastle Nick Woltemade, quasi inconnu il y a un an, a envoyé l'Allemagne au Mondial en toute décontraction. Portrait du phénomène, vu comme un second choix il y a encore quelques mois et auteur de quatre buts lors de ses trois dernières sélections avec la Mannschaft.

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Video credit: Eurosport

Par David Lortholary
L'Angleterre a eu son Peter Crouch, la Roumanie son Gheorge Muresan, la Norvège son Tore André Flo, l'Allemagne aura son Nick Woltemade. Un échalas à l'improbable silhouette filiforme, un profil paradoxal, une attraction. Auteur d'un doublé décisif au Luxembourg le 14 novembre dans un match mal emmanché (2-0), puis d'une ouverture du score en forme de soulagement trois jours plus tard à Leipzig contre la Slovaquie (6-0), l'attaquant de Newcastle a sauvé l'équipe nationale allemande d'un tortueux chemin de barrages en l'envoyant directement au Mondial. De quoi, depuis les tribunes, y réfléchir à deux fois avant de moquer le montant stratosphérique de son transfert en Angleterre, aux alentours des 80 M€, l'été dernier, alors qu'il n'avait réellement éclos que quelques mois plus tôt à Stuttgart.
"Big Nick", comme on le surnomme ici ou là, aurait même pu quitter le Bade-Wurtemberg pour 100 M€, voire davantage. C'est la somme que réclamait en juillet son club du VfB Stuttgart au Bayern, qui avait manifesté son intérêt dès février, puis par l'intermédiaire de Vincent Kompany lui-même au début de l'été. En l'espace de quelques semaines, le grand attaquant de 22 ans (à l'époque), peu considéré jusque-là, était devenu indispensable chez les Souabes. Il tirait son club vers le haut, en l'occurrence la Coupe d'Allemagne, remportée en mai, débutait sa carrière internationale avec la Nationalmannschaft et marquait l'Euro des moins de 21 ans de son empreinte – pointure 46 – avec la bagatelle de six buts et trois passes décisives en cinq matches. Une seconde partie de saison monumentale, en somme, que la première laissait peu présager.

Du banc à "Woltemessi"

Mais le printemps écoulé, le prix avait flambé en même temps que les performances. Parti de Brême en 2024 pour pas un centime, Woltemade avait mis en mouvement sa carcasse de près de deux mètres. Intelligence de jeu, qualités de finition et mental de champion étaient alors apparus en pleine lumière, provoquant inévitablement l'intérêt du grand voisin bavarois. Le jeune homme sympa et tranquille du banc de touche était devenu "Woltemessi" et "GOATemade", c'est selon. Alors qu'il aurait aimé s'éloigner du brouhaha médiatique une fois la finale de l'Euro perdue (aux tirs au but contre les Anglais), tentant même de fuir, en vain, par une porte dérobée ce jour-là, Woltemade était au centre de l'attention des recruteurs du continent tout entier.
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Nick Woltemade wird den VfB Stuttgart wohl verlassen

Crédit: Getty Images

Ses débuts comme titulaire chez les Souabes dataient de fin 2024, contre Bochum (2-0). Ce jour-là, sa prestation derrière l'attaquant de pointe est tout ce qu'il y a de plus quelconque et il faut de bons yeux pour prévoir le décollage imminent. Pourtant, le jeune homme ne débarquait pas de nulle part. Dès les U15 du Werder, comme le raconte l'ancien entraîneur de l'équipe professionnelle Florian Kohfeldt au bi-hebdomadaire kicker, Woltemade "domine les autres par la taille mais se démarque surtout par ses qualités avec le ballon". À 16 ans, il s'entraîne avec les pros et, à 17 ans, goûte à son premier match avec l'équipe première, le 1er février 2020, comme titulaire sur l'aile droite. Il n'a pas encore le niveau de la Bundesliga et apparaîtra comme remplaçant dans quelques-uns des matches de fin de saison.

Excellent camarade de vestiaire

Le grand escogriffe manque encore de robustesse. Depuis, il a progressé dos au but, dans le pressing et dans l'aspect défensif en général. Mais déjà à l'époque, Kohfeldt croit en lui, en son potentiel, et lui offre du temps de jeu avec conviction. "Ce qu'il savait faire avec le ballon était déjà exceptionnel", se souvient-il. "Tout le reste, il pouvait l'acquérir." Ça tombe bien : Woltemade est du genre bosseur depuis toujours. Pas de ceux qui se reposent sur leur talent pur. Combinées à un caractère extrêmement positif, ces qualités ont fait du grand blond, aussi bien à Brême qu'à Stuttgart, un excellent camarade de vestiaire, apprécié, reconnu et respecté, indépendamment de son statut dans l'équipe.
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À l'aise avec le ballon, Woltemade laisse à ses entraîneurs le choix du poste auquel le positionner, qu'il occupe alors avec la même envie et la même dévotion. À Stuttgart, il pouvait être indifféremment milieu offensif axial ou attaquant. "Son professionnalisme est total", jugeait son directeur sportif la saison passée, "il est toujours à 100% à l'entraînement, sait être patient et s'engage à fond quand on lui donne sa chance". Pourquoi, dès lors, ne pas l'avoir inscrit en Ligue des champions ? Rétrospectivement, les responsables du VfB ont commis là une erreur gigantesque, vécue comme une humiliation par l'intéressé même s'il ne s'en est pas ouvert publiquement. Un point de discorde qui a très certainement alimenté le refus de Woltemade de prolonger son contrat à Stuttgart.

La Sarre comme déclencheur

Une forme de gâchis, qui rappelle dans une certaine mesure celui de Brême. Né dans la célèbre cité hanséatique, dont il a la fameuse clef tatouée sur le bras, "Big Nick" y découvre certes la Bundesliga mais ses dirigeants n'exploitent son plein potentiel ni sportif, ni financier. Ils songent même à le prêter. Le garçon est souvent remplaçant et son positionnement, trop loin du but, n'offre guère de rendement. Direction donc Elversberg, dans la Sarre, qui vient de monter en 3e division en 2022 et dont les dirigeants s'intéressaient au futur international depuis un an déjà. Le seul autre club, à l'époque, à lorgner Woltemade était Oldenburg, qui évoluait au même étage. L'épisode sarrois sera décisif pour le décollage de la carrière du garçon, qui emmène le club en 2e division et emporte l'adhésion de tous, terminant la saison meilleur joueur du championnat. Toutes ses qualités humaines d'engagement, d'enthousiasme et de bienveillance s'expriment déjà et son entraîneur, un certain Horst Steffen, parti à Brême depuis, est conquis.
Près de la frontière française, Woltemade, arrivé au dernier moment, met quelques semaines à s'acclimater puis devient la locomotive de l'équipe. Un futur refrain : rebelote à Stuttgart, deux ans plus tard, où son cheminement s'accélère brutalement à partir de la 11e journée. Le VfB est cerné par les blessures, le grand blond saisit sa chance et la fusée décolle. Le déficit de rendement que l'attaquant avait à Brême est comblé, après quelques tâtonnements, avec une certaine malice tactique par Sebastian Hoeness. De deux petits buts en 51 matches avec le SVW, qui n'a pas su négocier à temps pour le conserver, Woltemade passe à un but tous les deux matches dans le Bade-Wurtemberg. Il renverse des parties à lui tout seul, enfile but sur but et empile les passes décisives. Les retours de blessure n'y changent rien : "Big Nick" est désormais incontournable.

Le gâchis brêmois

Les Brêmois, évidemment, s'en mordent les doigts. Un après avoir laissé filer le phénomène gratuitement, ils observent celui-ci s'envoler pour l'Angleterre moyennant une somme gigantesque. "Nous lui avons fait une très, très belle offre", tente de se justifier l'entraîneur du Werder, Ole Werner, après coup. "Nous l'aurions bien conservé, nous avons tout fait pour, mais nous n'y sommes pas parvenus", grince de son côté le directeur sportif Clemens Fritz. Qui, s'il avait su le vendre, aurait réglé les soucis de budget du club pour un bon moment... Stuttgart, lui, a su monnayer sa pépite, même si son entraîneur avait fait du maintien de sa star dans l'effectif la condition à sa propre prolongation de contrat – et a dû avaler la couleuvre de son départ.
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Tout le monde l'attendait à Munich, du moins lui-même avait-il annoncé vouloir y poursuivre sa carrière, avant de surprendre tout le monde et de filer en Angleterre. Le Bayern lui aurait permis de quadrupler son salaire mais n'était pas prêt à aligner la somme exigée par le voisin souabe. Le début de saison record du champion d'Allemagne a sans doute dissipé tout regret d'avoir manqué le transfert, tandis que de l'autre côté de la Manche, Woltemade est en train de prouver une fois encore, après Elversberg et Stuttgart, qu'il a su faire le bon choix. Son équipe nationale, tout particulièrement depuis les deux derniers matches qualificatifs pour le Mondial, l'en remercie elle aussi... Et ce n'est qu'un début.
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