Serie A I Inter Milan - AS Rome I Simulation, sifflet : comment Alessandro Bastoni est devenu le joueur le plus détesté d’Italie

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Sifflé dans la plupart des stades en Italie depuis sa simulation lors du choc entre l'Inter Milan et la Juventus Turin (3-2) en février dernier, Alessandro Bastoni n'a certainement pas redoré sa réputation en se faisant exclure lors de la finale du barrage de la Coupe du monde 2026 perdue face à la Bosnie mardi dernier. Le Barça, qui pousse pour le recruter, pourrait en profiter.

Gattuso : "Ça fait vraiment mal"

Video credit: Eurosport

C'est une Saint-Valentin dont Alessandro Bastoni se souviendra longtemps. En plus d'avoir été contraint d'abandonner, ce soir-là, sa femme Camilla, derby d'Italie entre son équipe de l'Inter Milan et la Juventus (3-2) oblige, le défenseur de 26 ans a vu son histoire d'amour avec son pays, l'Italie, sérieusement entachée. Plutôt apprécié jusqu'ici par l'ensemble d'un pays pourtant divisé par le "clubisme" et ses rivalités, "Basto", sans vraiment de casseroles à l'actif, a eu la mauvaise idée de simuler une faute après un léger contact avec Pierre Kalulu. Déjà averti, le défenseur français, incrédule, écope alors d'un second avertissement et voit donc rouge. Le match bascule pendant que Bastoni, lui, célèbre le sort réservé à son adversaire. Il ne le sait pas encore, mais cet épisode, probablement décisif dans la course au titre, va provoquer un énorme scandale national et le faire devenir l'homme le plus détesté du pays.
Dans la foulée de la rencontre, finalement perdue par la Juve, l'indignation est totale de l'autre côté des Alpes. Les dirigeants de la Vieille Dame s'insurgent, les médias critiquent ("Le défenseur de l’Inter s’effondre en hurlant, comme si on l’avait poignardé (…) Ce saut de l’ange ne lui fait pas honneur", écrit par exemple La Gazzetta dello Sport), la classe politique s'en mêle et les supporters de toutes les équipes, même quelques-uns de l'Inter, bien que les ultras de la Curva Nord apporteront publiquement leur soutien au défenseur, critiquent son comportement. Parfois avec un peu trop de virulence, malheureusement, les obligeant lui et sa compagne de bloquer les commentaires sur les réseaux sociaux.

Des sifflets un peu partout en Italie

"J'ai senti un contact avec Kalulu que j'ai sans doute accentué dans l'espoir d'en tirer un avantage, et j'en assume l'entière responsabilité, regrettera l'intéressé quelques jours plus tard en conférence de presse. Ce qui me désole le plus, c'est ma réaction, qui était très déplaisante à voir, même si elle était très humaine car je me suis laissé emporter par la tension du match, qui était très importante pour notre parcours en Serie A. Je suis désolé de ce qui s'est passé. J'ai pensé qu'il était juste d'assumer mes responsabilités et d'en discuter. Cependant, je ne veux pas que ma carrière soit définie sur la base de l'incident de samedi. J'ai joué plus de 300 matches, et c'est la première fois que les gens parlent de moi pour ce genre d'épisodes."
Les jours passent, mais la colère ne redescend pas en Italie. Presque une semaine tout juste après ce désormais fameux Inter-Juve, Bastoni constate l'étendue des dégâts. Alors que son équipe joue sur la pelouse de Lecce, il est pris en grippe par tout le stade Via del Mare, qui hue chacune de ses prises de balle. Sur le banc, son entraîneur Christan Chivu, qui le voit alors en difficulté, l'encourage. Ses coéquipiers sur le terrain aussi.
"Ce sont des choses que nous ne pouvons pas contrôler, ni lui ni nous. Est-ce que ça va durer un peu ? Je pense que oui (...) C’est une personne mûre et forte, il sait combien ses coéquipiers comptent sur lui. Nous avons besoin de lui (...) Ses performances ont été excellentes malgré les sifflets", confiera le technicien roumain quelques semaines plus tard. Car oui, les sifflets ont continué. Partout. Dans le stade Sinigaglia de Côme comme dans le derby face à l'AC Milan, où le volume montait drastiquement dès qu’il touchait le ballon. La Curva Sud, là où sont situés les ultras du grand rival, l'ont même assailli du chant : "Bastoni homme de m****".
Bastoni devra quitter l’Italie pour son bien
Vous l'avez compris : Bastoni vit un véritable calvaire depuis ce soir du 14 juillet. Même s'il tente de faire bonne figure en public, il apparaît assez marqué en privé par sa situation. Le défenseur italien n'aurait jamais pensé que cet épisode prendrait de telles proportions. Alors, si c'était à refaire... "Bastoni devra quitter l’Italie pour son bien. Nous perdons un talent extraordinaire : l’un des meilleurs défenseurs du monde pour le football moderne", a confié cette semaine Giuseppe Bergomi, capitaine légendaire de l'Inter Milan.
Malgré la tempête et une blessure pas encore totalement guérie, Gennaro Gattuso décide quand même de l'appeler pour le dernier rassemblement de l'Italie. Bastoni, malgré une vingtaine de jours sans entraînement, est titulaire pour les deux matches capitaux de la Nazionale en vue de la Coupe du monde 2026 dans un poste qui n'est pas le sien (défenseur central dans une défense à 3). Le premier face à l'Irlande du Nord (2-0), où il dispute un match globalement sérieux. Le deuxième contre la Bosnie, qui va virer au cauchemar.
À la suite d'un mauvais dégagement de Donnarumma peu avant la pause, et alors que son équipe mène 1-0, le défenseur de l'Inter fauche Amar Mamic, qui file seul vers le but. Le tournant du match, sans aucun doute, puisque Clément Turpin n'a d'autre choix que de sortir le carton rouge. Autant sonné que désespéré, Bastoni, qui semble se demander pourquoi lui, finit par regagner les vestiaires. Et c'est de là-bas qu'il suivra la troisième élimination consécutive de la Nazionale en barrage de la Coupe du monde.

Le Barça négocie, l'Inter ne ferme pas la porte

"Avec tout ce qui lui arrive en ce moment, il ferait mieux d'aller se faire bénir...", a tenté de sourire ces derniers jours Massimo Moratti, ancien président historique de l'Inter. "Depuis un mois et demi, il est tourmenté par des critiques et des insultes. L'erreur contre la Bosnie était malheureusement prévisible", a regretté de son côté "Beppe" Bergomi qui estime donc que, pour le bien du joueur, il vaudrait mieux partir l'été prochain. Mais où ?
Selon les informations des médias italiens et espagnols, son nom figure tout en haut de la liste du Barça en vue de l'été prochain. Des négociations autour de son possible futur contrat auraient même été entamées entre les parties. L'Inter, elle, ne ferme pas la porte à son départ... mais à certaines conditions. Dont le prix, évidemment.
Un temps estimé à 70-80 millions d'euros (70 selon le site Transfermarkt), il se situerait aujourd'hui aux alentours de 40-45 millions plus quelques bonus. Selon La Gazzetta dello Sport, le deal, plutôt bien parti, pourrait se sceller autour de cette somme. Bastoni, lui, semble également ouvert à la possibilité de tenter une première expérience à l'étranger, qui plus est dans un club comme le Barça. "Jusqu’à il y a 45 jours, c’était une certitude presque anonyme, l’ami discret sur qui l’on peut compter dans les moments difficiles. Un mois et demi plus tard, Alessandro Bastoni est perçu et décrit comme le pire joueur italien en circulation. Le paria", écrivait le quotidien aux pages roses jeudi. Maudite Saint-Valentin...
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