Supercoupe d'Italie | AC Milan - Juventus | Conceiçao, père contre fils : "Sur le terrain, c’est un adversaire"

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Intronisé entraîneur de l'AC Milan en début de semaine, Sergio Conceiçao commence son aventure dans le vif du sujet avec un choc face à la Juventus Turin, vendredi, en demi-finale de la Supercoupe d'Italie (20h). L'occasion pour le technicien portugais d'affronter son fils Francisco, l'un des meilleurs éléments de la Vieille Dame depuis le début de saison.

Sergio et Francisco à Porto

Crédit: Getty Images

Cette fois-ci fut la bonne. Après avoir longuement flirté avec l'AC Milan l'été dernier, se retrouvant dans la short-list des dirigeants lombards avant de se faire devancer in extremis par son compatriote Paulo Fonseca, Sergio Conceiçao a enfin obtenu ce qu'il voulait : s'assoir sur le banc d'un club prestigieux et historique. Si le technicien portugais, nommé lundi, hérite d'une situation difficile, entre un classement à remonter en Serie A (8e) et surtout un groupe à ressouder, rien ne semblait pouvoir lui faire refuser cette possibilité. Pas même le contrat sur la table, officiellement d'une durée d'un an et demi (juin 2026), mais officieusement de six mois et option de prolongation d'une saison en faveur du club milanais. "C'est impossible de dire non à un club comme Milan", avouait-il mardi lors de sa conférence de présentation. Un temps annoncé de retour au FC Nantes, Conceiçao s'est finalement trouvé un rebond de luxe.
"C'est une personne très directe, avec du caractère, s'est félicité Zlatan Ibrahimovic, conseiller direct du propriétaire du club Gerry Cardinale. Sergio est un gagnant. Il a déjà eu l'expérience d'hériter d'une équipe en plein cours de saison et cela a très bien fonctionné. Il a eu des grands résultats avec Porto. Dès son arrivée, il a voulu que l'équipe vienne travailler à Milanello. Nous allons le mettre dans les meilleures conditions pour qu'il fasse du mieux possible."
"Je suis fier et heureux d'être ici, a reconnu Conceiçao. C'est un pas en avant dans ma carrière et celle de mon staff. Nous devons maintenant respecter les valeurs de ce club et travailler pour être à la hauteur du Milan. Si je suis ici, c'est que quelque chose n'a pas fonctionné. Mais il n'y a pas le temps pour se lamenter, il n'y a aucune excuse (...) Pour moi, le football est simple : il y a un but où il faut marquer, et un autre où il ne faut pas en encaisser. Pour moi, le jeu dominant se résume aux résultats. Possession du ballon, tiki taka : pour moi, le tiki taka, c'est mettre le ballon dans le but." Simple et direct. Pas de "chichi" avec Conceiçao, bien conscient de l'urgence de la situation et l'ampleur de la tâche qui se dresse face à lui. Surtout que son premier match ne s'annonce pas vraiment une partie de plaisir.

Père vs fils

À peine arrivé, déjà reparti. Débarqué lundi à Milanello, l'ancien entraîneur de Nantes et Porto, qui a dormi au centre d'entraînement pour sa première nuit, s'est envolé avec ses joueurs, mardi, vers l'Arabie saoudite, où se dispute la Supercoupe d'Italie nouvelle version. Oublié le format avec une simple finale entre le gagnant du championnat et celui de la Coupe d'Italie, mais place désormais au modèle espagnol, avec quatre équipes engagées, deux demi-finales et une grande finale. Au lendemain du choc entre l'Inter Milan et l'Atalanta Bergame, l'AC Milan affronte la Juventus Turin (20h) ce vendredi soir. Et comme le destin s'est voulu joueur, il met donc l'un contre l'autre Sergio Conceiçao et Francisco Conceiçao, son fils, qui a rejoint le Piémont l'été dernier. Mais pas question de faire dans le sentiment pour le père.
"Au niveau professionnel, Francisco est un adversaire, a-t-il prévenu après l'avoir entraîné à Porto. Il pense également la même chose. Et je veux qu'il pense comme ça, il a été élevé de cette façon. Mais à la maison, c'est mon fils. C'est normal, c'est comme ça pour tous les parents je pense. Si je l'ai eu au téléphone ? J'ai cinq enfants, donc j'ai des nouvelles tous les jours." Tant mieux. Il aura donc suivi les épopées de son fils à Turin. Et le nouvel entraîneur milanais sera donc conscient que le danger risque d'arriver sur son côté droit. Car si la Juventus de Thiago Motta connaît une bien drôle de saison (11 nuls et 7 victoires en Serie A, 6e place), Francisco Conceiçao, prêté par Porto, en est l'une des grandes satisfactions. Au point que son transfert définitif en fin de saison ne fait aucun doute.

Le petit bonheur de la Juve

"Notre relation avec le joueur et son agent est très bonne, se félicitait le directeur sportif piémontais Cristiano Giuntoli il y a trois semaines. Nous voulons absolument qu'il reste avec nous et c'est également ce qu'il souhaite. Il restera ici à 100%." "Son avenir est à la Juventus. Il est très heureux d’être là et le club est également heureux avec lui. Ce sera une relation qui se poursuivra pendant longtemps", assurait dans la foulée Jorge Mendes, son agent. Prêté contre 7 millions d'euros (hors bonus), Conceiçao pourrait rester pour une indemnité située aux alentours des 30 millions selon la presse transalpine, qui assure qu'un accord verbal existe déjà avec Porto.
Du haut de son mètre 70, le feu follet portugais a inscrit trois buts et délivré cinq passes décisives en 19 matches cette saison. Habile techniquement, intelligent tactiquement, l'international portugais impressionne par sa facilité à éliminer son adversaire direct. En peu de temps, il est devenu le vrai détonateur de la Vieille Dame. Le facteur X difficile à canaliser et capable de changer un match sur une seule action. 
"C'est un joueur qui a toujours le sourire, s'est enthousiasmé Thiago Motta. Il a toujours une grande envie de s'entraîner. C'est un élément très fort et très important de notre effectif (...) Je suis content de voir ce qu'il montre sur le terrain, en match comme à l'entraînement. Il contamine les autres au quotidien avec son envie de jouer, et responsabilise ses coéquipiers avec son professionnalisme. Pour moi, c'est un grand privilège de pouvoir entraîner un joueur comme lui." "Je ne sais pas quel sera mon avenir, mais je suis heureux ici, a assuré récemment le principal intéressé. Tout peut arriver, on verra bien." Et si jamais le doute persiste, il pourra toujours passer un coup de fil à son père.

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