Serie A | D’un titre historique… à une créance fatale de Suning à Oaktree : Mais que se passe-t-il à l’Inter Milan ?
Eurosport sur GoogleDe la deuxième étoile… aux étoiles tout court ? Après avoir organisé une grande fête pour célébrer son vingtième titre dimanche, l’Inter Milan pourrait désormais passer sous pavillon américain, puisque son président Steven Zhang ne semble pas en mesure de rembourser son prêt de presque 300 millions d’euros contracté auprès du fonds américain Oaktree. La deadline est fixée pour ce mardi.
Steven Zhang con la Supercoppa vinta dall'Inter nel 2023
Crédit: Getty Images
C’est un exil forcé qui s’est fait encore plus pesant dimanche. Aux abonnés absents depuis juin 2023, Steven Zhang, président de l’Inter Milan, a assisté à la grande fête du vingtième Scudetto de son équipe depuis la Chine. Un crève-cœur pour celui qui est toujours resté au plus proche de ses troupes, même à distance. Messages, coups de téléphone, visios… Celui qui est devenu le troisième président le plus titré du club (derrière Massimo et Angelo Moratti) n’a jamais fait manquer sa présence. Mais la situation était devenue beaucoup trop critique pour revenir en Italie. Comme rappelé par le quotidien La Repubblica lundi, Zhang, qui contrôle le groupe Suning, propriétaire de l’Inter depuis 2016, est en conflit judiciaire avec la China Construction Bank, à qui il doit 320 millions d’euros. "Un conflit qui s’étend à Hong Kong, New York et Milan, précise le quotidien généraliste. La China Construction Bank est contrôlée par la China Investment Corporation, le fonds souverain le plus important chinois. En résumé, Zhang est en conflit avec un organisme provenant directement de l’Etat chinois."
Mais là n’est que le début du problème. Depuis plusieurs semaines, le président du club lombard négocie le remboursement d’un prêt de 275 millions d’euros, contracté en 2021 auprès du fonds californien Oaktree pour faire face notamment au manque de recette de billetterie de la période Covid-19 durant laquelle les matches du Championnat d'Italie se disputaient sans public. Avec les intérêts de 12% par an, Suning doit ainsi rembourser 375 millions d'euros d'ici mardi à Oaktree, une entité avec 170 milliards de dollars d'actifs. Tout semblait pourtant résolu, puisque Zhang pensait avoir trouvé la solution sous la forme d'un autre prêt accordé par un autre fonds américain, Pimco, d'un montant de 430 millions d'euros qui aurait notamment permis de rembourser Oaktree. En vain, puisque tout semble avoir capoté sur le fil. "Et quel espoir ai-je, moi, fonds occidental, de récupérer mon argent s'il ne rend même pas celui qu'il doit à l'Etat chinois ?", s'interroge La Repubblica, se subsistuant au fonds américain. Oaktree, qui avait placé deux membre dans le conseil d'aministration du club depuis trois ans et a pu suivre au plus près les grandes manœuvres, aurait-il finalement d'autres ambitions pour le club ?
Un communiqué officiel samedi
Au bord du gouffre, le jeune président (32 ans) a reproché samedi à Oaktree de "compromettre (la) stabilité" financière du nouveau champion d'Italie. "Au cours des mois précédant l'expiration de l'accord conclu avec Oaktree, nous avons tout mis en œuvre pour trouver une solution à l'amiable avec notre partenaire, notamment en offrant de multiples possibilités pour Oaktree d'obtenir un retour financier complet et immédiat", a-t-il écrit dans un long communiqué. "Malheureusement, nos efforts jusqu'à présent se sont heurtés à des menaces juridiques et un manque d'implication important d'Oaktree. Tout cela a été très frustrant et décevant, ce comportement crée maintenant une situation risquée pour le club qui pourrait sérieusement compromettre sa stabilité", poursuivait le dirigeant chinois, bien conscient de l’urgence de la situation. Du côté d’Oaktree, la position est ferme : aucun nouveau délai ne sera accordé. La deadline est la deadline.
Si Suning ne devait pas parvenir à rembourser Oaktree, le fonds américain pourrait prendre le contrôle de l'Inter et se mettre en quête d'un acheteur pour un club valorisé en 2023 à un peu plus d'un milliard de dollars (1,6 milliard de dollars) par le magazine économique américain Forbes. C’est clairement la tendance selon la presse italienne, qui voit mal comment Zhang pourrait se sortir d’un tel bourbier. "La stabilité du club est garantie par la présence de Zhang, a tempéré l’administrateur délégué du club Giuseppe Marotta, dimanche, à DAZN. Je l’ai eu ce matin (dimanche) au téléphone, il était très content de la fête organisée pour le titre (…) Nous sommes un club vertueux, et je défie quiconque de contrôler nos comptes. Ce qui arrive au-dessus de nous ne regarde personne, il faut du respect. L’actionnaire reste la famille Zhang et elle a su démontrer à quel point elle aimait ce club." Selon La Gazzetta dello Sport, Suning a injecté un total de 900 millions d’euros dans les caisses du club depuis 2016, raflant au passage plusieurs succès, dont notamment deux Scudetti.
"Nous nous engageons à travailler à une résolution pacifique"
S'il a survolé le championnat d'Italie cette saison, le septième trophée de l'ère Suning, l'Inter reste toujours en proie à des difficultés financières avec 85 millions d'euros de pertes en 2022-23, contre 140 millions un an auparavant. Quasi systématiquement, le mercato d’été a servi à renflouer les caisses. Et des tauliers comme Romelu Lukaku, Achraf Hakimi, André Onana ou encore Marcelo Brozovic ont tous fini par être vendus au fil des saisons.
Zhang, très apprécié des joueurs, a toutefois voulu rassurer les tifosi : "Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger nos couleurs, nos valeurs fondatrices et notre stabilité. Nous nous engageons à travailler à une résolution pacifique avec Oaktree et à poursuivre notre histoire à succès pour notre bien-aimé Inter", a-t-il conclu dans son message publié samedi. Réalité ou utopie ? "Il va tout faire pour trouver une solution et garder le club, mais Oaktree se prépare à récupérer l’Inter", titrait La Gazzetta dello Sport lundi, certaine de l’issue de toute cette histoire.
Zhang, très apprécié des joueurs, a toutefois voulu rassurer les tifosi : "Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger nos couleurs, nos valeurs fondatrices et notre stabilité. Nous nous engageons à travailler à une résolution pacifique avec Oaktree et à poursuivre notre histoire à succès pour notre bien-aimé Inter", a-t-il conclu dans son message publié samedi. Réalité ou utopie ? "Il va tout faire pour trouver une solution et garder le club, mais Oaktree se prépare à récupérer l’Inter", titrait La Gazzetta dello Sport lundi, certaine de l’issue de toute cette histoire.
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Bien conscients de la gravité de la situation, les tifosi de l’Inter ont tenu à remercier leur président dimanche lors des festivités. "Merci Steven", pouvait-on lire sur l’un des nombreux étendards accrochés à San Siro. Sauf rebondissement, la finale de Ligue des champions perdue face à Manchester City (1-0) la saison dernière restera l’ultime match vécu en personne par Zhang, qui "laisse le club en meilleure santé financière et sportive" selon la Gazzetta, mais va tout simplement payer "les problèmes accumulés par Suning" au cours des dernières années. Et Oatkree, qui "finance généralement les sociétés en difficulté", avait "bien flairé l’affaire" en 2021, précisait le quotidien. Sauf que le fonds américain imaginait alors le président de l’Inter céder et vendre le club au cours de ces trois ans. Mais ce dernier a toujours résisté, réclamant plus d’un milliard d’euros pour s’en séparer. "Il risque maintenant de rester les mains vides", concluait le quotidien rose, évoquant de possibles recours judicaires de Zhang concernant "son patrimoine" plutôt que celui de l’Inter. Qui s’apprête à passer de la deuxième étoile sur le terrain… à celles américaines sur son pavillon.
Bien conscients de la gravité de la situation, les tifosi de l’Inter ont tenu à remercier leur président dimanche lors des festivités. "Merci Steven", pouvait-on lire sur l’un des nombreux étendards accrochés à San Siro. Sauf rebondissement, la finale de Ligue des champions perdue face à Manchester City (1-0) la saison dernière restera l’ultime match vécu en personne par Zhang, qui "laisse le club en meilleure santé financière et sportive" selon la Gazzetta, mais va tout simplement payer "les problèmes accumulés par Suning" au cours des dernières années. Et Oatkree, qui "finance généralement les sociétés en difficulté", avait "bien flairé l’affaire" en 2021, précisait le quotidien. Sauf que le fonds américain imaginait alors le président de l’Inter céder et vendre le club au cours de ces trois ans. Mais ce dernier a toujours résisté, réclamant plus d’un milliard d’euros pour s’en séparer. "Il risque maintenant de rester les mains vides", concluait le quotidien rose, évoquant de possibles recours judicaires de Zhang concernant "son patrimoine" plutôt que celui de l’Inter. Qui s’apprête à passer de la deuxième étoile sur le terrain… à celles américaines sur son pavillon.
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