Serie A I Inter Milan - AC Milan (0-1) I Mike Maignan, l'heure du grand pardon ?
Eurosport sur GoogleHéroïque lors du derby face à l'Inter Milan (0-1), Mike Maignan, qui a notamment arrêté un penalty, a confirmé son retour en force à l'AC Milan. Célébré par ses coéquipiers dimanche soir, célébré par la presse transalpine ce lundi, le gardien des Bleus demeure pourtant en fin de contrat avec son club. Ses dirigeants, revenus sur leur parole la saison passée, sont maintenant dos au mur.
Mike Maignan (AC Milan)
Crédit: Getty Images
Ils ont tous couru instinctivement vers lui. Grand bonhomme du derby face à l'Inter Milan (0-1), Mike Maignan a permis à ses coéquipiers d'arracher un derby aussi souffert que capital dimanche soir à San Siro. Les Nerazzurri ont pourtant tout essayé. Marcus Thuram pensait ouvrir le score en tout début de match d'une tête parfaitement placée ? Son coéquipier en sélection s'est déployé de tout son corps pour la dévier. Lautaro Martinez s'imaginait déjà célébré après une reprise à bout portant parfaitement exécutée ? Le capitaine milanais a bondi pour la dévier sur son poteau droit. Même Hakan Calhanoglu, spécialiste des penalties, a fini par se faire hypnotiser par le portier français.
On joue la 73e minute du derby. Toujours serein dans un exercice qu'il affectionne (95% de réussite), l'international turc s'est cette fois fait avoir comme un bleu. Car Maignan, bien conscient que la loterie n'a pas grand-chose à voir avec tout ça, est entré dans sa tête bien avant sa frappe. Plutôt que de se placer au centre de sa cage, il a tout d'abord laissé volontairement plus d'espace sur sa droite. Comme pour l'inciter à y frapper.
Bingo. Calhanoglu s'est élancé, a freiné une dernière fois sa course pour observer les mouvements du portier, qui a alors feint de partir sur sa gauche... pour mieux prendre l'impulsion afin de plonger sur sa droite. Un arrêt en deux temps, un "mind game" ("jeu d'esprit") remporté du début à la fin, et qui a fini par couronner pour de bon la prestation exceptionnelle de Maignan.
"Mon arrêt préféré ? Tous !", s'est-il félicité après la rencontre au micro de DAZN. Ce lundi, la presse transalpine, pourtant réputée pour son intransigeance, lui attribue des notes oscillant entre 8 et 9/10. "C'est le héros du derby, il a réalisé trois arrêts monstrueux (...) À gardiens inversés, le résultat du derby aurait été différent", peut-on lire dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. "Un super-héros", "Quand il est à ce niveau, il est top 5 au monde", "Chapeau" : voilà ce que l'on peut encore lire, entre autres, dans les quotidiens italiens.
La Stampa rappelle également qu'il est devenu le premier gardien à arrêter un penalty à Hakan Calhanoglu, puisque sa dernière (et première) erreur face au Napoli la saison passée avait été causée par le poteau. Preuve de son retour en puissance, le natif de Cayenne a stoppé trois des six derniers penalties affrontés en Serie A. Lors des douze précédents, il en avait arrêté... un seul. Le fruit du hasard ? Certainement pas.
Régénéré
Après avoir passé un début d'été agité, sa demande de départ à Chelsea ayant finalement avortée (nous y reviendrons), l'ancien Lillois a su se remobiliser. Il a tout d'abord été régénéré par Massimiliano Allegri, son entraîneur, revenu en Lombardie cet été et qui a rapidement fait de son gardien l'un de ses tauliers. Le technicien toscan l'a tout d'abord rassuré, lui rappelant sa centralité dans le projet technique, puis rassuré concernant les ambitions du club, absent des Coupes d'Europe après un dernier exercice désastreux. Le nouveau staff milanais a ensuite pris le relais, le préparateur des gardiens Claudio Filippi en tête.
Très respecté dans le milieu, ce dernier a rapidement établi une relation de confiance et d'estime réciproque avec l'international français, quelque peu lassé par l'instabilité des dernières années (il a connu huit préparateurs en quatre saisons en Lombardie, ndlr), l'une des causes de sa baisse de régime et de rendement. Igli Tare, le nouveau directeur sportif milanais, est également intervenu pour apporter de la sérénité à l'un des leaders du vestiaire milanais depuis son arrivée en 2021. En échange, il a obtenu la promesse d'un professionnalisme à toute épreuve malgré une situation contractuelle toujours aussi instable.
L'heure du grand pardon ?
Petit rappel des faits : en février dernier, un accord de principe est trouvé entre l'entourage de Maignan et la direction lombarde pour une prolongation de contrat. Le tout sur les bases d'un bail jusqu'en 2028 et un salaire de 5 millions d'euros. Tout est bouclé, du moins verbalement. Sauf que Milan va définitivement s'effondrer sur le terrain. Une huitième place au classement, une élimination précoce en Ligue des champions, notamment à cause d'une erreur de son gardien...
La direction lombarde, consciente du manque d'entrée d'argent à venir et dans l'espoir d'une prise de conscience collective de cette faillite, revient sur sa parole et souhaite renégocier. De quoi provoquer la colère de son portier, qui demande alors à partir en fin de saison. En vain. Chelsea n'offre pas plus de 15 millions d'euros, Milan en réclame 25. Fin des négociations mais pas du dossier, qui demeure très haut dans la pile des bureaux de Casa Milan.
Aujourd'hui, les dirigeants milanais sont persuadés de pouvoir encore arranger les choses et rétablir des discussions pourtant au point mort. Ils n'ont pas trop le choix, à vrai dire, surtout au vu du rendement retrouvé par "Magic Mike". "Maignan a retrouvé le sourire ces dernières semaines, tout le monde peut le voir sur les photos diffusées par le club. Tout le monde pense que c'est mort pour sa prolongation, mais rien n'est encore joué", souffle même une source en interne.
Maignan, lui, en est beaucoup moins sûr et se laisse le temps de la réflexion, bien qu'une décision sera prise avant la prochaine Coupe du monde. À 30 ans, il ne veut pas se tromper. La presse italienne spécule régulièrement sur un possible départ à la Juventus Turin, qui aurait d'ores et déjà entamé des contacts avec son entourage. Lui reste concentré sur le terrain, là où il excelle, et savoure sa petite revanche sur une partie de sa direction (Giorgio Furlani, l'administrateur délégué, en tête).
"La direction doit faire un grand pas en arrière et se remettre à la table des discussions, écrit le site spécialisé MilanNews. Imaginer que Maignan puisse signer avec un autre club dans moins de deux mois est une pure folie. Il 'est l'un des leaders absolus du vestiaire, le club ne peut se permettre de le perdre libre. Appelez-le, convoquez-le à Casa Milan, oubliez le passé et ressortez ce contrat qui avait été bouclé verbalement avant d'être retiré après des erreurs commises en Ligue des champions. Ne pas le prolonger serait un crime."
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Inter Milan
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