Supercoupe d'Europe I PSG - Tottenham (2-2, 4-3) I L'orgueil des (super)champions
Eurosport sur GoogleIl y aura bien des choses à revoir dans cette folle soirée d'été pour Luis Enrique. Mais qu'importe. Mené, malmené pendant 70 minutes, le PSG a fini par s'en sortir miraculeusement face à Tottenham ce mercredi soir en finale de la Supercoupe d'Europe (2-2, 4-3). Une issue improbable, presque impensable, mais rendue possible grâce à une énorme réaction d'orgueil. Il ne faut jamais enterrer Paris.
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Ils y ont toujours cru alors qu'ils étaient probablement les seuls. Pendant 70 minutes, Paris n'a pas existé physiquement et tactiquement face à Tottenham, ce mercredi, à Udine. Et c'est tout logiquement que les Spurs, devant de deux buts, semblaient filer tranquillement vers une victoire plus que méritée en Supercoupe d'Europe. Mais puisque le football n'a jamais rien eu de logique ou rationnel, il a fini par nous surprendre, encore, avec un final que personne n'aurait pu prédire.
Deux buts, presque coup sur coup, signés Lee Kang-in (85e) puis Gonçalo Ramos (94e), ont extirpé le PSG d'un enfer qui lui semblait inévitablement promis. Il faut dire que les hommes de Luis Enrique ont le mérite de ne s'être jamais rendus à leur destinée. Même menés de deux buts, ils sont revenus de nulle part, bien aidés par des entrants qui ont fait du bien en plus d'être décisifs. La suite était écrite et ne pouvait que déboucher sur ce rebondissement final : une victoire aux tirs au but grâce notamment à un arrêt de Lucas Chevalier.
Il paraît que les clubs habitués à gagner sont capables de se sortir de toutes les situations possibles. Même les plus désespérées. Inutile de mentionner le Real Madrid, le plus grand spécialiste en la matière. Mais il faut croire que les Parisiens, champions d'Europe en titre, ont désormais ajouté cette qualité à leur CV. Ils sont allés arracher cette Supercoupe d'Europe au caractère, à la mentalité, aux tripes. À la technique, aussi, dans cette équipe qui dispose de merveilleux joueurs de football. Ils ont fini par s'en souvenir, eux aussi, après l'avoir probablement oublié pendant plus d'une heure de jeu, en raison notamment de jambes encore lourdes, la reprise des entraînements remontant à une semaine tout pile.
La révolte des tauliers
"C'est vrai, nous avons une préparation plus normale et nous, les entraîneurs, on préfère toujours une préparation normale, avait avoué Thomas Frank, l'entraîneur de Tottenham, à la veille de la rencontre. Mais sous un certain angle, la situation du PSG présente d'autres avantages : ils jouaient il y a un mois encore, et ils n'ont pas tout perdu, il y a encore des traces de compétition dans leurs corps, et ils vont jouer avec beaucoup de fraîcheur." Avait-il vu juste ? Peut-être. Reste que Tottenham pensait avoir fait le plus dur, avec deux buts d'avance et une équipe qui aurait pu totalement lâcher l'affaire. Ce fut tout l'inverse, avec une folle remontée issue, aussi, du talent de Vitinha, dans l'ombre jusqu'alors, mais capable de décaler parfaitement Lee Kang-in sur le 2-1. Et sur le but égalisateur, Achraf Hakimi, lui aussi en difficulté, est l'auteur de l'avant-dernière passe décisive. Ousmane Dembélé et Gonçalo Ramos se sont ensuite chargés du reste.
L'international français aura d'ailleurs été le seul à surnager dans ce match. Le grand favori pour le Ballon d'Or a régalé en première période par ses ouvertures même s'il a raté une grosse occasion (36e). Il a finalement délivré une magnifique passe décisive pour Ramos pour délivrer les siens. Signe de la résilience de cette équipe, certes en manque de souffle mais véritablement insubmersible. Quand les tauliers roulent, tout va tout de suite mieux. Et puisque l'effectif demeure pléthorique, l'apport des seconds couteaux demeure un avantage non négligeable.
Le football, ce n'est pas que le physique
"Ça se voit qu'on n'a pas encore trop de préparation, mais le football ce n'est pas que le physique, c'est aussi le ballon, le mental, a rappelé Marquinhos au micro de Canal+. Être bien placés, être là tactiquement. Tottenham a été beaucoup derrière, ils nous ont invités à venir, c'est toujours dangereux d'attendre le PSG. Le coach a fait des changements dont on avait besoin. Gonçalo est très bien rentré, on avait besoin d'un numéro 9 pour mettre ce but (...) Je suis très heureux pour Lucas (Chevalier), il vient d'arriver et il a réussi sa séance de tirs au but. Nos tireurs aussi."
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Le PSG remporte la Supercoupe d'Europe contre Tottenham
Crédit: Getty Images
"C'est difficile de parler de ce match..., a reconnu Luis Enrique. Nous nous sommes entraînés 5-6 jours, c'est incroyable. Et tous les supporters qui sont là tout le temps, peu importe le résultat, ils sont là pour soutenir l'équipe. Pour nous, c'est très joli d'avoir gagné ce trophée et de pouvoir leur offrir ce titre. Je pense que Tottenham a joué un très bon match, ils sont plus forts que nous et sont mieux préparés, c'était une situation difficile. On a eu la capacité de lutter jusqu'à la fin du match. Je ne sais pas si c'est juste mais c'est le football et on est contents pour nos supporters. Et on doit s'améliorer."
Pas rassasié, le technicien espagnol, qui a célébré comme un fou la victoire des siens, en veut encore plus. Si ce trophée pourrait s'apparenter au énième de la saison dernière, il s'agit en réalité du premier de cette nouvelle pour les champions d'Europe. Ou plutôt des "superchampions" d'Europe. "Mais j'attends encore plus de mes joueurs, toujours !", a conclu l'entraineur parisien. La France et l'Europe sont prévenues : les Parisiens ont encore faim. Et pour les battre, même deux buts d'avance ne suffisent plus.
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