Froid glacial, terrain miné et tribunes volcaniques : l'Italie face au piège Bilino-Polje, la forteresse de Bosnie-Herzégovine
Eurosport sur GoogleL'Italie n'est plus qu'à un pas de retrouver la Coupe du monde, douze ans après. Mais il faudra, pour cela, dompter le volcanique stade Bilino-Polje de Zenica, où la Squadra Azzura affrontera la Bosnie-Herzégovine, mardi soir (20h45). Un terrain miné, encore recouvert de neige il y a quelques jours, qu'encercleront des tribunes chauffées à blanc, malgré une sanction récente de la FIFA.
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Plantons le décor. Quatre tribunes, deux sans toit. 12.500 places, dont 8.600 seulement seront occupées, mardi soir, quand les Italiens pénétreront l'enceinte de Bilino-Polje, à Zenica, en Bosnie-Herzégovine. C'est par un froid presque glacial – entre 0 et 3 degrés, prévoit-on – que la Squadra Azzura va jouer son destin, entre les tours désuètes héritées de l'ère communiste yougoslave et le relief montagneux qui encercle la quatrième ville du pays.
Petit stade, mais drôlement coriace. Un volcan, annonce-t-on. Le Bilino-Polje, où réside le NK Celik quand la sélection nationale ne l'investit pas, fait office de forteresse pour les Bosniens, qui vont crânement tenter de rejoindre le Mondial pour la deuxième fois depuis que le pays a été reconnu par la FIFA, en 1996. Date à laquelle l'Italie comptait trois Coupes du monde dans son armoire à trophées. C'est dire le précipice qui sépare les deux nations qui, pourtant, traversent le même désert : aucune participation au Mondial depuis 2014.
800 tifosi à Zenica
La première étape franchie par l'Italie vers sa rédemption, à Bergame, face à l'Irlande du Nord (2-0), était sans aucun doute la moins ardue des deux. Celle qui vient, la dernière marche avant la Coupe du monde, s'annonce plus que piégeuse. À de multiples égards. Dimanche, déjà, la sélection italienne a dû retarder son départ vers Zenica au lundi après-midi, alors que la neige recouvrait le terrain du stade. Trop embêtant pour s'y déplacer en amont.
Ils ne seront pas déçus à leur arrivée, même différée. Le pré, encore recouvert de neige quelques jours avant la rencontre, reste "rafistolé", dixit La Gazzetta dello Sport, qui pointait lundi que le "terrain a été remis en état, mais n’est pas uniforme : on distingue partout des zones de couleur plus sombre". Alléchant. Mais là n'est pas le principal souci.
Ce sont plutôt ces trois tribunes où il n'y aura aucun des 800 tifosi qu'il faut craindre. Ces trois travées qui maudiront de leurs sifflets chacun des ballons en possession des Italiens. Et les immeubles alentours pourraient s'y mettre, puisque selon la Gazzetta, quelques voisins ont loué leurs balcons aux resquilleurs privés de billets. Seul répit pour les Azzuri : la capacité du stade, évaluée autour de 13.600 places, a été réduite sur décision de la FIFA, qui a sanctionné la Bosnie-Herzégovine à la suite de la réception de la Roumanie (victoire 3-1 des locaux) en novembre 2025. Motifs : "comportement incorrect", "discrimination", "racisme" et "perturbations pendant les hymnes nationaux".
Un stade invincible dix ans durant
Nombreuses sont les équipes à avoir tenté de percer la muraille Zenica, par le passé, et presque autant sont celles ayant lamentablement échoué. La première à avoir essayé était la Fiorentina, tiens tiens, qui s'était inclinée 1-0, un jour de 1972, face au NK Celik. Mêmes causes, mêmes effets pour la sélection : de 1995 à 2006, aucune des quinze équipes venues jouer au Bilino-Polje ne s'y est imposée. L'an passé encore, les Pays-Bas s'y étaient pris les pieds dans le tapis (1-1).
Ça promet, alors que la satisfaction non retenue de Federico Dimarco, à la découverte de l'adversaire qu'il affronterait en finale de barrages, a enflammé les débats ces derniers jours. Le latéral intériste avait serré le poing devant la victoire de la Bosnie-Herzégovine face au pays de Galles, en demi-finales (1-1, 4-2 t.a.b).
Bon nombre de supporters bosniens se sont insurgés devant cette réaction, pointant "l'arrogance" d'un tel geste, et promettant de mener la vie dure aux Italiens en finale de barrages. L'ex-international Miralem Pjanic, passé, entre autres, par la Juventus, avait déclaré à la Gazzetta : "La joie de Dimarco et des autres ? Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi. Ils devront bien appréhender ce match dans une ambiance infernale. Il faudra de la personnalité pour repartir de Zenica avec une victoire."
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