Serie A - AC Milan : Prestations "horribles", soufflante de Zlatan... Paulo Fonseca, premières turbulences milanaises

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Un point, deux matchs et des critiques : Paulo Fonseca a mal démarré son histoire avec l'AC Milan. Après un été pourtant encourageant, l'équipe lombarde s'est complètement manquée lors des deux premières journées du championnat. Inquiet, l'ancien technicien du LOSC a déjà tiré la sonnette d'alarme samedi au sortir de la défaite face à Parme (2-1).

Paulo Fonseca, Milan-Torino

Crédit: Getty Images

Pendant que le LOSC, son ex abandonné, s'est plutôt bien remis de la rupture (six points en deux matches, qualification en Ligue des champions presque en poche), et que l'OM, qui a tout fait pour le séduire cet été, tombe un peu plus amoureux chaque jour de Roberto De Zerbi, Paulo Fonseca, lui, connaît déjà de premières zones de turbulences dans sa nouvelle relation. Après un été serein, réussi, passé à roucouler pendant une virée aux États-Unis, où chacune des sorties pouvait laisser penser au coup de foudre, tout est désespérément retombé à peine la routine du quotidien repris. Un nul in extremis face au Torino (de 0-2 à 2-2) lors de la première journée de Serie A, une défaite sans appel contre le promu Parme (2-1) pour la deuxième : l'AC Milan targué Paulo Fonseca connaît son pire début de saison depuis 2011. Et personne n'aurait pu l'imaginer, notamment après des victoires estivales plutôt prestigieuses face au Real Madrid ou encore Manchester City.
Si un proverbe italien rappelle que le temps est généralement "galant", et que le travail du technicien portugais nécessite donc du temps, la patience l'est probablement un peu moins. Déjà à fleur de peau après un dernier exercice éreintant, où le grand rival intériste a glané sa deuxième étoile (soit 20 Scudetti) lors du derby retour, les tifosi milanais sont pressés. De gagner un match, déjà, ce qui est arrivé une seule fois lors des onze derniers matches de championnat. Puis de gagner tout court, eux qui en ont un peu perdu l'habitude ces dernières années, excepté le titre de la saison 2021-2022. Pas vraiment excité au moment de la nomination de l'entraîneur portugais au début de l'été, le peuple milanais, qui rêvait d'un profil un peu plus huppé, s'était laissé ensuite convaincre par une pré-saison convaincante et un mercato emballant. Autant dire que le retour sur terre est quelque peu douloureux.
Je suis déçu

Si personne ne peut tirer de conclusions hâtives à l'aube d'une saison à peine commencée, les deux premières copies rendues par les Rossoneri ne méritent pas la moyenne. "Horribles", déplorait le site spécialisé PianetaMilan. "Elles ont surtout de quoi inquiéter", pouvait-on lire plus raisonnablement dans La Gazzetta dello Sport ce week-end. Sans identité, sans envie, sans électricité, sans intensité, sans caractère : Théo Hernandez et ses coéquipiers ont eu tout faux. Ils continuent de prendre des buts (quatre en deux journées, dixième pire défense du championnat la saison dernière) avec une indolence rare. Leur ultime clean sheet ? Un triste 0-0 contre la Juve... le 27 avril dernier. Depuis, 14 buts encaissés en six rencontres. "C'est une équipe qui a disparu le 6 avril dernier contre Lecce (victoire 3-0) sans que personne la retrouve depuis, constate amèrement un proche du vestiaire. C'est comme si la lumière s'était éteinte avec l'ancien coach (Stefano Pioli, ndlr) et que le nouveau n'était pas encore parvenu à trouver l'interrupteur."
"Je suis déçu, a confié Paulo Fonseca après la défaite à Parme, samedi. Je ne m'explique pas notre attitude défensive, il n'y a aucune explication sur plusieurs situations. Il est clair que mes joueurs ont un problème défensif. Toute l'équipe, pas seulement les défenseurs. On se manque collectivement et individuellement (...) A l'entraînement, tout se passe bien la semaine. Aujourd'hui (samedi), on arrive et on prend un but dès la première situation dangereuse. C'est un problème d'attitude générale." Le constat est aussi amer que lucide pour celui qui est considéré comme l'un des responsables de cette entame ratée. Mais certainement pas le seul.
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Paulo Fonseca (Rapid-Milan)

Crédit: Getty Images

Dans la presse transalpine, les leaders du groupe sont notamment pointés du doigt. Comme si, paradoxalement, cette équipe tournait mieux en été, quand elle était alors composée de jeunes éléments, remplaçants annoncés et presque aucun titulaire. Un point commun entre eux : la motivation et l'envie de bien faire. Puis les tauliers sont revenus, un à un, et la régression a commencé.
Rafael Leão ? "Il fait une passe décisive ? S'il vous plaît... Il devrait guider cette équipe, mais il continue de se prélasser. Il devrait marquer, et il ne cadre pas une frappe et fait une erreur sur le deuxième but de Parme avec une passe absurde. Il devrait, il devrait...", déplorait La Gazzetta dello Sport, lui attribuant seulement un 4/10 dimanche. Théo Hernandez ? "Il semble désintéressé par tout ce qui se passe autour de lui (...) Son attitude sans envie est grave". Même note pour l'international français, dont la nonchalance des retours défensifs sur les deux buts encaissés a fait parler la communauté milanaise sur les réseaux sociaux. Les images sont frappantes : Sur le premier, il court vers sa surface à une vitesse de 17 km/h, contre 26 km/h pour son adversaire direct. Sur le deuxième, 21 km/h contre 30 km/h. À chaque fois, le buteur arrive de son côté.

Zlatan, pas de colère mais...

Alors, Fonseca se sent-il trahi par ses leaders ? "Non, c'est un problème collectif", insistait-il samedi, même s'il reconnaît que l'international portugais devrait gagner "en intensité" durant un match. "On doit effectuer un travail collectif, sinon ce sera très difficile de sortir de ce moment compliqué, prévenait-il dans la foulée. On doit rapidement comprendre que si on défend individuellement, on aura beaucoup de mal. C'est l'attitude qui ne va pas. J'en suis le premier responsable."
L'équilibre tactique aussi, certainement. Si l'ex-technicien des Dogues a toujours souhaité faire pratiquer un football offensif à ses équipes, celle qu'il dirige actuellement continue de prendre l'eau de partout depuis début 2023, un problème donc bien antérieur à son arrivée. Sauf que c'est maintenant à lui de le résoudre. Changer le 4-2-3-1 ? Possible. Limiter les joueurs à traction offensive ? Aussi. Il faudra aussi corriger un pressing désordonné, une possession stérile et des joueurs dépaysés. "J'avais parfois le doute entre aller presser ou attendre", a reconnu le milieu de terrain Yunus Musah après le match à Parme. Symbolique.
"Outre le changement nécessaire de mentalité et d'implication dans la phase défensive, cette équipe penche trop vers l'avant depuis trop longtemps. En Italie, c'est celui qui prend le moins de buts qui gagne généralement les titres", rappelle notre source au sein du club milanais. Côté mercato, la récente arrivée Youssouf Fofana, auteur d'une bonne entrée samedi, s'inscrit notamment dans cette quête du point d'équilibre entre les deux phases. Celle du défenseur serbe Strahinja Pavlović, meilleur des siens à Parme, aussi. À l'image d'Alvaro Morata, buteur pour sa première face au Torino (2-2) mais blessé depuis, les recrues milanaises semblent dans un état d'esprit plus conquérant que les sénateurs du vestiaire. "Il faut passer un cap mentalement. Pour gagner des titres, il faut travailler, se battre, faire plus de fautes, devenir une équipe plus solide. Il faut le faire tous ensemble", avait d'ailleurs lâché le capitaine de l'Espagne après la première journée. Image emblématique : à terre et complètement dépité après son erreur fatale samedi, Leão a finalement été relevé par... Fofana.
En première ligne depuis cet été, Zlatan Ibrahimovic, officiellement nommé "conseiller principal" du propriétaire Gerry Cardinale depuis décembre dernier, s'occupe de tout. Si toutes les décisions sont prises de manière collégiale, en compagnie notamment du français Geoffrey Moncada (directeur sportif) et Giorgio Furlani (administrateur délégué), le Suédois est sorti de l'ombre. C'est lui qui est aux côtés des nouvelles recrues en conférence de presse. C'est toujours lui qui a fait le point sur le projet technique et annoncé la nomination de Paulo Fonseca cet été. Et c'est encore lui qui a été mettre les points sur les i dans le vestiaire après le revers de samedi dernier. Il n'a pas crié ni hurlé. Mais simplement mis en garde ses troupes. Il va falloir que les mentalités changent, et vite.
"Il y a de la qualité, l'équipe est au complet et vous devez maintenant être motivés", aurait-il signifié en substance. Quant à Paulo Fonseca, annoncé sur la sellette par Tuttosport lundi, son poste "n'est aucunement à risque", nous indique une source au sein du club. Qui ajoute : "C'est un projet sur le long terme, tout remettre en cause après deux matches serait une pure folie."
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Zlatan Ibrahimovic

Crédit: Getty Images




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