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De la zone rouge aux portes de la C1 : Comment l'Atalanta s'est hissée en haut de la Serie A
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Publié 15/02/2019 à 19:52 GMT+1
SERIE A - Après un début de saison raté, le club de Bergame a réussi à inverser la tendance et à se mêler à la course à la quatrième place, qualificative pour la prochaine Ligue des champions. Le choc face à l’AC Milan ce samedi (20h30) peut lui permettre de continuer à rêver.
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Gian Piero Gasperini est-il un faiseur de miracles ? L’entraîneur de 61 ans a multiplié les exploits dans sa courte carrière d’entraîneur professionnel, débutée en 2003. Après avoir fait monter Crotone en Serie B en 2004 et avoir conduit le club à une belle 9e place deux ans plus tard, il a répété ce schéma avec le Genoa, obtenant une promotion en Serie A en 2007 puis une 5e place en 2009. Mais l’ascension fulgurante a connu deux coups d’arrêt. D’abord à l’Inter en 2011 où la politique de la terre brûlée après le départ de José Mourinho s’est confirmée, le club consommant 5 entraîneurs en deux saisons, puis à Palerme, le club le plus instable d’Italie. Mais depuis 2016, avec l’Atalanta, il est de retour au premier plan dans un environnement sain, où le temps laissé au technicien n’est pas qu’un mirage estival.
Pourtant, le président Antonio Percassi aurait pu perdre patience en début de saison. Avec un recrutement conséquent, marqué par l’arrivée de Duvan Zapata pour 26 millions d’euros (prêt de deux ans et option d’achat), et des postes doublés, Gasperini disposait d’un bel effectif pour jouer sur tous les tableaux. Mais une élimination précoce lors du playoff d’Europa League face au FC Copenhague et un début d’exercice raté en Serie A (17e après 8 journées) avaient pu semer quelques doutes dans la tête des observateurs. Le cacique italien a alors fait le choix du calme et de la fidélité à un entraîneur ayant permis à son club de se qualifier à deux reprises consécutives pour la petite coupe d’Europe. Un choix éminemment payant.
L'un des meilleurs centres de formation d’Italie
A l’instar de ce que fait Sassuolo depuis sa montée en Serie A, l’Atalanta a fait le choix de miser sur les jeunes joueurs. Hasard ou non, ces deux clubs sont parmi les plus agréables et divertissants à voir jouer cette saison, avec des entraîneurs aux principes marqués, pour qui "il est impossible de gagner sur la durée sans bien jouer". Le club de Bergame a formé de nombreux joueurs italiens, comme Montolivo, Bonaventura, Gabbiadini, Pazzini, Conti, Gagliardini, Caldara, et Conti. Le club a souvent misé sur de nombreux jeunes, dénichés dans d’autres clubs, comme Cristante, Petagna, Mancini, Kessie ou encore Hateboer, Castagne et Gosens pour les non-italophones. Ces éléments bénéficient d’un environnement sain pour se développer et gagner en expérience.
Le travail pendant près de 25 ans de Mino Favini est à souligner. D’abord recruteur avant de devenir le directeur du centre de formation des Nerazzurri jusqu’en 2015, il arpentait encore, à 77 ans, les terrains de la région lombarde à la recherche d’adolescents à intégrer au centre de formation du club. Pour les plus jeunes, de 6-8 ans, pas question de regarder le physique. Favini préférait étudier la manière avec laquelle les enfants jouaient au ballon, leur habilité à le donner et à le recevoir, et le plaisir qu'ils prenaient sur le terrain. Car tout le reste - la technique, le physique et la tactique - pouvait être enseigné plus tard.
Densité physique et volume de courses
En football, l’impression visuelle peut parfois être trompeuse et les statistiques viennent parfois infirmer quelques observations. Dans le cas de l’Atalanta, la domination physique entrevue chaque semaine trouve de la continuité dans les chiffres. L’équipe de Gasperini possède des caractéristiques physiques établies : une puissance certaine dans le jeu aérien (12 buts marqués en Serie A, leader sur ce point) et un volume de courses impressionnant, notamment pour sa ligne du milieu de terrain qui comprend les deux joueurs de couloir du 3-4-2-1 de cette équipe. Remo Freuler et Marten de Roon figurent dans le Top 15 des joueurs ayant parcouru le plus de distance, en moyenne, cette saison. Hans Hateboer, le piston droit est lui également bien placé (21e place).
Une domination physique pouvant s’expliquer, entre autres, par l’arrivée du Danois Jens Bangsbo comme consultant dans le staff technique de Gasperini. Chercheur en sciences humaines appliquées au sport, il est le créateur du fameux Yo-yo test, utilisé pour calculer la résistance physique de chaque athlète, permettant ensuite de faire un travail individualisé. Il a déjà collaboré avec la Juve de Carlo Ancelotti, la sélection danoise, mais aussi la marque américaine Nike, pour laquelle il a conçu des programmes pour certains joueurs, dont Cristiano Ronaldo. Gasperini est ravi de cette aide extérieure, comme il l’expliquait en novembre dernier à la Gazzetta dello Sport : "C’est un physiologue qui étudie l’effort, la fatigue et la récupération. Il a des compétences qui vont au-delà des miennes et de celles de mon staff. A chaque niveau, y compris dans la préparation des joueurs, on doit être dynamique et à jour".
Un style identifiable et un pressing tout terrain
Frappé par le marquage et le pressing en zone de Catuzzi à Pescara et Sacchi à Milan dans les années 80, Gian Piero Gasperini fait partie de ces entraîneurs au style de jeu identifiable en un coup d’œil. Pour lui, le résultat vient avec le jeu, avec la prise de risque, une grosse dose de verticalisation et beaucoup de mouvements. Les défenseurs centraux n’hésitent pas à avancer balle au pied, les latéraux (Hateboer, Castagne, Gosens) multiplient les courses le long de la ligne de touche et les deux milieux axiaux apportent densité physique et science du placement.
La touche de créativité dans une organisation très huilée est apportée par les deux milieux offensifs Josip Ilicic et Alejandro Gomez, placés en soutien de l’attaquant. Ils se placent entre les lignes adverses dans l’axe, ils ont une grosse capacité à se retourner rapidement quand ils reçoivent le ballon dos au jeu, peuvent jouer en une touche sur les côtés ou en appui et ont une grosse capacité d’accélération. Ils sont des machines à passes décisives (12 à eux deux) et à buts (12 également). Une aubaine pour Duvan Zapata, le serial buteur de l’Atalanta, auteur de 15 réalisations sur ses 10 derniers matches de Serie A, après un début de saison raté, que l’entraîneur avait notamment imputé à une condition physique des plus précaires.
Dans cette équipe, chaque joueur donne l’impression de savoir quoi faire en toutes circonstances, du travail en phase de non possession à la récupération, en passant par la projection et l’utilisation des espaces libres. Seule contrariété, une certaine fâcheuse habitude pour les trois défenseurs centraux à un peu trop suivre – et trop loin – certains attaquants qui décrochent, créant un déséquilibre si celui-ci trouve un partenaire lancé ou dans l’espace. Face à Dzeko lors de la réception de la Roma (3-3), ces trois défenseurs avaient souffert à tour de rôle. Un écueil à corriger mais dont la portée reste assez insignifiante tant l’attaque de la DEA est en forme. Le club reste sur huit matches sans défaite, a fait match nul 3-3 contre la Roma et 2-2 contre la Juve (sauvée par Ronaldo à la 78e lors d’un des deux seuls tirs cadrés des Turinois) et a battu ces mêmes Bianconeri en quart de finale de la Coupe d’Italie (3-0) lors d’une véritable démonstration.
Actuellement 5e avec 38 points, à une unité seulement de son adversaire du soir l’AC Milan, le club de Bergame pourrait bien être la surprise de la fin de saison. Avec son entraîneur aux idées claires, son style de jeu spectaculaire et sa volonté de miser sur les jeunes, il a déjà gagné sur le plan de l’intérêt qu’on lui porte. Nul doute que ce ne sera pas sa dernière victoire cette saison.
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