Serie A | Atalanta - Juventus | Thiago Motta, ça rigole moins

Eurosport sur Google

Après des débuts réussis et plutôt convaincants sur le banc de la Juventus Turin, Thiago Motta se retrouve désormais sous le feu des critiques dans le Piémont. Si son équipe est toujours invaincue en championnat, elle a concédé son douzième nul de l'exercice dimanche lors du derby face au Torino (1-1). Inquiétant avant le déplacement périlleux sur la pelouse de l'Atalanta ce mardi soir (20h45).

Thiago Motta, premières secousses : "On le sent nerveux"

Video credit: Eurosport

Tout avait démarré avec des sourires et une accolade plutôt sympa. Mais puisqu'un derby reste un derby, à Turin comme ailleurs, tout a fini dans la tension et une bagarre évitée de justesse. D'un côté, Paolo Vanoli, l'entraîneur du Torino, qui a reconnu être "sanguin" après le match, comprenant ainsi son exclusion. Et de l'autre Thiago Motta, celui de la Juventus, qui avait déjà vu rouge lors de la réception de Bologne (2-2) début décembre, qui a "respecté la décision" de l'arbitre de l'exclure, mais estimant qu'elle "n'était pas méritée". 
Si les deux techniciens ont fini par s'expliquer une fois la rencontre finie, cette altercation traduit surtout une certaine nervosité chez les deux coaches. Et notamment du côté de Motta, sous pression depuis maintenant plusieurs mois dans la partie bianconera de Turin. Après des débuts réussis, l'ancien milieu de terrain, arrivé l'été dernier pour prendre la relève de Massimiliano Allegri, a vu les choses se compliquer ensuite. Dans les prestations comme les résultats. Comme si toutes les certitudes de son équipe s'étaient envolées après la grave blessure de Gleison Bremer, le patron de la défense, subie face à Leipzig (2-3) le 2 octobre dernier. Depuis, c'est comme si tout s'était effondré.
Un temps imperméable, la Vieille Dame est soudainement devenue plus vulnérable. Même si elle demeure la troisième meilleure défense de Serie A (16 buts encaissés). "C'est un gros coup dur pour nous, mais nous jouerons pour lui à partir de maintenant", prévenait Motta à l'époque. Sur le papier, son équipe n'a même pas perdu depuis, étant toujours la seule invaincue dans la Botte. Mais le problème est ailleurs : elle collectionne les nuls (12) et pointe à une décevante 5e place (33 pts), à quatorze points du leader, Naples (47 pts), alors que le titre a été timidement envisagé en début d'exercice. Plus maintenant. Le minimum à assurer : une qualification en Ligue des champions. Encore plus après avoir dépensé plus de 160 millions d'euros lors du dernier mercato estival.

Confiance intacte

Héros à Bologne la saison passée, Thiago Motta, lui, connaît sa première grosse zone de turbulences à Turin. Il ne peut en être autrement quand on en entraîne le club le plus titré du football italien. "Nous sommes les premiers à être en colère de ne pas gagner, a-t-il reconnu lundi en conférence de presse à la veille du déplacement à Bergame face à l'Atalanta. Nous n'avons pas le choix : il faut travailler. Nous sommes énervés mais positifs, convaincus que le travail que nous faisons est le bon." La direction piémontaise l'est aussi, maintenant une confiance sans faille à Motta. "Nous avons entamé un nouveau un projet sur plusieurs années, et Thiago est la bonne personne pour le mener à bien", assurait le directeur sportif Cristiano Giuntoli ces dernières semaines, lui aussi ciblé par les critiques et attendu au tournant sur le mercato hivernal.
Symbole d'un groupe encore jeune et fragile, la Juve a perdu douze points après avoir mené cette saison. Soit le même total que des équipes moins huppées comme Empoli et Roma, et simplement derrière Venise (20) et Bologne (15). "Dans cette même situation, lors des deux dernières saisons, au total, les Bianconeri ont perdu 14 points : 8 en 2023-24 et 6 en 2022-23", calculait le superordinateur Opta le week-end dernier. Avant de rendre à Bergame, l'équipe de Motta compte 33 points en 19 matches. Le plus faible total des quinze dernières années derrière la piètre Juve de Delneri (2010-2011). De quoi inquiéter la presse locale à l'aube d'un triptyque Atalanta-Milan-Napoli en championnat. "Motta, où est la Juve ?", s'interrogeait Tuttosport en décembre.
Avant d'en remettre une couche la semaine passée après l'élimination en demi-finale de la Supercoupe d'Italie face à l'AC Milan (2-1) : "Motta peut être tranquille, son équipe n'est pas obsédée par la victoire. Si elle l'avait été un peu plus, elle aurait remporté un match qu'elle contrôlait totalement." Enfin, un extrait du Corriere dello Sport le 4 janvier dernier : "Pas d’évolution dans le jeu et manque de résultats : c’est la crise et la Juve s’interroge. Pour les tifosi, c’est déjà fini."
Je fais ce métier pour gagner
"C'est faux de dire que je ne suis pas obsédé par la victoire, a-t-il rétorqué, alors que lui-même avait assuré que le succès ne devait pas être une obsession pour ses troupes. Nous sommes simplement une équipe jeune qui a eu quelques blessures. Je fais ce métier pour gagner et je sais que nous avons l'exigence de la victoire." Personne ne pourra dire l'inverse à la Juve, où le leitmotiv est connu et reconnu : "À la Juve, gagner n’est pas important, c’est l’unique chose qui compte." Signé Giampiero Boniperti, légende du club. Aujourd'hui, le pourcentage de victoires est en-dessous des 50% (onze au total, 42%) et chute considérablement à domicile (3 victoires seulement). 
"J'ai été surpris par la déclaration de Motta sur le fait que la victoire ne doit pas être une obsession, a taclé l'ancien défenseur du club Ciro Ferrara. Le premier jour où je suis arrivé à la Juve, on m'a dit : "on doit gagner". Thiago rencontre quelques difficultés. Il y a eu beaucoup d'attente mise autour de lui, notamment de la part des médias. Un entraîneur victorieux comme Massimiliano Allegri a été débarqué simplement pour laisser la place au beau jeu." Plusieurs anciens ont suivi. "Il faut un déclic mental", a lancé Alessio Tacchinardi dans Tuttosport. "Il faut être moins beaux mais gagnants", lui a emboîté le pas Angelo Di Livio. "Il doit mieux lire les matches", a estimé Domenico Marocchino. "Le caractère doit venir du technicien", a résumé Franco Causio.
De quoi regretter le départ du "Max" Allegri, avec qui l'histoire s'est mal terminée en fin de saison dernière ? Le débat existe en Italie, avec deux clans bien distincts : les pro Allegri face aux antis. Ou l'éternelle division entre ceux qui défendent l'idée d'un football simple et pragmatique face à un autre plus philosophique et théorique. 
"J’ai un grand respect pour Thiago Motta et je suis très confiant dans ce qu’il construit. Quand on travaille si profondément, cela prend du temps. Motta est un coach méticuleux, bien préparé, habitué à certains niveaux : je le connais comme coéquipier, ils doivent lui donner un coup de main. Arrêtons de plaisanter avec ça : assez des comparaisons entre Motta et Allegri. On a beaucoup gagné, Thiago commence seulement, ceux qui les comparent sont motivés par le désir de nuire à l’environnement", pestait Gianluigi Buffon fin décembre dans un entretien accordé à La Stampa. L'ancien portier réclame donc du temps pour son ancien coéquipier en sélection. Recommencer par gagner un match serait déjà un bon début.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Plus de détails
Publicité
Publicité