Projet, salaire : Pourquoi la Juve ne veut-elle plus de Paul Pogba ?

Eurosport sur Google

Sous contrat jusqu'en 2026 avec la Juventus Turin, Paul Pogba a déclaré mercredi être "prêt à renoncer à de l'argent" pour pouvoir y rejouer une fois sa suspension terminée, en mars prochain. Problème, le club piémontais ne semble pas vraiment sur la même ligne que son milieu de terrain. Pour une question de salaire, évidemment, mais aussi de projet.

"C'est un boulet pour eux" : Pourquoi Pogba ne devrait pas rejouer avec la Juve

Video credit: Eurosport

Paul Pogba a lancé sa bouteille à la mer. Avec un message clair dedans : "La réalité est que je suis un joueur de la Juve et je me prépare pour jouer avec la Juve.Je suis disposé à renoncer à de l'argent pour pouvoir jouer encore avec la Juve, je veux revenir avec ce club." Une déclaration claire, limpide, pour celui dont la suspension pour dopage a été réduite de quatre ans à dix-huit mois et prendra fin en mars 2025. Le champion du monde 2018 souhaite non seulement redevenir un footballeur de haut niveau. Mais il compte bien le faire dans le Piémont, où il est censé rester jusqu'à 2026, année où expire son contrat.
Le problème, c'est que cette envie semble plus unilatérale que réciproque. L'état-major des Bianconeri, pas vraiment au courant des interviews prévues à différents médias, n'a pas apprécié les déclarations de son joueur. Selon la presse italienne, une amende n'est pas à exclure. Pour La Gazzetta dello Sport, quotidien dans lequel "La Pioche" avait accordé une grande interview jeudi, la Juve "n'a aucunement l'intention de changer de position" dans ce dossier. Au point que les discussions pour une éventuelle rupture de contrat, entamée depuis maintenant plusieurs mois, sont toujours en cours.

Motta en parle au passé

"Cela a été un grand joueur, il n'a pas joué depuis longtemps", constatait Thiago Motta il y a quelques semaines. Pour le technicien de la Juve, le milieu de terrain fait visiblement partie du passé. Pas vraiment du présent. Encore moins du futur. De plus, au-delà de sa suspension, le club piémontais n'oublie pas ses blessures, son rendement depuis son retour (0 but, 1 passe décisive), l’affaire de l’opération pré-Mondial 2022 et les 213 minutes au compteur entre août 2022 et septembre 2023 (soit même pas 3 matches en cumulé). 
"C'est sûr que ça fait mal (de voir Motta en parler au passé). Cela veut dire que je suis fini, que je ne suis plus un footballeur, que j'ai arrêté ma carrière, regrettait-il dans un entretien accordé à L'Equipe. Je ne crois pas qu'il l'ait pensé comme ça. C'est lui l'entraîneur de la Juventus aujourd'hui. Je n'ai pas encore eu la chance de le rencontrer, de discuter en tête-à-tête avec lui. Si je vais le faire ? Pourquoi pas ? Si c'est possible, oui. Mais je suis encore suspendu et il y a des choses légales que je peux faire, d'autres que je ne peux pas faire. Après, je pense qu'on parlera. Quoi qu'il se passe, je suis un joueur de la Juve. Je ne pense pas à ce qu'il a dit. Je continue mes entraînements et je veux redevenir joueur de foot."
picture

Paul Pogba

Crédit: Getty Images

"Pogba ? On parle avec son entourage, c'est un grand joueur et il peut encore jouer. Mais entre blessures et suspension, cela fait deux ans qu'il ne l'a plus fait. Ce sont des éléments à prendre en compte", réagissait de son côté l'administrateur délégué de la Juve Maurizio Scanavino à La Stampa la semaine passée. En coulisses, la Vieille Dame espère toujours trouver un accord pour mettre fin au bail en cours. 
Pour des raisons sportives, déjà, puisque le profil de Pogba (31 ans) n'entre plus vraiment dans la nouvelle politique du club, plutôt basée sur la jeunesse et le renouvellement. Il en est même aux antipodes. Sans oublier que tout l'organigramme a changé, du président Andrea Agnelli à l'entraîneur Massimiliano Allegri, deux hommes qui avaient œuvré pour le "Pogback".
"Pogba est l'un des derniers joueurs du projet précédent, il suffit de voir les départs du dernier mercato : Chiesa, Szczesny, Alex Sandro, Rabiot...)", rappelait La Gazzetta dello Sport, évoquant "un nouveau cycle" en rupture totale avec le passé récent. Et sous la houlette de Thiago Motta, pas vraiment orienté à faire une place à "la Pioche". La page est tournée. Le chapitre refermé.

L'hypothèse de l'accord unilatéral

L'aspect financier pèse également lourd dans ce dossier. Si Pogba s'est dit prêt à faire un effort, son salaire, aux alentours de 2 000 euros pendant sa suspension, le minimum autorisé, repassera à 8 millions d'euros nets (+ 2 de bonus) en mars prochain. Des sommes plus vraiment en adéquation avec la politique turinoise. Pour dire, Teun Koopmeiners et Douglas Luiz, les deux recrues les plus chères de l'été, ne dépassent pas les cinq millions d'euros nets par saison. Seul Dusan Vlahovic, débarqué en janvier 2022, fait figure d'exception : 8 millions + 2,5 de bonus "fidélité" pour cette saison ; 8 millions + 4 de bonus en 2025-2026. 
Si, pour l'heure, la Juve, dont le dernier bilan financier a présenté un déficit de 200 millions d'euros, maintient sa volonté de dialoguer avec l'entourage de Pogba, elle possède toutefois un as dans sa manche. Si les discussions venaient à ne pas aboutir, le club pourrait alors envisager une rupture unilatérale, qui est dans ses droits au vu de la suspension de son joueur, certes réduite à 18 mois mais toujours existante.
"S'il y a un accord, il interviendra avant fin janvier, pour qu'il permette au joueur de retrouver une nouvelle aventure en vue de son retour sur les terrains en mars", prévenait la Gazzetta. Sa destination la plus probable ? Pour le quotidien transalpin, aucun doute : il s'agit de la MLS (États-Unis). L'OM est également cité ces derniers jours comme possible rebond. Qu’importe sa future équipe, la Juve, elle, laissera volontiers sa place.

Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité