Walter Mazzarri, le style Mourinho au chevet de l'Inter

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Pour se relancer, l’Inter Milan a fait appel à Walter Mazzarri. Un entraîneur dont le style n’est pas sans rappeler celui d’un certain José Mourinho.

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Après une saison catastrophique en tout point, l'Inter a nommé Walter Mazzarri en remplacement d'Andrea Stramaccioni. Le club milanais espère se relancer avec un entraîneur plus expérimenté, fort en gueule et parfois aussi antipathique qu'un certain José Mourinho. L'Inter compte sur Mazzarri pour retrouver la Coupe d'Europe et laisser derrière lui, la saison de tous les records négatifs. Cela tombe bien, Mazzarri a le profil du redresseur de situations compliquées.
Le style Mazzarri sur le terrain
Walter Mazzarri reste sur quatre saisons à Naples où l'équipe s'articulait autour d'une défense à trois, et devrait reconduire ce système tactique, qu'a utilisé Andrea Stramaccioni à l'Inter cette saison avec parcimonie. Mazzarri privilégie ensuite un milieu de terrain robuste avec des joueurs aux capacités physiques démentielles. À Naples, il a beaucoup compté sur Gargano, Inler, Behrami et Pazienza, des joueurs agressifs et costauds dans les duels, et surtout très résistants aux efforts et pouvant multiplier les longues courses. Ces joueurs ne sont évidemment pas juste bons à courir car leur technique est tout à fait au niveau, mais la première caractéristique demandée est la résistance physique. Et c'est le même constat qui s'applique aux milieux latéraux, des hybrides de défenseurs et de premiers attaquants. Avec Maggio, Zuniga ou encore Armero, Mazzarri a eu, à Naples, des joueurs de côté hyper actifs, capables de couvrir les attaques adverses mais surtout de multiplier les appels offensifs pour déséquilibrer et étirer les blocs adverses.
Du cœur, des courses et une bonne technique, voilà ce qui caractérise le milieu idéal pour le nouvel entraîneur de l'Inter, avec, à la pointe de celui-ci, un ou deux joueurs, selon la formule (3-5-1-1, 3-4-2-1, 3-4-1-2), capables de faire la différence, d'une passe (vision du jeu), d'une course (créer des brèches) ou d'un but (qualité de finisseur). L'homme possédant toutes ces qualités s'appelle Marek Hamsik et il pourrait être remplacé à l'Inter par un certain Mateo Kovacic. Avec un Palacio capable de décrocher, jouer sur tout le front de l'attaque et également prendre la profondeur, Mazzarri pourrait appliquer son 3-4-2-1 de cette saison à l'Inter.
Je me suis imaginé l'équipe que pourrait proposer Mazzarri à l'Inter. Dans les buts, rien ne change avec l'excellent Handanovic. Pour la défense à trois, Campagnaro, Ranocchia et Juan Jésus me semblent incontournables (avec Samuel, Silvestre, Chivu comme remplaçants, ou une éventuelle autre recrue si départ(s) il y a). Sur les côtés, Mazzarri devrait réclamer deux arrivées. Parmi les pistes chaudes, on trouve Isla et Basta côté droit, et Zuniga côté gauche. Nagatomo serait alors relégué au poste de premier remplaçant. Pour le milieu agressif et physique, Guarin tient la corde pour le premier poste, tandis qu'une recrue devrait arriver pour l'épauler, Cambiasso, Gargano et Mudingayi restants sur le banc. Kovacic pourrait jouer le rôle d'Hamsik tandis que Palacio et Icardi me semblent partir avec une longueur d'avance sur les autres en attaque. Milito reviendra de blessure après le début de saison, tandis qu'il y a une vraie interrogation avec Cassano, pas vraiment indiscutable aux yeux des dirigeants. Sans oublier le jeune Samuele Longo qui reviendra de prêt.
Le style Mazzarri hors du terrain
Depuis la nomination de Mazzarri à l'Inter, les comparaisons avec José Mourinho pleuvent dans la presse sportive italienne. C'est une histoire qui revient fréquemment à l'Inter : Benitez avait évolué en Angleterre COMME Mourinho, Stramaccioni était nommé entraîneur très jeune COMME Mourinho, et maintenant, Mazzarri est antipathique COMME Mourinho. L'entraîneur portugais a laissé une grande trace dans le club milanais et les comparaisons sont un mix entre la volonté de se complaire dans la nostalgie et celle de provoquer un enthousiasme exacerbé chez les tifosi Nerazzurri pour vendre du papier.
Néanmoins, l'antipathie de Walter Mazzarri ne sort pas de nulle part. Le nouvel entraîneur de l'Inter est bagarreur en conférence de presse et n'hésite jamais à répondre assez sèchement aux journalistes posant des questions provocantes. Comme le Portugais, il défend ses joueurs bec et ongles, pense au football toute la journée, travaille sur le moindre détail, et comme tous ces entraîneurs perfectionnistes (Mourinho, Gourcuff, Zeman, Garcia), il déteste l'aléa que peut représenter l'arbitrage. Véritable Caliméro en puissance, Mazzarri n'hésite jamais à se plaindre de l'arbitrage quand une décision n'est pas en sa faveur, quitte à tomber dans la comédie tragi-comique.
Walter Mazzarri a du caractère et sait aussi le transmettre à ses joueurs. Rares ont été les matchs de Naples, sous son égide, où les joueurs ont baissé les bras quel que soit le résultat. Cet entraîneur aime voir son équipe aller au combat et ne rien lâcher pendant tout un match. Tout ce que n'a pas été l'Inter cette saison. Mazzarri va avoir du travail pour ré-inculquer, aux anciens, et inculquer, aux nouveaux qui n'ont rien gagné, cette envie de se faire mal pour atteindre des objectifs.
Mazzarri a besoin d'être soutenu
Mazzarri est un choix de Massimo Moratti. Comme Stramaccioni l'avait été. D'ailleurs, à ce sujet, il est intéressant de noter que le président de l'Inter multiplie les éloges envers son ancien et jeune entraîneur, expliquant qu'il était déçu et combien il regrettait de devoir le licencier, mais que dans le même temps, il n'a pas daigné annoncer lui-même cette nouvelle à son ancien entraîneur, préférant laisser le sale boulot à son bras droit, Marco Branca.
En dehors de cet accroc final, Stramaccioni a été soutenu toute la saison par Moratti. Mais il ne l'était pas vraiment pas les autres dirigeants d'Ausilio à Branca, ni par une certaine partie du vestiaire qui l'a vite lâché, les joueurs cadres n'exerçant pas leur rôle de leader (Cambiasso, Zanetti).
Si Mazzarri évolue dans le même climat que Stramaccioni, au sein même du club – les supporters ont toujours soutenu leur équipe, jusqu'à la fin de la saison – alors sa mission sera forcément plus compliquée. Stramaccioni a payé les pots cassés d'un fiasco, mais le président devrait aussi se pencher sur le mercato raté de Branca et Ausilio, et sur les trop nombreuses blessures dans un effectif pourtant pléthorique. Le staff médical est-il compétent ? En tout cas, Mazzarri devrait débarquer avec tous ses collaborateurs, dont un très bon préparateur physique. Naples a eu très peu de blessés cette saison grâce à une préparation physique bien calibrée. Tout le contraire du club milanais. La révolution de l'Inter peut aussi commencer sur cet axe !
Johann CROCHET : Créateur de footballtagcloud.com, pigiste, Johann Crochet a l'habitude de dire qu'une bonne journée commence par une revue de presse italienne et qu'une bonne année se mesure au nombre de matches de Serie A vus dans les stades. Par goût, il suit aussi le foot néerlandais et les championnats scandinaves.
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