Qualifications Coupe du monde - Avec Gattuso, l'Italie se prend à espérer voir le charme opérer
Par Yohann Le Coz
Publié 08/09/2025 à 19:40 GMT+2
Gennaro Gattuso a dirigé vendredi son premier match avec l'Italie contre l'Estonie, en qualifications pour la Coupe du monde 2026. Une rencontre soldée par un succès 5-0 qui a redonné des couleurs à une Squadra Azzurra pas vraiment en odeur de sainteté en son propre pays. Mais avec son nouveau sélectionneur, le pays se prend à espérer. D'abord, il faudra gagner contre Israël lundi.
Gennaro Gattuso tape dans la main de Raspadori pendant le match Italie Estonie, comptant pour les qualifications pour la Coupe du monde 2026.
Crédit: Getty Images
"Notre histoire montre que nous n'avons pas beaucoup remporté de matches avec beaucoup de buts. (...) Nous ne pouvons pas penser à ce match avec l'objectif de marquer le plus de buts possible". Gennaro Gattuso, bien qu’il fût "remonté comme un coucou" pour sa prise de poste en tant que sélectionneur de l’Italie, a voulu faire preuve de modestie pour aborder son premier match contre l’Estonie vendredi, une rencontre d'éliminatoires pour la Coupe du monde.
Qu’elle ait été feinte ou sincère, elle a été récompensée par un résultat éclatant. Ses joueurs l’ont emporté 5-0 et surtout ont convaincu en Italie, là où l’opinion concernant la sélection s’est fait de plus en plus aiguisée, au fil des échecs en qualifications pour les Coupes du monde 2018 et 2022.
Un champion du monde de 2006 qui reprend la sélection et s’impose sur un score fleuve pour son premier match ? Il n’en fallait pas plus pour nourrir quelques passions. La presse italienne, bien que prudente en raison du niveau limité du premier adversaire croisé par les hommes de Gattuso - l’Estonie est 126e au classement Fifa - a quand même apprécié. La Gazzetta dello Sport s’est d’ailleurs amusée à le comparer à Marcelo Lippi. Le chef d’orchestre qui avait mené les Transalpins au sommet du monde en 2006, avec Gattuso sous ses ordres.
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L'entraîneur de l'équipe nationale italienne Marcello Lippi (à gauche) observe Gennaro Gattuso à l'entraînement à Duisburg, le 13 juin 2005, pendant la Coupe du monde 2006.
Crédit: Getty Images
Il y a un peu de Marcelo Lippi chez Gattuso
"‘Ringhio’ me ressemble beaucoup, espérons qu’il aura autant de chance que moi", a d’ailleurs réagi Lippi, qui s’est réjoui de voir son Italie afficher un beau visage. Effectivement, les deux hommes sont d’anciens joueurs qui ont gardé l’amour du jeu, qui ne peuvent s’empêcher de tripoter un peu le cuir en séance, qui n’hésitent pas à empoigner virilement leurs joueurs pour leur toucher deux mots et qui s’agitent comme des dingues pour faire passer leurs consignes.
Tactiquement, les deux entraîneurs s’entendent aussi sur un onze avec deux attaquants de pointe. La doublette Moise Keane / Mateo Retegui a très bien fonctionné ensemble contre l'Estonie, avec un but pour le premier et deux pour le second. Ils se sont cherchés. Et trouvés, puisque Retegui a délivré une passe décisive à Kean pour ouvrir le score un peu avant l’heure de jeu, ouvrant ainsi la vanne à buts.
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Matteo Retegui contre l'Estonie
Crédit: Getty Images
Quand le niveau monte, il faut équilibrer les choses
Le plan très offensif proposé par Gattuso, avec deux ailiers qui ont évolué très haut (Politano, Zaccagni) en plus de la double pointe, a séduit de l’autre côté des Alpes. Même si la presse anticipe une volonté offensive plus mesurée contre Israël, qui devrait offrir une opposition un peu plus solide. D’ailleurs, l’ancien entraîneur de l’OM a relevé quelques déséquilibres malgré le festival : "Ils ont réalisé quelques contre-attaques et nous avons concédé une certaine parité numérique en défense. (...) Quand le niveau monte, il faudra équilibrer les choses."
De toute façon, il n’y a pas le choix. Avec une gifle reçue dans la première journée des qualifications pour la Coupe du monde contre la Norvège - qui a coûté sa place à Luciano Spalletti - la victoire est obligatoire. D’autant plus qu’Israël, qui a un match d’avance sur l’Italie, occupe actuellement la deuxième place du groupe I, synonyme de qualification pour les barrages. Et autre chose qu’un billet pour les Etats-Unis serait vécu comme une catastrophe. Pour l’Italie, pour Gattuso et pour son capitaine, Gianluigi Donnarumma, qui ambitionne de "ramener l'Italie où elle mérite d'être, pour les Italiens qui ont beaucoup souffert".
Gattuso est-il l’homme de la situation ? Le nouveau gardien de Manchester City veut le croire. "Je connais l'homme, je sais ce qu'il peut apporter", a-t-il lâché, lui qui l’a connu du côté de l’AC Milan. "Une chose est sûre, je n'ai pas peur", a rassuré Gattuso. Il est vrai que remporter une finale de Coupe du monde avec le maillot de la Squadra Azzurra et entraîner l’OM sont des expériences qui vous épaississent le cuir.
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