Jeudi au Stade de France, Steve Mandanda honorera sa 31e sélection avec les Bleus. Comme Alex Thépot et Bruno Martini, glorieux anciens de maison tricolore. Le Marseillais entrera dans le top 7 des portiers les plus capés de l'équipe de France, après onze années en clair-obscur qui l'ont vu passer de numéro 1 déchu à numéro 2 apaisé, en passant par la case numéro 2 désabusé. Aujourd'hui, Mandanda, excellent depuis le début de saison avec l'Olympique de Marseille, vit sa situation au mieux et prend ce qu'il y à prendre, avec gourmandise.

Numéro 1 lors du dernier rassemblement, après la luxation du coude dont a été victime Hugo Lloris il y a plus d'un mois, Steve Mandanda va enchaîner dans ce rôle face à la Moldavie avec, cerise sur le gâteau, la possibilité de vivre la qualification pour l'Euro du terrain. Ce sera(it) une première. A 34 ans bien tassés.

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Pour le capitaine de l'Olympique de Marseille, cela ne change pas grand-chose. Sage parmi les sages, Mandanda connait son rôle, qui a toujours été défini avec la plus grande des clartés par Didier Deschamps et l'ensemble de son staff. Son numéro 1, il sait qu'il est conjoncturel. "Ça fait des années que je suis là, que je fais ça. C'est sûr que je suis titulaire pour les prochains matches mais dans mon esprit, c'est toujours la même chose, il faut être performant, au service du collectif et que l'équipe gagne", a-t-il confié devant la presse, mardi.

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Ne ressent-il pas une pointe de regret, tout de même, lorsqu'il se retourne sur son parcours et une décennie passée dans l'ombre du capitaine des Bleus, Hugo Lloris ? "Je suis le plus ancien, je crois. Cela fait pas mal d'années que je suis dans ce groupe. Entre les convocations et les sélections, c'est vrai qu'il y a pas mal d'écart, mais c'est mon rôle, je sais que je suis numéro 2, j'essaie de répondre présent quand on fait appel à moi, et je le vis très bien. Je n'ai pas plus de pression car j'ai plus d'expérience et d'années ici. C'est même encore moins de pression car, même si Hugo n'est pas là, c'est notre capitaine et peu importe les performances que je peux faire, on sait tous qu'il retrouvera sa place."

Un garçon qui impose le respect

Résigné, Steve ? Pas le moins du monde. "Il n'y a pas de résignation, assure Franck Raviot, entraîneur des gardiens de l'équipe de France. Steve est un compétiteur hors normes, mais il sait que les choses sont très claires, déterminées et définies, ça ne l'empêche pas d'être ambitieux et de donner le meilleur de lui-même dans l'intérêt du groupe."

Hugo Lloris - Steve Mandanda, Steve Mandanda - Hugo Lloris : Franck Raviot connait cette doublette par cœur. Il connait les hommes, aussi. Et sait que leur relation est saine et empreinte de la plus grande considération. "Ils se respectent profondément et ont une estime réciproque", précise Franck Raviot, qui n'a pas été surpris du retour en grâce de Mandanda, alors que ce dernier n'avait pas été retenu pour les rassemblements de juin et de septembre.

Pour Raviot, on a été "irrespectueux" avec Mandanda

"Il s'est remis lui-même (sur les rails). Ce qu'il a mis en place lors de la trêve estivale, c'est une fois de plus la marque d'une grande valeur, intellectuelle et humaine. C'est aussi le témoignage que Steve est un grand compétiteur. Il a été dit beaucoup de choses à son égard, il a même été jeté aux orties. J'ai trouvé ça extrêmement déplacé et irrespectueux car c'est un garçon qui impose le respect, défend Raviot. Steve, c'est un historique avec plus de 130 convocations en équipe de France. Il a redonné un élan à sa carrière alors qu'il était moins performant. C'est tout à son honneur".

D'autres auraient jeté l'éponge. Pas lui. En tout cas, cela ne lui a pas traversé l'esprit une seule seconde. "A aucun moment, j'ai pensé à arrêter l'équipe de France, c'est un plaisir, un honneur de porter ce maillot, de faire partie de ce groupe. Être sportif de haut niveau, c'est être un homme avant tout, il y a des passages compliqués, il faut être fort mentalement, savoir se remettre en question quotidiennement, et c'est ce qui me permet d'être là aujourd'hui. Si j'ai douté ? Forcément, on doute toujours. J'avais dans ma tête cet objectif de revenir, de me donner tous les moyens pour être convoqué. Les critiques, aujourd'hui cela fait partie du jeu, il faut savoir les accepter comme on accepte les éloges, c'est comme ça." Aujourd'hui, Mandanda sait pourquoi il est revenu.

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