C'est un match dont Marcelo Brozovic se souviendra longtemps. Du genre de ceux qui vous changent une carrière. 11 mars 2018, Stade Giuseppe Meazza. L'Inter n'est alors que l'ombre de celle d'aujourd'hui, luttant désespérément pour accrocher une place en Ligue des champions. Au menu de la soirée, un choc face au Napoli de Maurizio Sarri qui, de son côté, est en pleine lutte pour le scudetto. Pour contrer l'armée napolitaine, qui terminera l'année à 91 points (!) sans pour autant rafler le titre, Luciano Spalletti décide de placer Brozovic au cœur du 4-2-3-1, avec Roberto Gagliardini à ses côtés. Une énième tentative pour trouver une place à l'international croate, balloté à tous les postes sans grand succès. Mais ce soir-là, tout va changer. Face au pressing adverse, l'international croate se montre capital dans les premières relances. Entre justesse et vision du jeu, il endosse le costume à merveille. Le match se termine sur un score de parité (0-0). Mais sans le savoir, l'Inter a gagné bien plus.
Depuis ce jour de mars 2018, Marcelo Brozovic n'a plus quitté son poste de "regista". Les années ont beau avoir passé, et les entraîneurs aussi, lui reste la pierre angulaire de son équipe. Pas forcément la plus brillante ou la plus éclatante, mais probablement la plus essentielle. Débarqué sur le banc de l'Inter à l'aube de la saison 2019-2020, Antonio Conte comprend vite l'importance de son milieu de terrain. Les deux entrent rapidement en connexion. Le technicien, qui change alors toute la manière de jouer de l'Inter avec son 3-5-2 aux mécanismes parfaitement répétés, lui demande d'optimiser son jeu.
Un joueur à 360 degrés
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12/01/2022 À 22:41
"Brozovic est un joueur qui court beaucoup, peut-être même trop, explique Conte avant un match face à la Lazio. Il est très généreux et a beaucoup d'énergie à revendre. Il doit faire les bonnes courses et se retrouver au bon endroit au bon moment pour être moins épuisé et plus efficace. Mais il a beaucoup progressé sur cet aspect." La version 2.0 du milieu croate est encore plus complète : une meilleure lucidité dans les couvertures défensives, une meilleure capacité dans la lecture des lignes de passes et une couverture de balle impeccable en phase de possession. En plus d'un kilométrage toujours élevé : 12.5 km parcourus en moyenne par match à cette époque. Et 11,6 km cette saison, juste derrière Morten Thorsby (Sampdoria). Brozovic sait tout faire sur un terrain : diriger, récupérer et dicter. C'est lui qui décide quand accélérer la manœuvre ou la ralentir. C'est encore lui qui choisit l'orientation du jeu. "Pour moi, c'est même le meilleur milieu de terrain de Serie A", lançait l'ancienne légende des Nerazzurri Beppe Bergomi, fin décembre, sur le plateau de Sky Italia. A vrai dire, il n'est pas le seul à le penser.
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Dans le jeu des "formazioni probabili" en Italie, soit les "compositions probables" avant chaque rencontre, Brozovic est une garantie. Sauf blessure ou suspension, sa présence est toujours actée. Cette saison, il n'a manqué aucun match sous les ordres de Simone Inzaghi : 26/26. Une constante. La saison passée, le compteur s'est arrêté à 42 matches. Sans son test positif au Covid-19 en novembre 2020, il serait même plus conséquent. Même topo en 2018-2019 et 2019-2020 : 42 et 46 matches. Du haut de ses 29 ans, la régularité de celui qui a une bombe tatouée dans le cou est impressionnante. "Il est incroyable, assure Borja Valero, son ancien coéquipier. Il couvre tout le terrain. On peut voir son importance quand il part prendre le ballon sur la ligne des défenseurs et dans sa façon de toujours se proposer. C'est un joueur à 360 degrés et indispensable à l'Inter qui n'a pas un profil similaire."

Epic Brozo

Impeccable sur le terrain, Brozovic l'est un peu moins en dehors. Au point qu'il est auto-surnommé "Epic Brozo" pour la drôle de vie qu'il mène. Difficile d'oublier, par exemple, cette fois où il s'est présenté, visiblement alcoolisé, à l'hôpital San Carlo de Milan. Il y accompagnait alors un ami blessé à une jambe. Remonté contre une prise en charge qu'il estimait trop lente, il n'avait pas hésité à insulter copieusement le personnel de l'hôpital, contraint à appeler le 112. Une fois calmé, Brozovic était alors revenu pour s'excuser auprès de tous les patients et médecins. En juillet 2020, le joueur de l'Inter s'est fait épingler par la police après avoir grillé un feu rouge à bord de sa Rolls Royce Cullinan. Son test d'alcoolémie affichait 0,54 g/l, synonyme de retrait de permis. Le tout avec une amende supplémentaire pour une plaque d'immatriculation non réglementaire. Le club avait également décidé de le sanctionner.
Adepte de l'autodérision, l'ancien joueur du Dinamo Zagreb ne se prend pas vraiment au sérieux. À l'occasion d'un Sampdoria-Inter, il décide de porter une paire de crampons customisée aux couleurs de son équipe avec, sur le côté, un smiley qui l'accompagne depuis bien des années. Le même qui est tatoué sur sa main droite et dont il reproduit l'expression à chacun de ses buts. Une autre fois, c'est un crocodile qu'il décide d'adosser à ses chaussures. Pourquoi ? Tout simplement parce que Brozovic a été l'un des premiers joueurs à se coucher derrière son mur lors d'un coup-franc adverse. C'était lors d'un Barça-Inter de 2018 et, pour le coup, la tactique avait fonctionné. En Italie, ce geste a été rebaptisé "la mossa del coccodrillo" (la tactique du crocodile, ndlr).

Une prolongation actée

Malgré ses quelques frasques, l'Inter n'a aucunement l'intention de se séparer de son "Epic Brozo". En fin de contrat en juin prochain, le milieu de terrain a bien eu des propositions de clubs étrangers, notamment de Premier League. Mais il a toujours donné sa priorité à son club actuel, malgré des rumeurs parlant même d'un intérêt du PSG. Selon La Gazzetta dello Sport, un accord a été trouvé entre les parties ces derniers jours. Sauf contre-indication, Brozovic signera un nouveau bail jusqu'en 2026, assorti d'un salaire de six millions plus bonus, pour arriver à un total de sept millions.
"Les discussions se sont toujours déroulées dans un bon esprit, nous confie un proche du dossier. Brozovic a toujours exprimé son souhait de rester à l'Inter, qui voulait également le garder. La dynamique a pu paraître longue, mais l'épilogue était écrit depuis bien longtemps. Le joueur est heureux à Milan et sa famille aussi. Il n'a jamais été question de partir." L'officialisation de cette prolongation pourrait intervenir d'ici dimanche et le choc face à l'Atalanta Bergame.
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