Serie A - Bologne -AS Rome | Thiago Motta, l'ascension continue : "Il deviendra un très grand coach"

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Thiago Motta préfère garder les pieds sur terre. Alors que son équipe de Bologne peut prendre la quatrième place en solitaire, dimanche, en cas de victoire face à l'AS Rome (18h), le technicien préfère tracer sa route, bien conscient de sa cote grimpante sur le marché. S'il n'exclut pas d'ouvrir un cycle avec son club actuel, ses courtisans le suivent avec attention. Dont le PSG, évidemment.

"Le PSG a beaucoup trop de défauts pour gagner la Ligue des champions"

Video credit: Eurosport

Dans sa quête au successeur de Luciano Spalletti, Aurelio De Laurentiis enchaîne les rencontres et coups de téléphone en ce début d'été. Luis Enrique, Vincenzo Italiano, Rudi Garcia, Antonio Conte... Le patron du Napoli compte explorer toutes les pistes possibles. Il va notamment en sonder une qui le séduit particulièrement, celle qui mène à Thiago Motta, neuvième du dernier exercice avec Bologne. Entre les deux hommes au caractère bien trempé, le courant ne passe qu'à moitié. Puis une réponse va pousser l'ancien milieu de terrain du PSG à faire marche arrière. Définitivement. Lorsqu'il demande à son interlocuteur l'identité de l'actuel directeur sportif du club, "ADL" lui répond : "Il y a moi, cela ne te suffit pas ?". Une anecdote dévoilée par La Gazzetta dello Sport, qui précise que Motta a alors décidé de rester à Bologne malgré quelques tensions avec sa direction. Un choix qui va s'avérer payant.
"Je l'ai rencontré, mais il n'a pas voulu prendre le risque de prendre la place d'un entraîneur (Spalletti) qui avait fait ce qu'il a fait (gagner le titre, ndlr)", confirmait Aurelio De Laurentiis début octobre du côté de l'université Luiss Guido Carli de Rome. Difficile de ne pas comprendre Motta, surtout au regard de la fin de Rudi Garcia. Aller à Naples cet été, c'était probablement aller tout droit dans le mur. Lucide, raisonné, il a donc misé sur la continuité en Émilie-Romagne. "Je n'ai rien à répondre à De Laurentiis, ce n'est pas mon président", lui avait-il d'ailleurs rétorqué en conférence de presse. Sa revanche, il préfère la prendre sur le terrain. Et c'est ainsi que le week-end dernier, son équipe, impressionnante de continuité depuis le début de saison (2 défaites seulement), a dépassé le Napoli au classement. La voilà maintenant cinquième, à égalité de points (25) avec l'AS Rome, qu'elle affronte dimanche (18h). En cas de succès, le rêve européen commencerait à se faire sérieux.
Arrivé sur le banc des Rossoblù en septembre 2022 en remplacement du regretté Sinisa Mihajlovic, l'ex-entraîneur des U19 du PSG a rapidement imposé sa patte. Au fil des mois, la greffe n'a cessé de prendre avec son groupe, convaincu et séduit par le discours de son coach. Au point de battre le record de points du club la saison dernière. "Avec lui, nous avons une identité de jeu précise, confiait le défenseur Riccardo Calafiori cette semaine à Sky Italia. Avec ce jeu proactif, il nous amène de la tranquillité quand nous avons le ballon." Très ambitieux, Motta ne se renie jamais, même dans les grands matches. Il s'adapte, parfois, en fonction de l'adversaire et ses forces. Mais son équipe a des valeurs, des mécanismes et des dogmes assez clairs. Et presque toutes les grosses écuries ont freiné face à elle : l'Inter, la Juve et Naples ont fait nul, la Lazio a perdu. Seul l'AC Milan l'a emporté, mais c'était lors du tout premier match de la saison. La machine n'était pas encore vraiment lancée.
"Thiago Motta m'impressionne, a reconnu Francesco Graziani, ancien international italien et vainqueur notamment du Mondial 1982, au Corriere di Bologna. Il parvient à gérer son équipe sans en être protagoniste : il est sur le bord du terrain sans s'épuiser à hurler, quelques gestes suffisent entre lui et son équipe. Il est concentré, réfléchi et fait jouer son équipe avec une liberté d'esprit même sans très grands joueurs. Il y a beaucoup de bons éléments, peut-être méconnus par ceux qui suivent le football."
En Italie, la critique est unanime envers le travail de Motta. Si ses critiques envers les arbitres sont plutôt fréquentes, les observateurs préfèrent retenir sa façon de faire progresser certains de ses joueurs. Si l'attaquant néerlandais Joshua Zirkzee (7 buts) est l'une des révélations du championnat italien cette saison, c'est aussi et surtout grâce au travail de son entraîneur. Sans oublier des joueurs comme Lewis Ferguson, Dan Ndoye, Nikola Moro ou encore du jeune milieu de terrain Giovanni Fabbian. "Il a été fondamental pour moi, a raconté ce dernier au Corriere dello Sport. Il m'a fait grandir sur à peu près tout, je dois encore apprendre beaucoup de choses et me perfectionner sur ce que je fais de bien."

"Motta enchante toute une ville"

"Nous sommes une belle surprise, composée de jeunes joueurs et de talent, se félicitait Marco Di Vaio, directeur sportif de Bologne, au média Cronache di Spogliatoio. Nous sommes une équipe agréable à regarder et très bien entraînée par Thiago Motta. Nous ne pensions pas être aussi haut dans le classement à ce moment du championnat, mais nous avons l'envie de grandir et donner de la continuité au travail de la saison dernière. Les joueurs ont envie de progresser chaque jour, l'équipe travaille avec enthousiasme et humilité." "Motta enchante toute une ville... et les grands clubs aussi", estimait le Corriere della Sera mardi dernier. Car oui, sa cote est grandissante sur le marché des entraîneurs. Aujourd'hui, Motta ne représente plus un pari, mais une certitude. L'Inter continue de le suivre, tout comme le PSG du président Nasser al-Khelaïfi, éternel admirateur de son ancien joueur.
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Thiago Motta (Bologna)

Crédit: Getty Images

"Vous savez, j'ai des demandes pour faire des interviews même depuis le Brésil, a-t-il concédé en conférence de presse. Mais je ne les fais pas, car je veux simplement me concentrer sur le terrain. Nous devons continuer comme ça, avec humilité et travail." En coulisses, le board de Bologne espère le conserver et même le prolonger, probablement jusqu'en 2026. Un tête-à-tête était même prévu avec le président du club Joey Saputo avant Noël, avant finalement d'être repoussé selon la presse, notamment pour une raison de calendrier. Pour continuer, Motta souhaite toutefois des garanties sur le projet, les objectifs et les ambitions de son club.
"Entre lui et moi, il y a la promesse de le voir entraîner un jour un club qui joue la Ligue des champions avant que je meurs, a plaisanté son agent Dario Canovi à TVplay. Si c'était avec Bologne, ce serait à écrire dans les livres d'histoire. Ce serait magnifique, lui est très motivé (...) Il pourrait faire à Bologne ce que Gasperini a fait à l'Atalanta. Thiago adore ça. Je le répète, c'est d'abord une grande personne puis un grand entraîneur. Et il en deviendra un très grand." C'est en effet sur la bonne voie.
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