Menezes n’a pas convaincu

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Mano Menezes a ouvert un grand chantier en vue de la Coupe du Monde 2014, que le géant sud-américain accueillera sur son sol. Mais certains des choix du sélectionneur brésilien, sont ouvertement contestés. Le point, avant Egypte - Brésil ce soir (18 heures), avec un suiveur de la Seleçao.

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La patience ne s’accommode pas facilement de l’exigence. Surtout au Brésil, où le football est la bagatelle la plus sérieuse du monde. Le pays, toujours traumatisé par la défaite fatale face à l’Uruguay (1-2) lors de la seule Coupe du monde qu’il a organisée (en 1950), n’imagine pas un instant revivre le même scénario dans moins de trois ans. Mano Menezes (49 ans), n’était pas né en ce funeste jour de drame national, le 16 juillet 1950. Mais il doit marier son quotidien avec le poids de l’histoire, depuis sa nomination à la tête de la Seleçao le 24 juillet 2010. Celui qui avait été préféré à Muricy Ramalho, aujourd’hui entraîneur de Santos, a appris à vivre sous surveillance permanente, et chacun de ses listes est scrutée jusqu’aux fins fonds des provinces du Nordeste.
" Il fait beaucoup d’essais depuis qu’il a été nommé, et c’est normal, explique Felipe Awi, commentateur sur la chaîne Sport TV. Mais plus la Coupe du monde approchera, moins il en fera. Pour l’instant, les Brésiliens ne sont pas encore convaincus. On voit bien que Menezes cherche une équipe. Et comme les résultats et le jeu proposé sont moyens, il est critiqué. » Dont Luis Alvaro de Oliveira Ribeiro, le président du FC Santos, passe par exemple une partie de son temps libre à lui reprocher de ne pas savoir utiliser Neymar en sélection, alors que le jeune prodige est le meilleur buteur des Auriverde en 2011 (7 buts).
Un jeu jugé trop frileux
Dans les jours qui avaient suivi sa nomination, Menezes avait prêché une certaine idée du football étrangère à Carlos Dunga, son austère et frileux prédécesseur. "Dunga était adoré en tant que joueur, car il donnait tout pour l’équipe, reprend Felipe Awi. Mais quand il est devenu sélectionneur, les gens ne l’appréciaient plus, car il faisait jouer le Brésil d’une façon froide et ennuyeuse. Menezes avait dit qu’il voulait faire évoluer son équipe sur un registre plus technique. Lors des premiers matches face aux Etats-Unis (2-0, le 10 août 2010 à New York) et l’Iran (3-0, le 7 octobre 2010 à Abu Dhabi), et un peu contre l’Ukraine (2-0, le 11 octobre 2010 à Derby), ce fut le cas." Mais l’état de grâce n'a duré que le temps de cette courte série de rencontres, remportées face à des adversaires de seconde zone. "A partir du moment où le Brésil a commencé à perdre (0-1 contre l’Argentine à Doha, le 17 novembre 2010, et 0-1 face à la France à Saint-Denis, le 9 février dernier), Menezes a opté pour une stratégie plus prudente", poursuit Felipe Awi.
La dernière Copa America, où le Brésil, éliminé en quart de finale par le Paraguay (0-0, 0-2 aux t.a.b) afficha son plus mauvais profil – hormis face à l’Equateur (4-2) – a renforcé le scepticisme autour du projet Menezes. "Depuis un an et demi, Il a testé plusieurs systèmes : le 4-3-3, le 4-4-2, et appelé plus de quatre-vingt joueurs..." Et parmi eux Ronaldinho, dont les frasques n’ont pas entamé l’incroyable popularité. "Menezes a besoin de lui, car c’est un joueur d’expérience, et dont la qualité technique est en phase avec les intentions que le sélectionneur avait affichées lors de sa nomination. Il ne semble plus faire vraiment confiance à Lucio (Inter Milan), qu’il n’a plus convoqué depuis plusieurs mois (le 5 septembre face au Ghana – 1-0 – à Londres). Et je pense que Menezes va refaire de Kaka son leader technique (Ndlr : appelé pour la première fois depuis la Coupe du Monde 2010 pour participer aux matches face au Gabon et à l’Egypte, le Madrilène avait déclaré forfait sur blessure). Car il a toujours fait partie des plans." A condition que l’ancien milieu de terrain du Milan AC, guère épargné par les problèmes physiques, fasse enfin la paix la paix avec son corps…
Comme il en a pris l’habitude depuis son intronisation, Mano Menezes continuera à scruter le championnat brésilien afin, peut-être, d’y dénicher d’éventuels joueurs susceptibles de grossir la liste des prétendants à une place dans les 23 pour 2014. "Il ne pousse par Ganso, Neymar (Santos FC) ou Fred (Fluminense) à aller jouer en Europe, car il considère que la Série A brésilienne est d’un excellent niveau", assure Felipe Awi. Mais il s’agit là d’un autre débat.
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