Quatre mois après son arrivée à Florence, Jonathan Ikoné continue de parfaire son apprentissage de la langue de Dante. Pour sa première expérience à l'étranger, celui qui a décidé de quitter le LOSC début janvier est bien conscient que la réussite de son aventure italienne passe par là. Alors, en attendant, l'international français (4 sélections) fait comme tout le monde : il s'adapte. Et il n'hésite pas à utiliser "Google Traduction", évidemment. C'est de là, d'ailleurs, que va partir son nouveau surnom à la Fiorentina.
Quelques jours seulement après son arrivée, Ikoné délivre sa première passe décisive lors de la victoire de la Viola à Naples en huitièmes de finale de la Coupe d'Italie. Un petit bijou du gauche pour lancer parfaitement Youssef Maleh dans la profondeur et ainsi tuer le match (2-5). "Mangia bene, mio fratello", plaisante le natif de Bondy dans un commentaire après la rencontre. Le problème ? "En fait, je voulais dire "manges bien, mon frère", une expression qui se dit en France. En gros : "manges bien la passe décisive". Mais le problème, c'est que ça n'existe pas vraiment en Italie, nous raconte-il entre deux rires. C'est pour ça que les supporters m'ont surnommé comme ça, mes coéquipiers aussi. Piatek m'appelle toujours de cette façon à l'entraînement, on en rigole et ça me fait plaisir."
Le 11 avril dernier, le compte officiel de la Fiorentina s'en est amusé sur Instagram après le premier but de son joueur... à Naples (2-3). Mais cette fois en Serie A. "Manges bien, mon frère. Le premier plat est servi", s'amusait le club toscan, avec un Jonathan Ikoné travesti pour l'occasion en chef cuisinier. Il espère désormais servir le deuxième avant la fin de saison et permettre à son équipe de décrocher une première qualification européenne depuis cinq ans.
Serie A
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09/05/2022 À 20:46
Comment se déroulent vos premiers mois à la Fiorentina ?
Jonathan Ikoné : Plutôt bien, je suis heureux ici. Mon adaptation se poursuit à Florence, c'est le plus important.
Vous attendiez-vous à avoir autant de difficultés lors des premiers mois ?
J.I : Oui, c'est normal. Les premiers mois sont toujours plus compliqués. La langue, le contexte... Tout change. J'étais au courant de ça. Mais je suis un compétiteur et je compte bien me battre pour les surpasser. J'étais énervé après certains mauvais matches que j'ai pu faire.
Que vous manque-t-il pour être de nouveau décisif ?
J.I : Je pense que je dois plus tenter ma chance. J'essaie souvent d'éliminer le dernier joueur avant de tirer, alors que parfois je n'en suis pas obligé. Je pense que c'est un axe de progression, mais ça va venir.
Vincenzo Italiano, votre entraîneur, a récemment réclamé du temps pour votre "adaptation", qui passe selon lui par un changement "de travail, de mécanisme et de façon de penser". Êtes-vous d'accord avec lui ?
J.I : Bien sûr, il y avait beaucoup de choses à changer, c'était totalement différent de ce que je faisais à Lille. Les premiers jours n'ont pas été les plus simples, ils m'ont surtout servi à connaître ce nouvel environnement. Il a fallu du temps pour que je comprenne mes partenaires, que j'apprenne la langue... Et il est également essentiel que eux aussi comprennent ce que je souhaite sur le terrain. C'était plus compliqué au début que maintenant. Aujourd'hui, je comprends et j'arrive mieux à m'exprimer.
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Depuis son arrivée l'été dernier sur le banc, la Viola a repris des couleurs. Quel type d'entraîneur est-il ?
J.I : C'est un entraîneur qui est voué à faire de grandes choses. Il connaît très bien le football et, grâce à lui, nous en pratiquons un très moderne. Avec lui, nous jouons au ballon. Il nous apprend aussi à bien défendre, et il connaît chaque zone du terrain. Le "Mister" pourra faire de belles choses dans le football italien, c'est certain.
Son profil vous-a-t-il convaincu de signer à la Fiorentina ?
J.I : Je peux même dire que c'était un facteur décisif dans ma réflexion. La Fiorentina revient bien cette saison. Quand j'ai regardé certains matches, j'ai vu que c'était une équipe qui jouait au ballon. C'est quelque chose que j'aime et qui m'a poussé à venir.
Lors du match face à la Juve, Italiano vous a fait jouer dans un rôle inédit de relayeur. Simple expérience ou possible reconversion ?
J.I : Je suis un joueur polyvalent, même si j'ai mes préférences. Le coach connaît le football, et il a vu que je pouvais également jouer à ce poste là. Moi, ça ne me dérange pas. J'ai un poste où j'ai évolué toute ma vie, mais je m'adapte à sa volonté sans aucun problème. Tout ce qui compte, c'est de pouvoir aider l'équipe.

"Le bon moment de partir"

Votre but lors de la victoire à Naples (2-3, le 10 avril dernier) vous a-t-il libéré d'un poids ?
J.I : Oui, cela m'a donné plus de confiance et cela me pousse à tenter encore plus de choses. J'étais fier de moi après ce match, mais c'est grâce à cette équipe qui m'a aidé à trouver le chemin des filets. Ils m'ont aidé plus que moi je ne l'ai fait.
Vous semblez déjà parfaitement intégré au vestiaire, non ?
J.I : Ce groupe, c'est comme une famille. Nous avons toujours la volonté de se barre l'un pour l'autre, même quand c'est dur. C'est quelque chose qui m'a marqué. Nous avons besoin de cet état d'esprit pour avancer.
Avez-vous contacté d'autres joueurs français de Serie A avant de venir ici ?
J.I : Non, cette réflexion appartenait à moi et mon entourage. On a regardé les propositions et on a fait un choix. On espère que ce sera le bon.
Quels seront vos objectifs personnels la saison prochaine, après une demi-saison et une préparation complète cet été ?
J.I : Ce qui est certain, c'est que je m'attends à plus de choses et que je vais tout faire pour m'en donner les moyens. J'espère surtout qu'on les réalisera tous ensemble, avec mon équipe. La priorité revient toujours au collectif. Un objectif concret ? J'en ai un, mais je ne vous le dis pas. Sauf si j'y parviens (rires)
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La Fiorentina pourrait retrouver une compétition européenne après plusieurs années d'absence.
J.I : On y croit. Tout le monde a envie de gagner, on va tout faire pour y arriver. On va se donner à fond, notre mentalité est de ne rien lâcher jusqu'au bout.
Pourquoi avoir quitté le LOSC et la France en pleine saison ?
J.I : Pour moi, c'était le bon moment. J'ai passé de nombreuses années en Ligue 1, avec comme cadeau le titre avec le LOSC. Je me suis dit qu'il était temps d'aller voir un peu plus loin, de chercher de nouveaux objectifs.
Quelles différences remarquez-vous entre la Ligue 1 et la Serie A ?
J.I : Ce sont deux championnats différents mais de haut niveau. Ici, c'est plus la tactique qui prime, comme le jeu de positions. En Ligue 1, c'est un peu plus costaud. Au niveau des pays, l'Italie est un pays qui vit pour le football. Il te suffit de sortir quelques minutes pour croiser une vingtaine de tifosi... Ils sont derrière nous, on a besoin de ça.
Tout Bondy connaissait le niveau de Mbappé
Nkunku, Maignan, Diaby, Coman, Guendouzi, vous... Pourquoi les joueurs formés au PSG s'imposent-ils partout partout sauf à Paris ?
J.I : Je pense qu'il ne faut pas oublier qu'il y a de très bons joueurs au PSG. Quand tu sors du centre de formation à 17-18 ans, c'est difficile de venir et s'imposer. C'est un très grand club. Je suis content que les joueurs sortis du centre explosent un peu partout. Ils ont prouvé qu'ils avaient le niveau pour jouer ailleurs. Je pense que c'est difficile d'avoir du temps de jeu à Paris quand tu vois l'effectif, et certains joueurs sont difficiles à sortir car tu sais qu'ils peuvent toujours faire quelque chose. Un jeune joueur a forcément une grande faim de vouloir montrer rapidement tout son talent, c'est pour ça qu'il part.
Kylian Mbappé est l'un de vos amis depuis votre passage commun à Bondy. Quel est votre regard sur son ascension ?
J.I : Il était fort dès ses premiers pas dans le foot. C'est quelqu'un de talentueux avec un énorme potentiel, qu'il affine au fil des années. Je ne suis pas surpris par son niveau, et je pense que je ne suis pas le seul. Tout Bondy connaissait son niveau. Et toute la région aussi. Pour nous, c'est quelque chose de grand mais de finalement normal. Moi, je suis le premier content pour lui. Je suis son premier fan, son premier ami, et j'espère qu'il va continuer comme ça. Je lui souhaite le meilleur pour la suite.

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Votre dernière convocation en équipe de France remonte à septembre 2020. Pensez-vous encore aux Bleus ?
J.I : J'aimerais bien retrouver l'équipe de France, c'est toujours un honneur de défendre son pays. C'est une très grande équipe. J'espère faire le boulot pour me donner des chances petit à petit, je ne suis pas pressé.
Même la coupe du monde au Qatar se rapproche ?
J.I : Il faut se donner les moyens en club pour rejoindre sa sélection. J'espère que ça va venir...
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