Mais où est le 12e homme?

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Face à Chypre mercredi, les Bleus auront besoin du fameux 12e homme pour les soutenir et les pousser à marquer des buts. Mais le public du Stade de France n'a pas la réputation d'être un modèle du genre. La faute à l'enceinte elle-même et à l'absence d'en

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Crédit: Eurosport

"Un public costume-cravate". Les mots de Didier Deschamps résonnent encore aux oreilles du public du Stade de France. C'était pendant la Coupe du monde 1998 et le capitaine tricolore regrettait de jouer devant près de 80 000 personnes "qui applaudissent à un spectacle plus qu"ils ne soutiennent leur équipe" . L'appel avait été entendu puisque même Jacques Chirac avait revêtu son maillot frappé du coq et floqué du numéro 23 lors de la finale face au Brésil. Mais sept ans après, et à la veille du match décisif face à Chypre, le Stade de France garde l'image d'un public frileux et pas forcément celui de supporter.
La première raison de cette réputation découle directement de la conception de l'enceinte. Les gradins sont éloignés du terrain, et même si les tribunes avancent en configuration football, il est difficile pour les joueurs de se sentir portés par le fameux douzième homme. Raymond Domenech soulignait le problème à la veille du match à Lens contre les Iles Féroé en septembre. "Au Stade de France, quand je me retourne pour jeter un coup d'oeil dans les gradins, il me faut des jumelles pour apercevoir les spectateurs" . Claude Makelele s'était même permis une petite pique. "Un très bon public, ça va nous changer".
Au SDF comme à Grévin
L'autre problème se trouve dans le faible engouement pour la sélection nationale. Malgré une Coupe du monde et un championnat d'Europe au passage, les supporters français se définissent avant tout - et toujours - par un club. Ils ont du mal à se retrouver sous le même... maillot. On pourrait même aller jusqu'à dire que les "visiteurs" du Stade de France sont là, comme au musée Grévin, pour revoir les anciennes gloires de 1998 et 2000. On vient pour les Zidane, les Thuram et les Barthez, pas forcément pour supporter les Bleus. Dans l'Hexagone, on est encore très loin des vagues oranges qui déferlent sur l'Europe et le monde pour suivre les Pays-Bas.
Alors, quel sera le rôle du public à Saint Denis, qui plus est au complet puisque tous les billets ont trouvé preneur? Très exigeant avec ses champions, pardonnera t-il le fait que les Bleus n'y ont pas encore gagné sous l'ère Domenech pour être à 100% derrière eux? Patrick Vieira espère surtout qu'il sera patient. "On risque de se créer des occasions, mais peut-être de ne pas marquer tout au début. On peut se crisper et le public siffler un peu" . Le milieu turinois appelle pourtant à un soutien indéfectible. "On a besoin de notre public, les supporteurs connaissent l'importance de cette rencontre".
La "Fédé" met la main à la poche
Quant au sélectionneur, il ne demande pas à se croire à Felix-Bollaert. Il veut juste "la même ambiance pour nous que celle que les Suisses ont eue samedi". Cela devrait être possible grâce à la Fédération qui équipera gratuitement 45 000 personnes de drapeaux, d'écharpes ou de ballons bleu-blanc-rouge pour l'occasion. Elle distribuera aussi 15 000 écharpes bleu-blanc-rouge ainsi que plusieurs dizaines de milliers de drapeaux en papier dans la tribune nord. Quant aux tribunes d'angle, elles se verront remettre 5 000 drapeaux en tissu. C'est malheureusement le prix à payer pour que l'ambiance existe au SDF.
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