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AS Roma - AC Milan, le temps de la reconquête
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Publié 21/12/2012 à 19:31 GMT+1
Après une entame de saison compliquée, la Roma et Milan, qui s'affrontent samedi soir (20h45), ont repris leur marche en avant. Explications.
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Le choc de la 18e journée oppose samedi soir les deux grandes déceptions du début de saison en Serie A. La Roma a misé sur des jeunes joueurs, a grandement renouvelé son effectif et a recruté un entraîneur très exigeant. Le début de saison compliqué s'explique donc très facilement. Même son de cloche à Milan suite au départ l'été dernier des meilleures individualités. Depuis quelques journées, les deux clubs remontent la pente, mais le retard pris en début de saison paraît difficile à combler, d'autant que l'équilibre reste fragile.
Roma – Suivre Zeman ou mourir
Zdenek Zeman. Un entraîneur particulier. Avec lui, les joueurs doivent s'adapter car lui reste fidèle à ses principes. La méthode Zeman n'a pas changé en vingt-cinq années et ce n'est pas à 65 ans qu'il changera d'avis sur comment le football doit être joué et enseigné. Ce n'est pas un homme dur mais ses méthodes le sont. Il ne pousse pas de gueulante, ne secoue personne dans le vestiaire et s'énerve rarement. En tout cas, pas physiquement, puisqu'il a toujours su lancer ses rares attaques en restant calme, décontracté et placide. Il n'est pas du genre à s'agiter pour un rien et passe l'essentiel des matches sur son banc.
Zeman est exigeant. Ses méthodes d'entraînement sont très dures pour les joueurs. Beaucoup ne supportent pas la charge physique que Zeman et son staff leur infligent. C'est pourquoi le technicien aime tant travailler avec des jeunes qui ont tout à prouver et qui sont motivés pour se révéler aux yeux du grand public. C'est aussi pourquoi cela coince parfois avec des sénateurs, pas vraiment enclins à s'infliger de lourdes séances à l'entraînement.
Quand les dirigeants ont nommé Zeman, ils ont pris un vrai risque car, pour que l'expérience marche, il faut que tous les joueurs adhèrent au discours et aux méthodes de l'entraîneur. Et cela prend du temps. D'où un début de saison compliqué, avec en prime, le besoin de digérer la préparation physique très violente. Et c'est aussi une question de volonté. Quand on voit Francesco Totti courir aux quatre coins du terrain, multiplier les appels, lâcher vite le ballon, faire jouer les autres, on se dit que la méthode Zeman convient bien à un "vieux" de 36 ans, qui a simplement décidé de se mettre au service de son entraîneur pour le bien du club. Et tous n'ont pas eu cette même volonté dès le départ.
Aujourd'hui, certains journalistes expliquent que les choses se sont améliorées après des face-à-face entre les joueurs, les dirigeants et l'entraîneur mais c'est en vérité bien plus simple : tous les joueurs ont décidé d'écouter Zeman et de faire sur le terrain ce que leur demande leur entraîneur chaque jour à l'entraînement. Après le match contre Palerme, Totti avait lâché quelques mots confirmant que tous les joueurs ne faisaient pas les bons efforts "L’équipe ne fait pas ce que nous demande notre entraîneur. On ne réalise que 50% de ses idées. Faisons d’abord ce que nous demande Zeman et ensuite on sortira de cette mauvaise passe". Comme le disait encore récemment Claudio Ranieri, qui a passé quelques mois à la Roma, "Totti parle peu mais quand il prend la parole, tout le monde l'écoute". Ses coéquipiers l'ont écouté.
Zeman s'est aussi quelque peu adapté. Les séances défensives sont plus régulières à l'entraînement afin de donner confiance à l'arrière-garde romaine, et l'entraîneur concède des demi-journées de repos aux joueurs en annulant de temps en temps la double séance quotidienne, pour une simple séance matinale. Histoire de prévenir tout énervement de certains éléments du groupe qui ont du mal avec la rudesse des entraînements. Il a aussi décidé de trouver un nouveau poste à Miralem Pjanic, un peu mis au placard au début de saison, malgré une superbe première année à la Roma. Comme Zeman ne souhaitait pas le mettre dans le milieu à trois, côté gauche, car lui et Totti se marchaient un peu sur les pieds et les deux laissaient des espaces dans leurs dos, Zeman a décidé de positionner Pjanic ailier droit, en l'absence sur blessure de Lamela. Résultat, l'ancien joueur de l'OL régale et sa finesse technique aide grandement dans la construction des attaques romaines. Si bien que Lamela est resté sur le banc les trois derniers matchs malgré son retour de blessure.
Des joueurs qui suivent enfin leur entraîneur, une préparation estivale digérée et un technicien rigide qui lâche un petit peu la bride, voilà la recette du retour de la Roma dans le haut du classement. Mais attention, à Rome plus qu'ailleurs, avec Zeman plus qu'avec n'importe qui, l'équilibre reste fragile.
Milan – Berlusconi, El Shaarawy et Allegri et c'est reparti
À Milan, le début de saison a encore été plus catastrophique et les records négatifs se sont succédé : plus mauvais départ depuis 10 ans, puis depuis 20 ans, puis depuis l'arrivée de Berlusconi, etc. À chaque journée, le Milan décrochait un nouveau record négatif. Et puis les choses ont changé après la défaite à domicile contre la Fiorentina le 11 novembre dernier. Depuis, et sur les huit derniers matches, l'AC Milan n'en a perdu qu'un (contre le Zenit en C1, un match sans enjeu), a accroché Naples à l'extérieur et a battu la Juve à San Siro.
Cette série coïncide avec le retour aux affaires de Berlusconi dans le club. Il passe à la veille de chaque match à Milanello pour motiver ses troupes. Véritable motivateur, le président de l'AC Milan a su redonner confiance au groupe qui réussit désormais à enchaîner les bons résultats. Mais il n'est pas la seule source du renouveau milanais. Massimiliano Allegri a évolué tactiquement avec un jeu porté sur les côtés, bien différent du jeu trop axial des deux dernières saisons. Arrigo Sacchi a expliqué, il y a quelques semaines, que pendant plusieurs années, Milan avait misé sur des individualités fortes et qu'il fallait désormais que les joueurs réapprennent à jouer, sans leader technique et charismatique, capable de porter à eux seuls l'équipe. Et l'ancien sélectionneur italien a visé juste. Il a fallu du temps à Allegri pour trouver la bonne formule et la bonne composition, et aux joueurs pour mettre en place un collectif, là où depuis plusieurs saisons, il suffisait de donner le ballon à Ibrahimovic et attendre l'exploit.
Autre motif de satisfaction pour les Rossoneri, la grande forme et la continuité dans les performances de Stephan El Shaarawy. Avec 14 buts, il est le meilleur buteur de Serie A. Mieux encore, il a été impliqué sur 55% des buts du Milan, via un but ou une passe décisive. Sans Il Faraone, l'attaque de Milan n'est pas la même et c'est pourquoi il joue tous les matches depuis le début de la saison. Non seulement El Shaarawy marque, mais en plus il défend dans le couloir gauche et est le premier à faire un pressing offensif. Son hyperactivité rejaillit sur certains coéquipiers qui se sont mis au diapason du jeune attaquant italien. Il n'est pas le leader charismatique de cette équipe mais il entraîne les autres derrière lui. La dépendance du Milan est réelle et cache sans aucun doute des faiblesses dans le jeu. Attention en cas de coup de pompe d'El Shaarawy et à ne pas passer d'une Ibra-dépendance à une Faraone-dépendance.
Cette semaine en Italie, beaucoup parlent du futur affrontement entre Lamela et El Shaarawy samedi soir à Rome, plus que des deux points d'écart entre les deux équipes. Ce sont en effet deux des grands espoirs de la Serie A. Mais comme disait Miralem Pjanic jeudi matin dans une interview au Corriere della Sera : "entre El Shaarawy et Lamela, le plus fort reste Totti". À 36 ans, et avec l'exode en fin de saison dernière des Nesta, Inzaghi, Del Piero et Di Vaio, régalons nous avec Totti et les dernières bandiere du foot italien. Les jeunes ont le temps d'éclore…
Créateur de flashfoot.fr, blogueur, Johann Crochet a l'habitude de dire qu'une bonne journée commence par une revue de presse italienne et qu'une bonne année se mesure au nombre de matches de Serie A vus dans les stades. Par goût, il suit aussi le foot néerlandais et les championnats scandinaves.
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