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Löw force le respect
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Publié 14/10/2007 à 12:00 GMT+2
Loin de faire l'unanimité à son arrivée, Joachim Löw a convaincu en qualifiant facilement l'Allemagne pour l'Euro 2008. Le sélectionneur de la Nationalmannschaft, surnommé "Jogi", a su imposer ses méthodes au sein d'une équipe qui a confirmé les promesses
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En un peu plus d'un an, Jogi est devenu "LA" star de la sélection, plus que Michael Ballack, Miroslav Klose ou encore Lukas Podolski et Bastian Schweinsteiger, pourtant très populaires chez les ados et midinettes. Contre l'Eire (0-0), l'Allemagne a disputé son sixième match consécutif sans Ballack, son meneur-vedette, ce qui ne l'a pas empêché d'empocher son billet pour l'Euro-2008 et de rester invaincue. Löw est même selon les statistiques le meilleur sélectionneur allemand de l'histoire avec un taux de réussite de 85%: 12 victoires en 14 matches avant le nul de samedi soir à Dublin. L'époque où les dirigeants du Bayern Munich se gaussaient ouvertement de son manque d'expérience internationale, est bien révolue.
L'ancien joueur de D2, jamais retenu en équipe nationale, dépare dans le monde du football avec son allure de dandy, son calme et son intérêt pour le yoga. Mais dans l'intimité de l'équipe nationale, Löw, dont la carrière d'entraîneur l'a entre autres mené en Autriche et en Turquie, inspire le respect par ses choix tactiques et sa complicité avec les joueurs. Durant le Mondial-2006, Klinsmann ne cache même plus que Löw est plus que son adjoint et l'adoube, avant même d'annoncer qu'il ne souhaitait plus continuer l'aventure.
Si quelques esprits chagrins ont contesté sa nomination le 12 juillet 2006 ("la 3e meilleure solution après Klinsmann et Christoph Daum", aujourd'hui en poste à Cologne en D2, selon un grand quotidien), les doutes sont vite balayés par le début de la campagne européenne avec trois victoires et un nul (devant Chypre 1-1, seul faux-pas en matches de qualification). "Il a fait de cette équipe l'incarnation de la confiance en soi, du plaisir de jouer et du beau jeu", résume Oliver Bierhoff, le manageur général de la sélection. Pourtant, Löw n'a pas été épargné par les blessures touchant des cadres de l'équipe (Ballack, Frings, Borowski, Podolski, Mertesacker, Lahm) et a dû improviser plus d'une fois.
Caractère
Sauf que dans cette Nationalmannschaft, où la préparation physique est assurée par des spécialistes américains et où les joueurs reçoivent des DVD avec des programmes de préparation physique personnalisés, rien n'est laissé au hasard. "Je veux des joueurs de caractère qui veulent surtout apprendre et progresser", résume le technicien qui a lancé dans le grand bain international 12 joueurs. Sous ses ordres, l'Allemagne est devenue une redoutable machine à gagner et surtout une entité où les joueurs aiment se retrouver:
C'est là que Podolski, relégué sur le banc des remplaçants au Bayern, a retrouvé sa confiance ou que Klose, malgré une méforme évidente au printemps, a oublié ses soucis de cette époque. Si son équipe a dominé le groupe D, Löw martèle aussi qu'elle "ne compte pas encore parmi les grandes d'Europe": "Il nous faut encore travailler", prévient celui qui, dès sa nomination, avait annoncé qu'il voulait remporter l'Euro-2008. Qu'il conduise l'Allemagne au titre européen l'été prochain, ou non, son avenir ne fait aucun doute. "Il doit être aux commandes de l'équipe pour le Mondial-2010", assure Franz Beckenbauer, tandis que Ottmar Hitzfeld, l'entraîneur du Bayern, espère qu'il "restera à ce poste pendant dix ans encore".
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