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Ils refont le match
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Publié 06/09/2006 à 11:00 GMT+2
S'ils ne veulent pas parler de revanche, les Bleus n'ont toujours pas digéré leur défaite en finale de la Coupe du monde face à l'Italie. La plupart d'entre eux estime que la France aurait dû gagner. Et, s'ils regrettent l'absence de Materazzi, ils prévie
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Deux mois à peine après la finale de Berlin, la France croise à nouveau le chemin de l'Italie. Un hasard du calendrier qui offrira un très attendu remake, mais certainement pas une revanche, martèlent les Bleus depuis une semaine. "Je ne crois pas que l'on puisse effacer une telle défaite. Mais bon, cette finale est perdue, elle fait partie du passé, et là, c'est un match des éliminatoires à l'Euro 2008 qui nous attend, explique Lilian Thuram. Peut-être que pour les spectateurs ce match sonne comme une revanche, mais si l'équipe de France gagne mercredi, ce n'est pas pour autant qu'elle aura la Coupe du monde. Donc c'est vraiment quelque chose de tout à fait différent". Thierry Henry tient le même discours : "En boxe, il y a des revanches car tu remets la ceinture en jeu mais là, si on bat les Italiens, on n'aura pas la Coupe au bout".
Mais, en grattant un peu, on voit bien que les plaies n'ont pas encore cicatrisé. Les larmes de Thuram n'ont pas encore eu le temps de sécher. Rares sont ceux comme Franck Ribéry à avoir voulu revoir les images. "Je les ai même revus plusieurs fois. Il y a des images qui restent, que ce soit dans les vestiaires ou lors des matches. Quand on est allé sur le podium pour récupérer la médaille, ça nous a touchés. Quand je vois les matches que l'on a fait contre l'Espagne, le Portugal ou le Brésil pour que ça se termine comme ça, c'est sûr que ça fait bizarre", avoue le Marseillais. "Nous sommes restés pour applaudir les Italiens soulever le trophée et le public allemand les avait sifflés. J'avais trouvé cela peu fair-play et très dommage pour le football, quelles que soient les raisons de ces sifflets", se souvient aussi Henry.
Thuram : "On aurait dû gagner"
Mais, selon Thierry Henry, la défaite a été plus facilement acceptée par les anciens, notamment ceux qui étaient déjà présents lors de l'Euro 2000 (Henry, Vieira, Thuram et Wiltord). "Le fait d'avoir perdu des finales avant et d'en avoir gagné aide pas mal à accepter. Maintenant, pour ceux pour qui c'était la première finale, il n'y a que du contre et cela doit être plus difficile à digérer" , explique celui qui avait déjà vu la victoire lui échapper en finale de la Ligue des Champions face à Barcelone en mai dernier. Mais le Gunner concède toutefois que les Tricolores "n'en parlent pas trop entre (eux), c'est presque un sujet tabou". Car, si le souvenir est si douloureux, c'est surtout la manière qui a du mal à passer.
Il y a également ceux, comme Louis Saha, qui n'ont pas pu vivre ce grand rendez-vous sur la pelouse du Stade olympique de Berlin. "C'est toujours une grosse déception. Une double déception. D'abord parce que je n'ai pas joué la finale puis, collectivement, parce qu'on méritait de la gagner", avoue aujourd'hui le Mancunien, suspendu pour la finale et toujours chambré par ses partenaires de MU depuis son retour d'Allemagne. "C'est difficile ne pas être sur la feuille de match. De ce côté, j'ai un peu loupé ma Coupe du monde. Je l'ai digéré car c'est plus facile quand derrière soi on a un groupe qui rigole", poursuit-il.
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Zinédine Zidane en 2006, après son expulsion en finale contre l'Italie
Crédit: Allsport
Le souvenir de l'Euro 2000
Depuis deux mois, le scénario de la finale repasse en boucle dans la tête des Français. Et si Zidane n'avait pas été expulsé ? Et si les Bleus s'étaient imposés avant les penalties ? Ce final est encore frais dans les esprits. "A la fin de tous les matches, il faut désigner des tireurs. C'est Pierre Mankowski qui a demandé aux joueurs mais certains voulaient déjà le tirer. Moi, j'étais volontaire depuis le début de compétition. Je voulais tirer, raconte Eric Abidal. Tout le monde se souvenait de mon raté en Ligue des Champions face au PSV. Personnellement, je pense qu'il n'était pas très bien tiré mais bon...". Mais, sans cette séance de tirs au but et ce penalty manqué par Trezeguet, pratiquement tous sont persuadés que le scénario aurait été différent. "Le sentiment qui domine... c'est que cette finale, on aurait dû la gagner" , affirme Thuram.
Tous partagent ce sentiment que ça n'est pas forcement l'équipe la meilleure équipe qui a soulevé le trophée. William Gallas n'hésite à parler '"erreur de l'histoire". Thuram, lui, est plus mesuré : "C'est vrai que sur le terrain l'équipe de France a été plus performante. Pendant la prolongation, nous avions la mainmise sur le match et, malheureusement, nous ne sommes pas parvenus à marquer ce but qui nous aurait donné un avantage définitif je pense". Pour l'ancien Turinois, "les Italiens savent qu'ils auraient eu du mal à gagner sans la série de tirs au but. Mais comme ils me le rappellent aussi, on a gagné un championnat d'Europe (en 2000) en égalisant à la dernière minute. Eux aussi à ce moment-là méritaient la victoire. Quelque part, sur cette Coupe du monde, le scénario a été un peu le même, mais en notre défaveur cette fois".
Abidal : "J'aurais aimé retrouver Materazzi"
Comme tous les Français, les joueurs de l'équipe de France ont aussi en mémoire le violent coup de tête de Zinédine Zidane. "J'étais triste pour Zizou, de l'avoir vu prendre sa retraite comme ça après les matches qu'il a fait. Il a ses raisons pour avoir fait ça, il a assumé, se rappelle Ribéry. Il a dit qu'il ne regrettait pas ce qu'il a fait, et moi, je suis tout à fait d'accord avec lui. Mais c'est vrai que ça m'a touché de le voir comme ça parce que, à mes yeux, c'est un grand". Certains regrettent toutefois l'absence de Marco Materazzi, suspendu deux matches pour sa provocation. Eric Abidal flirte même avec la ligne rouge : "Ce sont toujours les mêmes joueurs... même j'aurais aimé retrouver Materazzi mais ça n'est pas grave. Je n'ai rien à lui dire mais on voulait que Zizou termine sa carrière sur une bonne note et il a un peu été l'élément perturbateur donc... Ce sera à nous de le provoquer un jour où il sera là".
Quoi qu'ils en disent, si Materazzi, Zidane et Trezeguet ne seront plus là, les deux équipes attendent donc ces retrouvailles avec impatience. "Je sais qu'ils attendent ce match avec impatience afin de montrer qu'ils sont bien les meilleurs du monde, dévoile Thuram qui loge au même hôtel que Zambrotta à Barcelone. Mais la Coupe du monde n'a pas prouvé que la France et L'Italie étaient les deux meilleures équipes du monde, la meilleure restant pour moi le Brésil. Cela correspond à un moment précis. Cela ne veut même pas dire que l'Italie était la meilleure équipe du tournoi" . Mais, pour Domenech, c'est l'équipe "qui aura le mieux évacué la finale s'en sortira le mieux".
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