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Serie A - Udinese : Désormais bicentenaire, Toto di Natale s'installe dans la cour des grands
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Publié 28/11/2014 à 14:44 GMT+1
Antonio di Natale est donc devenu le 7e joueur à passer le cap mythique des 200 buts en Serie A. Le Capitaine de l’Udinese entre ainsi de plain-pied dans l’Histoire du football italien, mais à quelle place ?
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Il ne s'est pas fait piéger par la tension et l’émotion à l’approche de cette barre fatidique. Le 199e, Di Natale l’avait inscrit seulement deux journées plus tôt contre le Genoa, puis avait dû déclarer forfait contre Palerme. Ce 200e but n’est peut-être pas le plus beau, mais l’enchainement contrôle cuisse droite et tir du gauche résume très bien le joueur qu'il est, tout en intuition et rapidité d’exécution. En battant le gardien du Chievo dimanche dernier, Toto a ainsi rejoint le club très fermé des bicentenaires de la Serie A : Silvio Piola, Francesco Totti, Gunnar Nordahl, Giuseppe Meazza, José Altafini et Roberto Baggio. Presque un siècle de championnat italien résumé à travers ces grands noms. L’Histoire avec un grand H. Et dire que le capitaine de l’Udinese a pensé très fort à la retraite il y a seulement quelques mois. Il a finalement décidé de poursuivre l’aventure et continue d’épater la galerie du haut de ses 37 ans.
Derrière Messi et Ronaldo, devant Ibrahimovic
Antonio Di Natale aime les chiffres ronds, son 200ème but, il l’a inscrit le jour de son 400ème match en Serie A. Le premier c’était à Come avec l’Empoli pour ses débuts en Serie A le 15 Septembre 2002. Le Napolitain va alors sur ses 25 ans, une entrée tardive dans l‘élite du football et qui rend encore plus notable l’exploit qu’il vient de réaliser. Sur cette même période – soit douze saisons et des brouettes - seuls Cristiano Ronaldo et Lionel Messi ont réussi à marquer plus de buts dans les championnats européens. Le Portugais a planté 281 fois contre 253 pour l’Argentin. Avec ses 200 pions, Toto devance même un certain Ibrahimovic bloqué à 199 depuis près de trois mois. Une statistique assez incroyable décrit très bien sa longévité : à 31 ans, avec ses meilleures années en théorie derrière lui, il ne facturait que 63 buts en 200 rencontres de Serie A.
On peut ainsi regretter les saisons passées en prêt dans les divisions inférieures avec les maillots de l'Iperzola, Varese, Viareggio mais aussi l'Empoli. Six années à se démener sur des terrains cabossés. S’il avait eu la "chance" de naitre dans un top club, Toto serait probablement dans le sillage de Totti, qui file vers les 240 buts. Comme ce dernier, il partage la particularité d’avoir été aligné tardivement à la pointe de l’attaque. A l'Empoli et lors de ses premières années à l'Udinese, Di Natale jouait en soutien d’un avant-centre et plus souvent encore au poste d’ailier gauche dans une attaque à trois. On se souvient volontiers des trios formés avec Iaquinta et Di Michele puis Quagliarella et Pepe. Tout ce beau monde est parti et le Napolitain est monté d’un cran, enclenchant plusieurs vitesses en une fois afin d'affoler très vite les compteurs.
Un grand joueur, un immense bonhomme
On ne cite jamais Di Natale quand on liste les grands attaquants contemporains et c’est un oubli malheureux. Toto est pourtant un avant-centre qui sait tout faire et marque rarement des buts ordinaires. Un toucher de balle velouté qui lui permet de mettre le ballon où il veut, par des lobs astucieux ou des reprises de volée millimétrées. A ses capacités techniques et une vitesse d’exécution exceptionnelle, s’ajoute une intelligence de jeu rare. Toto joue simple, pas de grigris inutiles, tout dans la feinte de frappe. Il sait aussi mettre à profit sa présence dans la surface, un ballon qui traine, il est pour lui. Cette panoplie très complète (également très bon tireur de coups-francs) fait qu'il n’a absolument rien à envier aux plus grands de son époque.
Bien au contraire, en plus d’être un excellent footballeur, Di Natale est aussi un véritable modèle pour les plus jeunes. Un Napolitain assez atypique dans un sens, tout dans la discrétion et la retenue. Peu de mots, beaucoup de faits, mentalité qui correspond parfaitement à cette terre de besogneux qu’est le Frioul et qu’il l’a désormais adopté. Rarement sur les plateaux télés, jamais dans les publicités ou les magazines people. Pas de strass ni de paillettes. Brassard au bras, il ne fait part d’aucun excès sur le terrain et se comporte de manière exemplaire. Adoré par ses supporters, respectés par les autres. La marque des grands.
Quelle place dans l’Histoire ?
S’il fait statistiquement partie des plus grands, reste à évaluer la valeur de ces chiffres. Avoir passé toute sa carrière dans des clubs de province tend à les revoir à la baisse. Cela fait quelques années que toute l’équipe joue pour lui dans un climat tout à fait détendu. Même quand le club fréquentait le haut de tableau, la pression n’a jamais été forte. Mais ne nous méprenons-pas, cela ne doit pas sous-évaluer ses performances techniques. La Serie A est un championnat extrêmement compliqué pour les attaquants, rarement vous en verrez un passer la barre des 30 réalisations. Et puis ses cibles préférées sont les deux clubs romains, 13 buts chacun et le Milan juste derrière à une seule unité. En outre, ces chiffres ne sont pas gonflés outre-mesure par les pénaltys. Seulement 31 sur 200. Reste qu’on aurait aimé le voir dans un Top club. Il avait d’ailleurs refusé la Juventus en 2010, par fidélité, mais surement un peu aussi par peur de ne pas réussir.
Une théorie corroborée par son bilan moyen/bon en Equipe d’Italie le redimensionne. 11 buts en 42 sélections et une présence très intermittente qui s’étale sur dix années. Certes, en se référant aux minutes jouées, le ratio d’une réalisation toutes les 207 minutes de jeu est acceptable. Mais le fait est que Di Natale n’a jamais su s’imposer en sélection. Et pourtant il y avait la place puisqu'il a connu ses meilleures années une fois que Totti avait pris sa retraite internationale, tandis que Del Piero était sur la pente descendante. Jamais il n’a su convaincre totalement ses différents sélectionneurs et a apparu souvent timoré. Cela va dans le sens de ceux estimant qu’il n’aurait pas réédité ses exploits dans un club plus huppé. Cependant, cela ne l'a pas empêché d’atteindre un autre chiffre rond, celui des 300 buts en professionnel comme seulement six italiens avant lui. Là aussi, il rejoint un club très fermé de légendes, il retrouve encore une fois Piola, Meazza, Totti et Baggio, auxquels s’ajoutent Inzaghi et Del Piero. Udinese ou pas, Toto fait bien partie des plus grands.
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