Serie A I AC Milan - Juventus Turin I Meilleur buteur de l'année, leader vocal et sur le terrain : Grazie qui ? Grazie Rabiot !
Eurosport sur GoogleMais où en serait l'AC Milan sans lui ? Débarqué lors du dernier jour du mercato estival, Adrien Rabiot, buteur décisif face à l'Hellas Vérone (1-0) dimanche dernier, a permis à son équipe de faire un grand pas vers un retour en Ligue des champions après une saison de purgatoire. Si lui aussi a traversé une mauvaise passe, l'international français est le meilleur buteur milanais en 2026.
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Il y a toujours un moment, dans une saison, où Adrien Rabiot décide de hausser le ton et de taper du poing sur la table. Demandez par exemple à ses anciens coéquipiers de l’OM qui, il y a un peu plus d’un an, s’étaient pris une énorme soufflante après une défaite à Reims (1-3).
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"On a des objectifs, on en parle chaque week-end. Mais ce n’est pas suffisant. J’ai l’impression de voir des mecs qui n’ont pas envie d’aller en Ligue des Champions, qui n’ont pas envie de se battre pour connaître la Coupe d’Europe et y jouer. C’est compliqué et je ne sais pas quoi dire", avait balancé le milieu de terrain. Avant d'en remettre une couche dans la foulée : "C’est un tout. Dans les duels, aucune présence (...) Il faut se remettre en question quand on affiche ce qu’on veut faire. Moi, je suis venu à l’OM pour aller en Ligue des Champions, il faut montrer un autre visage."
Fort heureusement, la bande alors entraînée par Roberto De Zerbi s’était remobilisée et avait enchaîné cinq victoires, un nul et une défaite, pour décrocher au final une qualification en C1 tant espérée. Si Rabiot a depuis quitté la Canebière pour la raison que tout le monde connaît (l’altercation avec Jonathan Rowe dans le vestiaire après Rennes-OM en août dernier), il n’a rien perdu de son tempérament de leader vocal à l’AC Milan. Surtout quand le club lombard, qui a secrètement rêvé du Scudetto avant de finalement rendre les armes face au grand rival, l’Inter, a commencé à enchaîner les mauvais résultats ces dernières semaines, remettant ainsi en jeu une place en C1 qui semblait pourtant acquise.
C’est un joueur d’une autre catégorie, d’un autre niveau, d’une autre dimension
"Aujourd’hui, nous avons été désordonnés, nous avons encaissé deux buts et nous avons couru partout sur le terrain", déplorait-il après la cuisante défaite à domicile face à l’Udinese (0-3). "Sur le terrain, nous courons moins, nous ne nous aidons pas assez les uns les autres et nous ne nous battons pas comme nous le faisions auparavant. Ce n’est pas une question de schéma." Conscient d’être, lui aussi, en difficulté, le "Duc" ne se défilait pas face à ses responsabilités : "Nous avons tous commis des erreurs, moi le premier. Moi aussi, j’ai manqué de lucidité sur certaines choses."
Il n’empêche que, malgré ce léger trou d’air de quelques matchs, Rabiot fait quand même partie de ce petit noyau de leaders du groupe milanais (avec Maignan, Gabbia, Modrić ou encore Pavlović) qui n’a que rarement trahi les attentes cette saison. Arrivé pour moins de dix millions d’euros, il est même considéré unanimement comme l’une des meilleures recrues de Serie A. "C’est un joueur d’une autre catégorie, d’un autre niveau, d’une autre dimension", nous souffle-t-on au sein du club lombard, deuxième ex æquo avec le Napoli à cinq journées de la fin du championnat.
Il l’a de nouveau prouvé dimanche dernier. Dans un match d’une apathie rare (pour ne pas dire d’un ennui sans fin), l’international français a émergé du marasme ambiant pour inscrire son cinquième but de l’année et offrir trois points vitaux à ses coéquipiers. Il est même devenu le meilleur buteur de son club depuis début 2026, devançant notamment Rafael Leão (4 buts) et Christopher Nkunku (3). L’attaque milanaise traverse une grave crise ? Pas de panique, Rabiot se charge de tout. Comme rapporté par Opta, il a d’ailleurs inscrit plus de cinq buts en une seule saison dans l’un des cinq grands championnats pour la troisième fois de sa carrière, après la Juve en 2022/23 (huit) et l’OM en 2024/25 (neuf).
Les paroles de Rabiot ont eu de l'effet
"Adrien, je l’ai eu pendant trois ans (de 2021 à 2024) à la Juventus (...) Il est important comme tous les autres. Il a fait un grand match", analysait Massimiliano Allegri en conférence de presse dimanche dernier. Si le lien presque filial entre les deux est notoire, le technicien milanais, qui a poussé pour sa venue durant tout l'été dernier, n'hésite pas à le sermonner quand il faut. "Cela faisait quelques petits matchs où il errait sur le terrain. Je lui ai dit de faire 90 minutes sérieuses, et il a choisi le bon moment. La victoire d’aujourd’hui nous permet maintenant de préparer au mieux le match de dimanche prochain contre la Juventus", poursuivait-il.
En coulisses, les deux ont donc beaucoup parlé et échangé la semaine passée. Conscient du moment compliqué traversé par son équipe, Allegri a notamment demandé à son poulain de se reprendre et de porter son équipe sur ses épaules à l’aube de la dernière ligne droite. Même en tirant la langue.
"Les paroles de Rabiot (après l’Udinese) ont manifestement eu de l’effet : il y a eu de nouveau une implication collective dans les deux phases de jeu, et cela a fait la différence", reconnaissait Ruud Gullit, légende néerlandaise des Rossoneri, à Milan Vibes cette semaine. "Le Milan a une détermination et un état d’esprit qu’on a rarement vus la saison passée : cela vient de ses joueurs les plus forts et charismatiques, Modrić et Rabiot, ce sont des exemples pour les coéquipiers, ils font vibrer les tifosi", estimait l’ancien entraîneur du club lombard Fabio Capello plus tôt dans la saison.
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Rabiot exulte lors de Milan-Torino - Serie A 2025/2026
Crédit: Getty Images
Mais toujours très exigeant, envers lui-même comme envers ses coéquipiers, le milieu de terrain se montrait mécontent du contenu affiché à Vérone. "Ce n’est pas une question d’être guéris. À ce stade de la saison, l’important est de gagner et de prendre des points pour atteindre l’objectif. Mais nous avons trop commis d’erreurs : sur les contre-attaques, nous pouvions mieux faire, et ensuite, nous nous fatiguons davantage inutilement. Nous devons travailler là-dessus et être plus sereins. Nous avons eu beaucoup de ballons à exploiter en transition où nous pouvions mieux faire. La victoire, c’est bien, mais nous pouvions faire davantage sur le plan du jeu", prévenait-il, lui qui se prépare à affronter son ancien club, la Juventus, ce dimanche soir (20h45). Il y a d’ailleurs plutôt laissé un bon souvenir.
"Je suis content d'être de retour en Serie A, cela sera émouvant pour moi de retrouver la Juve, j'y ai passé cinq très belles années", assurait-il avant le match aller. Au total, Rabiot y a disputé 157 matches de Serie A (18 buts), remporté une Coupe d'Italie (2024) et même porté parfois le brassard lors de sa dernière saison. La "Vieille Dame" avait ensuite renoncé à sa prolongation de contrat en raison des prétentions salariales du Français.
Allegri demande des recrues "à la Rabiot"
Symbole de l’importance prise par le "Duc" en Lombardie, l’AC Milan a engrangé 53 points en 24 matchs lorsqu’il est présent sur le terrain. Sans lui, le bilan affiche 13 points en 9 matchs. Soit une moyenne qui passe de 2,20/match à 1,44. Dans le vestiaire lombard, il est très respecté et écouté par ses coéquipiers, qui apprécient son leadership et son impact. Rabiot n’hésite pas non plus à prendre la défense de certains d’entre eux quand il le faut. Conspué à sa sortie du terrain face à l’Udinese, Rafael Leão avait été par exemple publiquement soutenu par le Français.
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Cacophonie à l'OM : "Il n'y a rien de cohérent dans ce club"
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"Je peux comprendre les sifflets, notamment parce que c’était une lourde défaite. Ce qui m’a déçu, ce sont les sifflets envers Leão, parce que selon moi nous devons l’aider, le soutenir, et cela ne l’aide pas. Nous sommes tous ensemble jusqu’à la fin, donc c’est un peu regrettable", lâchait-il alors au micro de DAZN. Venu pour "gagner" à l'AC Milan, comme il l'avait confié à son arrivée, celui qui vient de fêter ses 31 ans espère maintenant voir des renforts de poids débarquer l'été prochain. Son entraîneur aussi. "Allegri veut des recrues à la Rabiot", écrivait La Gazzetta dello Sport ces derniers jours. Comprenez mieux : des joueurs d'expérience et de calibre, prêts à l'emploi sans attendre. L'entraîneur toscan aime le répéter à l'envie : dans la vie comme dans le football, il existe "les catégories". Et Rabiot fait partie de celle élite.
"Je trouve qu'il a progressé par rapport au Rabiot que j'avais à Turin, mais c'est normal : c'est une évolution que tous les joueurs connaissent surtout entre 26 et 31 ans. Ce sont les cinq années où ils mûrissent le plus, et c'est le cas d'Adrien", se félicitait-il en octobre dernier. Puis en janvier : "Rabiot est l'un des meilleurs milieux européens (...) Il a un 'moteur' digne d'un joueur de finale de la Ligue des champions. On a de la chance de l'avoir." Et dire que tout s'est joué un soir de mi-août dans le vestiaire du Roazhon Park...
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