Serie A - Naples et Antonio Conte, un volcan (déjà) au bord de l’éruption ?
Par Timéo Guillon
Publié 19/08/2024 à 15:33 GMT+2
Après une défaite cinglante 3-0 contre l’Hellas Vérone en ouverture de la saison en Serie A, le Napoli d’Antonio Conte marche sur des œufs. Depuis des mois, rien ne va plus au pied du Vésuve avec une équipe qui n’avance plus. Des résultats décevants, un cas Osimhen à gérer et un mercato loin des ambitions d’un club comme Naples, la révolution se fait attendre chez les Gli Azzurri.
Antonio Conte is coaching Napoli during the Serie A soccer match between Hellas Verona and SSC Napoli at Stadio Bentegodi in Verona, Italy, on August 18, 2024
Crédit: Getty Images
C’était il y a seulement 15 mois. Le 5 mai 2023, Naples était sacré champion d’Italie pour la troisième fois de son histoire. Un jeu séduisant, un Spalletti au sommet de son art, cette équipe a écrasé ses concurrents, terminant champion à cinq journées de la fin. Mais tout va très vite dans le football. Après un exercice 2023/2024 que l’on peut qualifier de catastrophique avec une 10e place en Série A et trois changements d’entraineurs sur la saison, le Napoli espérait repartir d’une page blanche pour cette nouvelle saison. C’est pour le moment raté.
Depuis le Scudetto en 2023, rien ne va plus aux pieds du Vésuve et les marasmes de la saison dernière sont toujours là. Antonio Conte est arrivé sur le banc napolitain, redonnant de l’espoir aux tifosis. Mais sans de profonds changements dans l’effectif, les motifs de satisfactions sont peu nombreux.
Une machine enraYée
La saison dernière, ni Rudi Garcia, ni Walter Mazzarri, ni Francesco Calzona n’ont réussi à redresser la barre pour donner un cap clair aux supporters Gli Azzuri. Pour l’omnipotent Aurelio De Laurentiis, interrogé en janvier, Spalletti n’aurait jamais dû partir. "J’aurais dû lui dire : “Tu as signé un contrat il y a deux ans, tu continues”. C’est l’erreur qui a déclenché toutes les autres", a-t-il expliqué. Dans le football, quand tout va mal, l’entraîneur est toujours le premier pointé du doigt.
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Aurelio De Laurentiis con Antonio Conte
Crédit: Getty Images
Force est de constater que l’effectif - qui n’a pas tant changé depuis le départ de Spalletti l’été dernier – ne joue plus aussi bien. Est-ce pour autant la faute du coach ? Rien n’est moins sûr. Quelques jours avant le début de la saison, Antonio Conte a reconnu le "besoin d’une reconstruction totale". L’ancien entraîneur de Tottenham a senti qu’il a pris les rênes d’une équipe à bout de souffle, et que des grands changements dans l’effectif étaient nécessaires.
Pour autant, à quelques jours de la fin du mercato, la "reconstruction" peine à se voir. Défaits 3-0 sur la pelouse de l’Hellas Vérone, les Napolitains – privés d’Osimhen – ont vécu un véritable cauchemar et Conte montre déjà des signes d’agacement. "Notre prestation en seconde période a été inacceptable. À la première difficulté, l’équipe s’est liquéfiée et je trouve ça grave ", s’est exclamé le technicien italien après la rencontre ajoutant avoir "honte" et que "son cœur saigne", s’excusant auprès des supporters. Le décor est déjà planté.
La fin d’un cycle
Si Conte évoque une nécessaire reconstruction, dans les faits tout est bien différent. A quelques jours de la fermeture du mercato, aucun cadre de l’équipe n’est parti. Seul le départ d’Ostigaard à Rennes a ramené quelques liquidités (7 millions d’euros). Pour ces derniers jours, l’entraîneur italien met la pression à ses dirigeants mais fait face à un constat alarmant. "Nous devons partir à l’aventure avec certains paramètres particuliers, celui du coût, de l’engagement et de la capacité à convaincre les joueurs de venir à Naples sans coupe d’Europe. Un handicap considérable" déplore l’ancien sélectionneur de l’Italie. Naples n’attire (déjà) plus.
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Osimhen e Lukaku a duello durante Roma-Napoli - Serie A 2023/2024
Crédit: Imago
À l’heure actuelle, trois défenseurs sont venus renforcer l’équipe : Alessandro Buongiorno, Rafa Marin et Leonardo Spinazzola. En attaque, l’officialisation de David Neres n’est qu’une question d’heures. Reste encore l’épineux dossier Osimhen à régler. Le Nigérian n’a pas caché sa volonté de partir et s’entraîne désormais à l’écart du groupe. Problème, aucun club ne souhaite s’aligner sur les exigences de De Laurentiis. Chelsea est intéressé par le joueur, mais pas au prix voulu par le président napolitain. En attendant, les Gli Azzurri négocient avec les Blues pour Romelu Lukaku. Selon la Gazzetta dello Sport, un accord entre les deux clubs se rapproche. Les discussions sont en cours et tout laisse à penser que cela devrait être bouclé assez vite. Big Rom’ retrouverait Conte avec qui il a remporté la Serie A avec l’Inter Milan. Un transfert indépendant d’Osimhen, toujours au placard.
En attendant, Conte ne peut que déplorer l’environnement néfaste qui règne à Naples et demande aux supporters "de comprendre la situation" avec un brun d’agacement. Nul doute que si l’équipe n’est pas compétitive et que l’ambiance n’est pas au beau fixe, le tempétueux coach italien n’hésitera pas à claquer la porte. Pas de panique, pour trouver des entraineurs, De Laurentiis sait faire.
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