Supercoupe d'Espagne - Panser les plaies ou laisser l'hémorragie grandir : l'opération de la dernière chance pour Xabi Alonso contre le FC Barcelone ?
Par Paul Citron
Mis à jour 11/01/2026 à 17:09 GMT+1
La finale de la Supercoupe d'Espagne entre le Real Madrid et le FC Barcelone ce dimanche à Djeddah (20h) pourrait aussi être celle qui permettrait à Xabi Alonso de sauver son job. L'entraîneur madrilène ne parvient pas à faire retomber la pression autour de son équipe, pas toujours convaincante. Remporter du même coup un trophée et un Clasico pourrait lui offrir un peu de répit. Autrement...
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Video credit: Eurosport
Se qualifier pour une finale et être - peut-être plus que jamais - sur un siège éjectable, voici la dure loi d'être entraîneur du Real Madrid. Dimanche, Xabi Alonso joue possiblement son poste au moment d'affronter le rival juré, le FC Barcelone, pour décrocher la Supercoupe d'Espagne. Annoncé sur la sellette, le technicien madrilène peut renverser une partie de l'opinion en sa faveur avec un trophée et un match abouti dans une affiche pareille. Mais à Djeddah dimanche, le couteau sera à double tranchant.
Il y a quelques gestes qui ne trompent pas. Dani Carvajal a beau clamer à qui veut l'entendre que son coach est "calme", "avec les idées claires", il n'y a rien d'anodin dans le retour à la hâte de Kylian Mbappé, en dépit d'une blessure à un genou annoncée comme nécessitant 15 jours de repos. Il n'en aura fallu que 12 pour que l'attaquant français soit non seulement requinqué, mais surtout apte à avoir un rôle majeur dans une rencontre à pareil enjeu, l'intensité qui va avec. Ce n'est peut-être que la Supercoupe d'Espagne qui est en jeu, loin d'être la priorité absolue de la saison du Real. Mais parce qu'il toussote dans le jeu depuis des semaines, et qu'une nouvelle ligne au palmarès signifierait en plus faire la peau au Barça, cette finale est déjà un rendez-vous majeur.
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Dani Carvajal, le 10 janvier 2026 en conférence de presse.
Crédit: Getty Images
Le Barça effraie, le Real interroge
"C’est toujours un moment important de gagner une finale, et encore plus contre Barcelone, ne s'en cache pas le vétéran Dani Carvajal. C’est un boost pour le moral des deux équipes. Celui qui gagnera demain en sortira plus fort." Pas sûr que les Blaugrana, qui restent sur neuf victoires consécutives et sur une prestation ô combien emballante en demi-finale mercredi contre Bilbao (5-0) en aient franchement besoin. Avec cinq succès de rang, la forme des Madrilènes n'a rien de déshonorant. Mais les prestations sans grand relief, y compris contre le voisin l'Atlético en demi-finale jeudi (2-1), ne sont en adéquation ni avec l'ADN des Merengue, ni avec les attentes suscitées par l'arrivée de Xabi Alonso.
Celui qui avait proposé un jeu électrisant et gagnant avec le Bayer Leverkusen peine après une moitié de saison à faire tourner son armada. "Il est vrai qu'en fin d’année, l’équipe n’a pas été à son meilleur niveau, a reconnu Dani Carvajal. Nous avons également été perturbés par de nombreuses absences. Les vacances de Noël ont été bénéfiques pour nous tous." Un message quasi parfaitement opposé à celui de son vis-à-vis Eric Garcia, passé à la tribune quelques minutes avant lui. "J’ai toujours dit que nous avions eu beaucoup de blessures, mais ce n’est pas une excuse, explique le défenseur au sujet du match de championnat entre les deux équipes. Nous nous sommes améliorés en tant qu’équipe. L’autre jour, nous avons fait un de nos meilleurs matches. Nous avons retrouvé notre identité."
Le souvenir de l'acte I cette saison entre le Real et le Barça, voilà à quoi se raccrocher pour Xabi Alonso et ses hommes. Dans un sommet de tension, Madrid avait su faire déjouer son adversaire (2-1), à défaut de se montrer brillant à tout instant. Kylian Mbappé avait encore marqué, Jude Bellingham aussi après un début de saison très poussif, et Vinicius s'était montré étincelant. Surtout, Lamine Yamal avait été parfaitement muselé, et Barcelone avait été bien timide au Bernabeu. Ce devait être un acte fondateur de l'ère Xabi Alonso, et ce jour-là, le Real prenait cinq points d'avance en tête de la Liga après dix journées. Deux mois et demi plus tard, il en compte quatre de retard sur son ennemi catalan.
Combien de Clasico avons-nous joué en un an et demi ? Combien en avons-nous gagné ?
Le jeu, lui, n'a toujours pas fait de bond en avant. "Demain, il faudra être saignant dans les deux surfaces, jouer un match similaire à celui à Bernabeu et résister aux coups que l'adversaire peut vous porter : c'est la voie à suivre pour gagner le titre" envisage Dani Carvajal. Ce qui sous-entend pouvoir compter sur un Kylian Mbappé des grands soirs, lui qui avait marqué (son sixième but en cinq Clasico) mais aussi vu un but superbe lui être finalement refusé et manqué un penalty en Liga. Ce qui sous-entend, aussi, que le Barça ne trouvera pas cette fois encore la parade. "Nous connaissons bien Barcelone et ils nous connaissent bien. À ce stade, il n'y a plus de secret" estime de toute manière Xabi Alonso.
Plus de secret, mais pas moins de pression. Outre cette première partie de saison, le Real a aussi la Supercoupe 2025 à faire oublier, et la rouste 5-2 donnée par le même bourreau. "Mais combien de Clasico avons-nous joué en un an et demi ? Combien en avons-nous gagné ? Nous n'en avons perdu qu'un seul !" a tenu à rappeler Hansi Flick.
Alonso n'est pas Ancelotti
Les joueurs de la capitale n'étaient déjà pas au mieux à pareille époque. Mais la claque n'avait pas eu la même portée, l'aura quasi mystique de Carlo Ancelotti au club madrilène repoussant le scénario d'une éviction. Avec l'Italien, il se dégageait comme un sentiment irrépressible que même quand tout allait mal, le vent pouvait toujours tourner au Real. Une sorte d'immunité légitime sur laquelle ne peut compter Xabi Alonso. "Gagner le titre serait une joie partagée avec tout le monde et tous les Madridistas. Je ne le prends pas comme une libération" a-t-il assuré.
L'ancien milieu de terrain peut faire fi des rumeurs, il ne peut toutefois être dupe face au poids de la rencontre. "Au sein du staff technique, nous nous sentons très proches des joueurs et ces matches, qui ont une grande importance, peuvent avoir un impact considérable sur la suite, a-t-il concédé. Nous les vivons avec beaucoup d'implication, beaucoup d'énergie. Les joueurs sont engagés dans le moment présent et dans ce qui nous attend. Ce ne sera pas décisif, mais le match de demain sera important." "Nous sommes avec Xabi à la vie à la mort" a insisté Dani Carvajal. Le deuxième scénario funeste pourrait bien se précipiter.
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Xabi Alonso en conférence de presse en janvier 2026.
Crédit: Getty Images
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