Serie A | Napoli - Inter | L'Inter, sacrée machine, gros appétit
Eurosport sur GoogleNouveau leader depuis le week-end dernier, l'Inter Milan affronte le Napoli, son dauphin, à 18h, dans un choc très attendu. Champion en titre, le club lombard n'en oublie pas pour autant la Ligue des champions, qui demeure un rêve autant qu'un objectif. Finalistes il y a deux saisons, les Nerazzurri veulent tout rafler.
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Video credit: Eurosport
La prise de pouvoir a fini par se concrétiser. Presque inévitablement. Malgré deux défaites lors des quatre derniers matches de championnat, l'Inter Milan a profité de la mini-crise du Napoli entraîné par l'inévitable Antonio Conte, leader jusqu'alors mais qui n'a raflé, de son côté, que quatre points lors des quatre dernières journées, pour prendre la tête avec un point d'avance. "Parfois, quand tu es tout en haut du classement, le vent souffle plus fort et ce n'est pas simple d'y rester", soulignait le technicien italien après la défaite à Côme (2-1) dimanche dernier, prenant soin de rappeler que la saison napolitaine demeurait "extraordinaire" après un exercice 2023-2024 terminé à la dixième place, avec trois entraîneurs différents et aucune qualification en Coupe d'Europe.
Mais qu'il le veuille ou non, le choc de samedi entre le Napoli et l'Inter (18h) au Stadio Maradona ressemble bel et bien à la confrontation finale de ce duel intense. Bien que, pas très loin, l'Atalanta Bergame (reléguée à seulement trois points de la tête) reste discrètement mais sûrement dans le sillage, prête à profiter de cette journée qui lui sera sans aucun doute favorable.
"Ce sera un grand match entre les deux premières équipes du classement, a raconté Simone Inzaghi vendredi en conférence de presse. Ce sera un match très important, mais pas décisif. On sait tous l'importance de ce match et nous aurons face à nous un grand adversaire. Il est certain que la dynamique risque de changer en fonction du résultat, il faut sortir de cette confrontation du mieux possible. Nous n'avons pas les résultats escomptés dans les gros matches cette saison, contrairement aux dernières. Nous devrions toujours être parfaits, et cette année, nous ne l'avons pas été."
Statistiques à l'appui, difficile de lui donner tort : l'Inter a glané 16 points sur 33 possibles dans les confrontations directes. Et cette année, une grande nouveauté : pas un seul derby remporté face à l'AC Milan sur trois joués (deux défaites, un nul). Mais malgré cette mauvaise dynamique, les Nerazzurri sont les derniers à être engagés dans trois compétitions différentes : le championnat, la Ligue des champions (Milan, Juve et Atalanta éliminés en barrages) et Coupe d'Italie, où deux derbies auront lieu en demi-finale.
Un calendrier chargé
"Nous sommes les seuls et c'est un motif de fierté et d’orgueil", a reconnu Inzaghi vendredi, bien conscient du calendrier démentiel qui attend son équipe, également qualifiée pour le nouveau Mondial des clubs, qui débutera en juin prochain. Entre mars et avril, elle disputera entre quatre et six matches de plus que ses concurrents. "Je suis fier de ce groupe, a-t-il martelé. Il y a peu d'équipes européennes encore en lice sur trois fronts, c'est normal que les matches demandent encore plus d'énergie. Mais on doit penser match après match. Naples, Feyenoord (x2) et l'Atalanta. Mes joueurs donnent toujours tout sur le terrain et ils veulent toujours arriver au bout."
Tout gagner, voilà l'objectif. Au risque de tout perdre ? Peut-être. Mais l'appétit vient en mangeant. Et Simone Inzaghi est un homme qui commence à collectionner les trophées (3 Supercoupes, 2 Coupes d'Italie, un Scudetto...) et les records (il est le technicien avec le plus de finales gagnées à l'Inter). Au total, il compte aujourd'hui 196 matches pour 130 victoires (66,33% de moyenne, record historique du club), 35 nuls et 31 défaites. Dont une encore très douloureuse face à Manchester City (1-0) il y a deux ans en finale de la Ligue des champions.
Au sein du club lombard, on rêve de pouvoir y retourner cette saison pour refermer la blessure. Pas impossible. En cas de qualification face à Feyenoord, un adversaire plus qu'abordable, l'Inter affronterait alors le vainqueur de la confrontation 100% allemande entre le Bayer Leverkusen et le Bayern Munich. Si la route venait à se poursuivre, le Barça pourrait alors s'ériger sur la route en demie. Comme en 2010, l'année du fameux "Triplete" signé José Mourinho. Le tout pendant que dans l'autre partie de tableau, on retrouvera des mastodontes comme le Real Madrid, le PSG et Liverpool.
"L'équipe a l'expérience pour pouvoir aller au bout dans toutes les compétitions, a reconnu Benoît Cauet, ancien joueur de l'Inter (1997-2001) au micro d'Eurosport. En championnat, l'Inter est en tête mais Naples et l'Atalanta, qui peut marquer quatre ou cinq buts par match, sont en embuscade. Le Napoli n'a pas de Coupe d'Europe et joue une fois par semaine. Normalement, c'est un avantage sur le plan physique. En C1, l'Inter va affronter une bonne équipe (Feyenoord) mais semble mieux armé pour passer au tour suivant. Après, tout dépendra la condition physique de l'équipe en mars-avril. La vraie réponse, elle est là."
Injouables
"L'Inter peut battre tout le monde, a assuré l'ancien entraîneur et sélectionneur Marcello Lippi à La Gazzetta dello Sport. Je la vois favorite en championnat, avec un potentiel qui doit encore émerger. Et elle peut aussi gagner la Ligue des champions. Un désavantage de tout jouer ? Non. Avoir un calendrier plein, c'est un avantage. Mes joueurs à moi voulaient toujours jouer, même les amicaux. La compétition t'entraîne à gagner, elle te motive. Tu es toujours à fond, tu ne te reposes jamais." "En Europe, l'écart a été réduit avec les autres grandes équipes. J'en vois très peu au niveau de l'Inter, estimait l'ancien défenseur du club Andrea Ranocchia. Ils peuvent tout gagner, ils ont le bon coach et la bonne direction. Cet effectif peut se battre dans chaque compétition." En C1, personne ne souhaite trouver l'Inter sur son chemin, symbole aussi d'une dimension retrouvée. "C'est une grande équipe très bien entraînée et très difficile à jouer", reconnaissait Pep Guardiola après la finale d'Istanbul.
"C'est une équipe qui a perdu des joueurs importants sur blessures cette saison. Francesco Acerbi n'a pas été là pendant trois mois. Hakan Calhanoglu (ndlr : absent au cours du mois de janvier) est très précieux pour l'Inter et déterminant dans le schéma de jeu. Lautaro Martinez a été blessé au début de saison et a mis un peu de temps avant de vraiment revenir. En retrouvant ces joueurs à leur meilleur niveau, ça va donner plus de poids à cette équipe, qui est déjà très bonne. Sa qualité de jeu est d'ailleurs reconnue actuellement en Europe", estime Benoît Cauet.
Éliminée en huitièmes de finale par l'Atlético Madrid la saison passée, l'Inter ne compte pas réaliser les mêmes erreurs cette saison. "Quand nous sommes au niveau, nous sommes juste injouables", balançait Henrikh Mkhitaryan après la victoire face à l'AS Monaco en Ligue des champions. Une déclaration qui a pu faire grincer des dents certains, même au sein du club milanais, où l'on veut absolument éviter le péché d'orgueil. Ce qui a d'ailleurs été reproché par la critique (observateurs, tifos...) après les derniers revers à Florence et Turin.
Les Intéristes ne seraient-ils pas un peu trop sûrs d'eux, au point de parfois se reposer sur cette prétendue force pour arriver au succès ? "'Injouable' ? Je ne regrette pas cet adjectif, insistait le milieu de terrain après la défaite face à la Juve. J'ai toujours confiance. Tout le monde dira que j'exagère, mais encore une fois en première mi-temps, nous avons été injouables. Nous n'avons juste pas réussi à concrétiser nos occasions. Peut-être que le problème, c'est que nous savons que nous sommes trop forts et que parfois nous nous relâchons avant les matches, nous ne sommes pas assez focalisés puisqu'on pense gagner. Et à partir de là, nous payons les pots cassés. Mais cela ne change rien à ce que j'ai dit et à nos ambitions." Qui restent de celui de gagner le plus de trophées possibles. "On veut tout gagner, pas de superstition", avouait Simone Inzaghi après le succès contre l'ASM. Cela passe déjà par un crash-test réussi ce samedi.
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Naples
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