Serie A I Inter Milan - AC Milan I Luis Henrique, l'affaire de l'OM, le "boulet" de l'Inter
Eurosport sur GoogleLuis Henrique était arrivé à l'Inter Milan avec bien des ambitions cet été, et notamment celle de concurrencer le titulaire Denzel Dumfries dans le couloir droit. Près de six mois plus tard, l'ancien joueur de l'OM, titularisé seulement à deux reprises cette saison, est déjà considéré comme un flop en Lombardie. À 23 millions d'euros, quand même.
Pour l’Italie, un cauchemar qui se répète : "Les joueurs sont paralysés"
Video credit: Eurosport
On connaissait "Benji l'Interista", alias Benjamin Pavard, qui s'était rapidement fait adopter à l'Inter Milan avec ce surnom. On connaît toujours "Tikus", alias Marcus Thuram, qui demeure un titulaire indéboulonnable du onze nerazzurro. Ou encore les divers "Lauti" (Lautaro Martinez), "Basto" (Alessandro Bastoni)... Mais nous devons admettre que nous ne connaissions pas un certain "Gigi", dont le nom a commencé à fuser de la bouche de Christian Chivu, le technicien du club lombard, cet été. Mais qui est donc ce fameux "Gigi" ? Le quotidien sportif La Gazzetta dello Sport a enquêté. Et a fini par résoudre l'affaire. Il s'agit en réalité... de Luis Henrique. Oui, on parle bien de l'ancien joueur de l'OM qui s'est engagé début juin avec l'Inter, juste avant le début du Mondial des clubs. Alors pourquoi ce surnom, nous direz-vous ?
"Je n'ai pas compris qui l'a inventé, reconnaissait le Brésilien dans un entretien accordé au média aux pages roses le 10 août dernier. Mais il a simplement traduit Luis (en Luigi, ndlr) et puis il l'a raccourci : maintenant, tout le monde m'appelle comme ça et cela me plaît, car je me sens encore plus interiste." À l'époque, "Gigi" Henrique, donc, continuait de prendre ses marques au sein de son nouveau club, qui l'avait recruté pour concurrencer Denzel Dumfries, le piston droit dans le 3-5-2. Pas une mince affaire, certes, mais son profil correspondait aux critères recherchés par la direction milanaise : dribbleur, dynamiteur, rapide et capable de faire la différence dans le un contre un.
"C’est un bon joueur, absolument", reconnaissait le président Giuseppe Marotta dès avril dernier, alors que les discussions se poursuivaient en coulisses. Le joueur, lui, avait rapidement donné son feu vert, bien avant les turbulences de la fin de la saison de son futur club : un Scudetto perdu lors de la dernière journée de championnat, une finale de Ligue des champions qui a viré à l'humiliation face au PSG (5-0) et le départ dans la foulée de l'entraîneur Simone Inzaghi, parti s'exiler en Arabie saoudite.
Deux titularisations, deux chances manquées
"J'ai toujours rêvé de jouer dans une grande équipe, avec des grands joueurs, et c'est le défi que je recherchais à ce stade de ma carrière, confiait encore Luis Henrique à la Gazzetta, loin d'être repenti de ce choix. L'Inter, c'est aussi le club de mon idole Ronaldo. J'ai été bien accueilli par tout le monde. C'est un vestiaire sain et qui s'entraide (...) Je suis motivé à l'idée de glaner du temps de jeu, dans le respect de tous et surtout Denzel. La compétition saine peut aider." Pas faux, mais encore faut-il un concurrent de taille.
Car après six mois, Luis Henrique n'est plus vraiment une menace pour Denzel Dumfries. Pis, son entraîneur préfère désormais opter pour son compatriote Carlos Augusto, habituelle doublure de Federico Dimarco à gauche, plutôt de l'aligner lui lorsque l'international néerlandais n'est pas disponible ou doit souffler. Ce fut le cas juste avant la trêve internationale lors du match face à la Lazio Rome, lorsque Chivu a décidé, à l'heure de jeu, de rappeler Dumfries sur le banc pour lancer Augusto. Et cela devrait encore l'être juste après, puisque ce dernier devrait être titularisé dans le derby face à l'AC Milan, dimanche soir (20h45), le titulaire du poste étant blessé et indisponible.
Henrique, lui, sera gentiment assis sur le banc, sans même avoir la certitude de rentrer. De plan B à plan C. Le retour imminent de Matteo Darmian, capable d'évoluer dans la défense à trois comme dans le couloir droit, pourrait même le faire glisser encore plus bas dans la hiérarchie. Un déclassement inévitable pour celui qui a coûté 23 millions d'euros (plus bonus) et qui a déçu à chacune de ses apparitions. Le bilan est pour l'instant sans appel : zéro but et zéro passe décisive en 378 minutes de jeu depuis son arrivée.
Son entraîneur a bien tenté de le lancer d'entrée, pour booster son moral et sa confiance, d'abord face à Cagliari puis contre l'Hellas Vérone. Il en est ressorti déçu à chaque fois. Questionné sur la situation de son joueur, l'ancien défenseur s'était montré clair, rappelant au passage qu'une autre recrue était également en difficulté : Andy Diouf. Débarqué en provenance de Lens pour sensiblement le même prix, le milieu de terrain français ne compte que 26 minutes de temps de jeu en Serie A.
Un départ déjà évoqué
"Ce sont deux joueurs qui s'entraînent bien, qui ont des qualités et qui ont encore une grande marge de progression, notamment mentale, analysait Chivu le mois dernier. J'estime qu'ils ne sont pas encore prêts pour ce que représente l'impact du football italien, mais j'essaie quand même de distribuer du temps de jeu. Je prends mes responsabilités, peut-être qu'avec ce calendrier chargé, j'ai passé moins de temps que nécessaire pour expliquer certaines choses et parler aux deux. Mais ce sont deux joueurs aptes, qui se bloqueront très vite psychologiquement car ils ont de la qualité. Leur moment arrivera, et on les verra plus souvent sur le terrain."
Trop timide, peu courageux, Luis Henrique ne convainc personne de l'autre côté des Alpes. "23 millions investis pour qu’il crée de la supériorité. À ce jour, c’est un boulet", balançait La Gazzetta dello Sport après la victoire difficile à Vérone (1-2). "Le plus grand reproche qu'on peut lui faire, c'est le manque d'initiative (...) Il tente peu de dribbles et en réussit encore moins. Il confirme sa grande timidité, même s'il tente de s'appliquer tant bien que mal en phase défensive", écrivait Tuttosport après un match amical face à l'Atlético Madrid en octobre, se questionnant ainsi sur ce rôle de piston qui semble mettre en difficulté le joueur. Qui plus est dans un système rôdé et assimilé depuis maintenant plusieurs saisons à l'Inter, avec plus ou moins les mêmes interprètes. Tactiquement, l'ancien Marseillais semble aussi dépassé. Parviendra-t-il à remonter une pente qui s'apparente aujourd'hui au mythique "Colle delle Finestre" ? N'est pas Simone Yates qui veut...
"La concurrence est élevée, mais lui a des caractéristiques différentes. Parfois je lui disais qu’il jouait en pantoufles : il doit plus exploiter son potentiel", répondait récemment à la question Roberto De Zerbi, son ancien entraîneur à l'OM, à La Repubblica. En Italie, on évoque déjà un potentiel départ du Brésilien en janvier prochain, au point qu'il aurait déjà été proposé à plusieurs clubs français dans l'optique d'un possible transfert. Si Gigi l'Amoroso "arrivait" dans la célèbre chanson interprétée par Dalida, Gigi Henrique, lui, risque de rapidement partir dans celle de la Beneamata...
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